Shadow of the Tomb Raider

25 sept. 2018
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Square Enix
  • Développeur Eidos Montréal
  • Sortie initiale 14 septembre 2018
  • Genres Action, Aventure, Infiltration, Plateformes, Rôle

Le reboot est rebouclé

S'agissant de conclure une trilogie aussi bien initiée, qui plus est concernant une légende telle que Lara Croft, difficile de voir en Shadow of the Tomb Raider une totale réussite. Des redites évidentes, l'absence de vraies surprises et l'impression d'aborder un jeu auquel vous avez déjà joué, voilà des aspects importants qui ne permettent pas de rendre justice au travail pourtant impeccable d'Eidos Montréal. Fort heureusement, d'un point de vue purement ludique, l'expérience est toujours aussi réjouissante et magnifiquement emballée. Vous aurez clairement votre compte d'exploration, d'énigmes et d'infiltration. Reste maintenant à attendre une nouvelle aventure qui saura combiner à la fois ces bases solides avec une vraie bonne histoire et un gameplay moins dirigiste, à la Horizon Zero Dawn par exemple...

Huit ans et trois jeux, voilà ce qu'il aura fallu à Square Enix pour réinventer la légende de Lara Croft. Avec Shadow of the Tomb Raider, la trilogie était censée conclure ce reboot en beauté. La promo parle même d'une "aventure fondatrice". Précédé par deux volets quasi impeccables, ce final pourrait bien avoir placé la barre un poil trop haut...

L'histoire

Elle n'a pas son pareil pour se mettre dans des situations a priori inextricables. Elle, c'est bien sûr Lara Croft. Associée à sa soif immodérée de découvertes mais également à son désir de vengeance ("Tu as tué mon père à Gstaad !"), l'aventurière s'embarque dans une course contre la montre, ou plutôt contre l'apocalypse Maya. Pour l'épauler, elle peut encore compter sur son armoire à glace de complice, Jonah. Même s'il n'approuve pas toujours ses choix, il reste d'une fidélité indéfectible et apporte cette petite touche relationnelle qui rend Lara très "télégénique" (oui, ça peut aussi être un défaut). Côté méchants, l'organisation plus tellement secrète qu'on appelle "Les Trinitaires" est toujours de la partie. À leur tête : l'anti-charismatique Dr Dominguez et son bras droit étrangement très effacé (la scène de confrontation laisse sur sa faim), le Commander Rourke. Depuis le début de cette trilogie, brillamment initiée avec l'apparition du redoutable Père Mathias, il faut bien avouer que les méchants ont perdu peu à peu de leur superbe. Et vous le savez, pour être bonne, une histoire se doit de mettre en scène de bons méchants. Heureusement, vous aurez tout de même votre dose d'adrénaline grâce à des personnages secondaires plutôt bien pensés...

Mais le défaut majeur de cette histoire, c'est cette promesse à demi tenue de dévoiler enfin l'aventure fondatrice de Lara Croft, cette expérience traumatisante qui va faire d'elle l'aventurière un brin badasse que nous connaissons - et apprécions - tous (si tant est qu'on ait au moins la trentaine bien tassée). Le traumatisme initié dans le Tomb Raider de 2013 n'est ici que très peu exploité. Excepté une scène unique aperçue dans la bande-annonce (celle où Lara sort de l'eau au milieu des flammes), la rage de l'aventurière reste très contenue. Enfin, pour couronner le tout, aucune utilisation ni même évocation des double pistolets. Si le game director Dan Bisson s'en était expliqué au cours du développement ("L'arc reste l'arme de prédilection de Lara."), avouez que gommer un symbole aussi emblématique dans une aventure supposément "fondatrice", il fallait oser !

Lara, explique-nous ta légende plutôt que de reluquer les autochtones...

Le principe

Vous avez joué à Rise of the Tomb Raider ? Eh bien, ne changez rien, c'est exactement le même principe. À tel point que Shadow of the Tomb Raider vous propose parfois quasiment un copier-coller des séquences rencontrées ultérieurement : les glissades dans les coulées de boue, les passages étroits, etc. Bref, s'il n'y avait pas cet environnement péruvien majestueux, vous ne seriez pas dépaysé pour un sou. Et c'est l'un des vrais problèmes de ce titre d'aventure supposé vous en mettre plein la vue et la manette : l'absence de surprise.

Fort heureusement, le gameplay connait ici quelques améliorations et ajustements comparé aux précédents volets. L'aspect infiltration a ainsi été renforcé : Lara peut maintenant se couvrir de boue pour se faufiler plus discrètement dans la jungle et se dissimuler des ennemis (même ceux équipés de lunettes thermiques). L'exploration est également accentuée avec, bien sûr, de nombreux tombeaux tous plus grandioses les uns que les autres, une multitude de cryptes à dénicher, sans compter quelques missions secondaires intéressantes. Ajoutez à ça des capacités pulmonaires décuplées pour notre aventurière... En effet, les séquences sous-marines sont ici plus développées, entraînant son lot de trésors cachés mais aussi de rencontres mordantes. Notez enfin que le roleplay fait encore partie de l'aventure avec notamment la possibilité de faire évoluer les caractéristiques de l'héroïne selon trois branches (chercheur, guerrier et pilleur). Petit bonus pour les aficionados de la mode : dans son choix de tenues disponibles, Lara pourra carrément opter pour une apparence à la Tomb Raider II ou même reprendre celle du mésestimé L'Ange des Ténèbres !

Attention, une aventurière se cache dans cette image. Sauras-tu la trouver ?

Pour qui ?

Shadow of the Tomb Raider s'adresse évidemment aux joueurs qui ont débuté cette trilogie reboot et goûté aux joies de Tomb Raider et Rise of the Tomb Raider. Pour eux, ne pas jouer à Shadow of the Tomb Raider serait un peu comme déguster un cornetto sans finir par le petit bout du cornet fourré. Seulement, ces mêmes joueurs risquent également de trouver l'aventure si ce n'est redondante au moins pas vraiment surprenante. Quant aux nouveaux venus, ce volet propose une expérience de jeu solide, quasiment tout ce qