Test | Specs Ops : The Line, au cœur des ténèbres
14 août 2012

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Spec Ops : The Line
  • Éditeur 2K Games
  • Développeur Yager
  • Sortie initiale 29 juin 2012
  • Genre Action

En apparence, Spec Ops : The Line se présente comme un jeu de tir militaire à la troisième personne de plus. Mais ne partez pas ! Derrière les apparences, se cache une habile déconstruction des jeux militaires modernes perpétués par la série des Call of Duty. Tout de suite, l'intérêt remonte.

Les rois du désert

Dubai, de nos jours. L'oasis artificielle installée au cœur des émirats arabes unies a été victime de tempêtes de sables d'une intensité rare, laissant des milliers de civils coupés du monde extérieur et condamnés sur le long terme à mourir de soif. Le général Konrad ainsi que la 33ème division des marines US (surnommée les damnés) est envoyée sur place pour prévenir les pillages et la propagation du chaos dans la ville. Faute de réponse apparente, le QG finit par envoyé le lieutenant Walker (vous) ainsi que deux subalternes afin de superviser l'évacuation des civils et de reprendre le contact avec la 33ème. Très vite, quelque chose ne tourne pas rond : la CIA semble inciter les civils à s'insurger tandis que Konrad et sa compagnie ont tourné cosaque. Face à une menace de plus en plus persistante et aux moqueries d'un mystérieux DJ, Walker et ses hommes devront faire preuve de ténacité pour tirer cette affaire au clair. Mais voilà, au lieu de la jouer décontract' à la Gears of War, en balançant des blagues pendant les fusillades, Walker va très vite péter les plombs. Face à une armée dévouée corps et âme au très charismatique Konrad, le beau et fringant Delta Force va utiliser des moyens de plus en plus extrêmes et peut être lui sombrer dans la folie. Fortement inspiré par Apocalypse Now et Voyage au bout de l'enfer, Spec Ops : The Line joue avec les fond des jeux de meurtre militaire si populaire : lâcher de phosphore blanc, charnier de civils et exécutions sommaires. Mais la chose n'est pas gratuite, bien au contraire.

L'appel du devoir

Le DJ constitue le fil rouge de l'aventure.

Au cours de la campagne, vous serez confronter à divers choix inattendus qui influeront non seulement le chapitre final mais également l'évolution mentale du protagoniste et de ses camarades. Plus vous choisirez des options moralement répréhensibles, plus la voix et le comportement de Walker friseront la psychose. De plus, son état d'esprit offrira une confrontation différente avec le général renégat Konrad lors du chapitre final. Bien trouvé, ses choix ne sont finalement pas si important que cela puisque les quatre fins disponibles peuvent être choisies lors de l'épilogue sans aucune restriction. Toutefois, les choix en eux mêmes sont bien ficelés et couillus et finiront par vous faire douter de votre propre moralité. En général, l'écriture est un des gros points de Spec Ops : The Line et les piques envoyées à l'intention de Walker et du joueur laissent un sentiment de malaise assez frappant. Même les écrans de chargement (à l'instar de Silent Hill : Downpour) joueront avec vos nerfs en se moquant de vous. Encore une fois, l'excellent Nolan North (la voix de Nathan Drake entre autre) montre qu'il sait parfaitement varier son jeu d'acteur et offre une véritable montée en puissance à la folie du lieutenant Walker. Dans la plus pure tradition d'Apocalypse Now, le DJ vous bombardera en permanence de grosse musique rock pour vous effrayer.

Desert Storm

Au bout d'un moment, même le héros craque.

2012 constitue l'année de la déconstruction pour le jeu vidéo. Après Max Payne 3 qui laissait le héros désemparé et perdu dans un environnement hostile et écrasé par une narration étouffante, Spec Ops : The Line lui écorne le mythe des shooters grisâtres à couverture. Pourquoi pas. Mais contrairement au titre de Rockstar Vancouver, Spec Ops : The Line lui se contente de jouer avec le fond mais pas avec la forme. En clair, si l'histoire est très agréable à regarder, elle est insupportable à jouer. C'est un énième clone de Gears of War : vous vous planquez derrière un bidon, vous affrontez des hordes d'ennemis, etc, etc. Il est possible de donner quelques ordres aux coéquipiers mais dézinguer les ennemis est aussi rapide. Certaines séances viennent briser la routine comme un tour en hélicoptère ou un tour en camion, mais au final, le tout reste extrêmement poussif et barbant. Le multijoueur ne viendra pas briser la monotonie puisque lui aussi ne possède aucune forme d'originalité et semble avoir été intégré uniquement parce que sa présence était requise. Heureusement, une chose permet à Spec Ops : The Line de sombrer dans le marasme le plus total : ses décors. Dubai est magnifique et l'alternance entre opulence débridée et déserts infinies offrent des paysages atypiques et des vistas à couper le souffle. L'Unreal Engine 3 prouve qu'encore une fois il en a sous le capot. Les escarmouches prendront place dans des lieux aussi variés qu'un aquarium géant transformé en château d'eau ou qu'un hôtel cinq étoiles enterré dans le sable. Un régal pour les yeux.
Les Plus
  • L'intrigue coup de poing
  • L'évolution du protagoniste
  • Les choix, plutôt subtils et intéressants
  • Dubai, décor exotique aux lieux variés
  • Une belle utilisation de l'Unreal Engine 3
Les Moins
  • Finalement très classique
  • Un multijoueur anecdotique
Résultat

Spec Ops : The Line cache derrière un titre très ronflant une excellente histoire avec une vraie descente aux enfers à la clé pour ses protagonistes. Véritable mise en abyme de la mode actuelle des FPS militaristes, la progression est servie par de superbes graphismes et des environnements riches et variés. Toutefois, le fond du jeu reste identique à 99% de la production actuelle : se planquer, tirer, régénérer. Du coup, la force du propos se casse les dents face à un gameplay insipide.

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