Dîtes non à la drogue mais oui à E.Y.E : Divine Cybermancy

09 août 2011
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Développeur Streum On Studio
  • Sortie initiale 29 juillet 2011
  • Genre First Person Shooter

E.Y.E : Divine Cybermancy est l'une de ces rares productions qui redonnent foi en l'industrie du jeu vidéo. Couillu, novateur et incroyablement captivant, cet FPS/RPG hybride est le plus bel ovni vidéoludique sorti cette année. Pour un prix riquiqui, Streumon Studio vous propose une aventure longue, drôle et intense à jouer seul ou entre amis. Attention toutefois, petits bras s'abstenir car l'absence de repères pourrait bien leur faire tourner la tête.

Tout joueur PCiste éméché à quatre heures du matin s'est posé cette question hautement philosophique : que donnerait un mélange entre S.T.A.L.K.E.R., Deus Ex et Half-Life ? Sorti en catimini sur Steam dans la chaleur de l'été, E.Y.E, projet de longue date de Streumon Studio répond à cette question en long, en large et en travers. Béotiens du frag s'abstenir.

L'humour n'est pas absent dans E.Y.E.

Dans un futur lointain...

Streumon Studio est un petit studio français formé d'anciens roublards venu du monde du modding de Half-Life 1, Half-Life² voire de Quake II aussi. Ces jeunes garçons plein d'avenir sont des grands fans de science-fiction et de culture japonisantes comme le laisse présager le pitch de E.Y.E : Divine Cybermancy. Le futur de la Terre est bien tristounet : après une guerre contre les Jians, des extraterrestres humanoïdes, l'humanité a continué la conquête de l'espace laissant la Terre devenir une vraie poubelle où règne l'insécurité et le chaos. Pas de bol, en fouillant un peu trop loin, les hommes ont réveillé une autre race extraterrestre sacrément énervée, les forçant à s'allier aux Jians. Et vous dans toute cette histoire ? Vous êtes membre de la Secreta Secretorum, un ordre mystique dont les membres ont été cybernétiquement altérés. Hélas, pas le temps de vous la jouer Steve Austin, une lutte fratricide s'engage dans votre ordre entre votre commandeur (plutôt belliciste) et votre mentor (plutôt roots) et vous devrez très vite trouver votre voie au milieu de ce joyeux foutoir. Foutoir, c'est un peu le maître mot dans E.Y.E : l'histoire est un patchwork de Warhammer 40 000, de Ghost in the Shell et de nombreuses autres inspirations. Dommage que l'histoire soit narrée par des dialogues franchement navrant de nullité. Votre personnage s'exprime comme un gamin de 14 ans atteint du syndrome de Gilles de La Tourette.

La cyber vision, bien pratique dans ce futur ultra-sombre.

Choisis ton destin

E.Y.E : Divine Cybermancy est un curieux mélange entre System Shock et Deus Ex, le tout tournant sous le moteur Source de Half-Life². Votre personnage dispose de caractéristiques changeant sa force, sa précision, etc. En zigouillant des ennemis et en remplissant des objectifs, vous pourrez les augmenter. La campagne se divise en de nombreuses missions entrecoupées par des allers-retours au temple de la Secreta Secretorum. Comme dans n'importe quel Diablo-like, le passage au QG sera l'occasion d'acheter de nouveaux pouvoirs et débloquer des armes avec vos brouzoufs durement gagnés. Streumon Studio pousse le moteur Source dans ces derniers retranchements avec des niveaux cyclopéens. Vous passez des cités à la Akira à des gigantesques sites de fouille martiens avec la bouche grande ouverte. L'approche des niveaux elle-même est non-linéaire : comme dans Deus Ex, libre à vous de flinguer à tout va ou de passer en catimini derrière les ennemis. Vous avez de nombreuses armes à votre disposition pour ventiler les hordes de saloperie, chacune ayant ses propres caractéristiques et procurant d'excellentes sensations. Vous pouvez aussi vous la jouer "Cyber" mancy à l'aide de vos pouvoirs psi : devenir invisible, voir dans le noir, sauter de trois étages, etc. Leur utilisation vient nous rappeler que l'on pouvait s'amuser avant l'arrivée du gravity fun et les sensations procurées se rapprochent de la série des Jedi Knights.

Certains environnements imposent le respect.

"Vous avez tué un père de famille attentionné"

Dernière possibilité (et pas des moindres) le piratage. Selon vos compétences, vous pourrez à l'aide d'un mini jeu bien fichu, voir à travers les yeux d'un ennemi, pirater un distributeur, détruire une tourelle ou absorber l'énergie d'un de vos amis. Encore mieux, le piratage se fait en WiFi : plus besoin de se coller à l'objet à pirater, les possibilités sont encore élargies. Et tant que vous y êtes, pourquoi ne pas ramener vos amis à la fête ? E.Y.E se joue en coopératif avec une difficulté réajustable. Le bonheur s'en trouve décuplé tant certaines compétences prennent tout leur essor dans le jeu à plusieurs. Toujours pas convaincu ? Vous pensez tomber sur un FPS dénué d'âme à base de bidasses futuristes ? Encore une fois, Streumon surprend en arborant un second degré permanent et complètement décontracté du slip. Entre les messages de mort complètement débiles ("Vous venez de tuer un lama"), les références stupides et les vagues de monstres à la Serious Sam, le futur n'a jamais été aussi drôle. Toutefois, un gros point noir persiste au milieu de ces éloges : la confusion initiale. Malgré la présence de tutoriels, le joueur se retrouve propulsé au centre de ce joyeux foutoir sans aucun repaire. Et entre la réapparition automatique d'ennemis et l'immensité des cartes, il faudra bien du courage au néophyte pour ne pas abandonner le jeu rapidement. Ce qui serait bien dommage vu le travail monumental abattu par les développeurs.
Les Plus
  • La personnalisation de l'avatar, parfaitement intégrée au FPS
  • Des pouvoirs funs et des armes avec du punch
  • Les possibilités offertes pour progresser
  • L'humour (sous LSD)
  • Le coopératif
  • Une énorme rejouabilité
  • Le prix
Les Moins
  • Sacrément bordélique au premier abord
  • L'écriture des dialogues
  • Bien trop sombre