The 3rd Birthday souffle ses bougies

21 avr. 2011
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3

Voilà un jeu bien ennuyant à résumer en quelques lignes. Si vous aimez les jeux d'action nerveux avec un soupçon de RPG, The 3rd Birthday est un incontournable sur PSP. Doté de graphismes fabuleux, d'une excellente réalisation et d'une ambiance aux petits oignons, vous passerez un très bon moment. Si vous aimez Parasite Eve, ou si vous jouez pour le scénario, acheter ce jeu vous donnera un infarctus. Prostituant sa licence, Square-Enix fétichise son héroïne et se tire une balle dans le pied avec un scénario calamiteux.

Parasite Eve est l'une de ses séries rangées dans les cartons par les éditeurs pendant des lustres au grand dam des fans de la première heure. Vu que le filon Final Fantasy est un tantinet bouché pour cette année, Square Enix s'est décidé à offrir une seconde jeunesse à la jolie Aya Brea sur PSP avec The 3rd Birthday. Hélas, le relooking de l'extrême pourrait ne pas être au goût de tout le monde.

Les boss sont donnent lieu à de superbes affrontements.

Rappel à l'ordre

Parasite Eve se définit comme une série de « Cinematic RPG », comprenez un jeu de rôle light tartiné de nombreuses scènes en 3D pré-calculé. Les deux premiers jeux sortis sur PlayStation font suite à un roman japonais d'horreur écrit par Hideaki Sena. L'intrigue commence à Noël alors qu'une jeune fliquette new yorkaise nommée Aya Brea affronte une abomination transformant tous les êtres vivants de la ville en horribles créatures mutantes. En effet, la Parasite Eve du titre est un ensemble de mitochondries (la source d'énergie des cellules) conscientes qui veut reprendre le contrôle de la planète pour sa pomme et pour son engeance. Le premier épisode nous apprenait qu'Aya possédait également le contrôle de ses mitochondries, lui permettant d'enflammer les gens ou de se soigner. Le deuxième épisode s'orientait plus comme un Resident Evil à la sauce jeu de rôle avec conspirations gouvernementales et clonage malsain à la clé. Le personnage d'Aya Brea ainsi que des graphismes à couper le souffle constituent les deux mamelles ayant fait le succès de la série jusqu'à présent, sans oublier un gameplay plus qu'honnête. Le passage sur la PSP peut laisser songeur, Square Enix n'a donc pas pris de risque en retirant le titre de la série au profit d'un simple « The Third Birthday ». La couleur est annoncée : il s'agit d'un spin-off, pas du troisième volet.

Maeda, un vieux de la vieille de la série, est aussi de la partie.

Joyeux Noël

Noël 2010, Aya Brea est retrouvée gisante dans une mare de sang dans la Cathédrale Saint Pierre de New York. Pourquoi ? Comment ? Ces questions resteront sans réponse puisque Aya est devenue amnésique. De même, un autre événement bien plus important se déroule non loin de là. La superbe introduction du jeu vous laisse entrevoir la destruction partielle de la grosse pomme par des gigantesques tentacules émergeant du sol : ces tours de Babel abritent des hordes de monstres qui commencent à massacrer les pauvres badauds. Ellipse. Le troisième « anniversaire » de l'arrivée des Twisted laisse l'humanité au bord de la catastrophe. Les villes américaines sont détruites unes à unes par l'émergence de nouvelles babels, la situation est critique. Heureusement, le Counter Twisted Investigation veille. Cet organisme crée dans l'urgence a trouvé un moyen de détruire la menace des twisted ou plutôt la personne pour ce boulot : Aya. Le CTI possède une machine de haute technologie qui, alliée aux pouvoirs de la belle blonde, peut envoyer sa conscience dans le passé. En focalisant ses pensés, Aya peut non seulement voyager dans le temps mais également prendre le contrôle du corps de n'importe quelle personne. Cette capacité est nommée « Overdrive » et vous vous en doutez bien, elle constitue le cœur du jeu. A vous de remonter le temps, de sauver vos collègues morts de façon prématuré et de découvrir l'origine des Twisted.

Grâce à la réalisation sans faille, l'apocalypse n'a jamais été aussi belle.

Marionnettes Humaines

Le jeu se déroule comme un TPS (third person shooter) : caméra à l'épaule, vous dégommez du twisted dans des petites zones constituant les missions du jeu. Jusqu'ici rien d'extraordinaire, les contrôles sont assez honorables, surtout grâce à la présence d'un verrouillage automatique salvateur. Pour éviter de tourner en shoot'them up, chaque arme possède une dispersion assez importante ainsi qu'un nombre de balles limités (les chargeurs se retrouvent un peu partout). De plus, chaque twisted possède ses forces et ses faiblesses, entendez par là que vous devrez trouver le bon timing pour dégommer leur point faible. La véritable originalité du jeu se retrouve dans le système d'Overdrive, permettant à Aya de changer de corps et d'avoir accès à une sorte de super attaque au nom éponyme. Dans chacune des missions, vous serez accompagné par une équipe de commandos de la garde nationale que vous pourrez posséder tour à tour. Un ennemi va vous atomiser ? Hop, une pression sur triangle et vous voilà en sécurité à l'autre bout de la carte. Bon, par contre, le pauvre ère prendra sûrement cher. Qu'importe, vous pourrez toujours attendre des renforts qui arriveront au bout de quelques longues minutes. En plus de ses points de vie, Aya possède une barre de libération qui se charge en effectuant des coups de grâce, accessibles une fois que les twisted sont suffisamment amochés. La libération déclenche une furie temporaire, ralentissant le temps et vous conférant des balles magiques.

Surpuissante, Aya modifie directement son ADN pour progresser.

Sans gène(s)

Parasite Eve sans le petit coté RPG qui va bien, ça n'est pas vraiment Parasite Eve. En génocidant des twisted par palette de douze, la belle Aya monte en grade, devenant ainsi plus résistante et plus implacable. De même, votre arsenal devient plus destructeur et spécialisé au fur et à mesure que vous investirez vos « bounty points » dans tel ou tel type d'arme. Dernier point et non des moindres : l'ADN d'Aya est modulable. En effet, notre mutante favorite obtient de nouveaux pouvoirs ainsi que divers bonus dans ses compétences. Tirer plus vite, libération plus longue voire même résurrection de vos petits camarades, rien n'est trop beau pour notre héroïne. Les puces d'ADN trouvées peuvent également être fusionnées ensemble pour obtenir de nouvelles possibilités. Hélas, les résultats sont bien souvent aléatoires et devant l'absence d'explication dans les différents tutoriaux, l'échec et le tâtonnement dans l'évolution d'Aya sont inévitables. C'est d'ailleurs un problème global dans The 3rd Birthday, la plupart des éléments, narratifs ou ludiques, ne sont jamais mentionnés clairement et vous devrez, comme dans Final Fantasy XIII, consulter des dizaines d'archives pour savoir de quoi il en retourne. L'ensemble marche bien : avancer, tuer, monter de niveaux. Les esprits chagrins regretteront la répétitive de l'ensemble, heureusement compensée par une réalisation à tomber par terre. Décors variés, modélisation sans failles, pour une portable, Square Enix a encore fait des merveilles. S'ajoute à cela un réarrangement de la superbe musique de Yoko Shimomura (la dame chargée de la composition sur la série) et des cinématiques offrant un spectacle de destruction à couper le souffle. Mais au cœur de ses excellents atouts se trouvent un point noir, inattendu.

Différentes tenues, plus ou moins exotiques, font office d'armures.

Shake it baby

Le jeu vidéo (et Parasite Eve) n'a jamais constitué un domaine culturel portant la condition féminine au paroxysme pourtant The 3rd Birthday arrive à aller très très loin dans le racolage. Chaque scène cinématique impliquant Aya la fait se trémousser en piaillant devant des hordes de monstres. Toute sa personnalité a été revue pour la transformer en pauvre femme fragile et incapable de la moindre initiative. La « protection » d'Aya dans le jeu s'illustre par différents costumes plus ou moins fétichistes qui se déchirent au fur à mesure des dégâts encaissés. Résultat, vous finissez les trois quarts des missions quasiment en sous-vêtements. Dommage, je joue à Parasite eve, pas à un jeu hentai. Alors bien sûr, la nouvelle personnalité d'Aya est justifiée par le scénario mais celui-ci est tout bonnement à pleurer de nullité. Ça commence avec un soupçon de Terminator et ça se termine en ridicule nanardisant. Entre les flashbacks intempestifs, les paradoxes temporels débiles et les retournements de situation digne de M. Night Shalamayn, le fan... non, la moindre personne normalement constituée pleura toutes les larmes de son corps en atteignant les crédits. C'en est tellement mauvais que cela en devient insultant. Histoire d'aliéner encore une partie de la faible communauté PSP, le jeu n'est disponible qu'en version anglaise sous-titrée anglaise.
Les Plus
  • Un gameplay carré et addictif
  • La musique de Yôko Shimomura
  • Réalisation à couper le souffle
Les Moins
  • Un peu répétitif
  • Putassier et racoleur
  • Le scénario ridicule
  • Aya only speaks english...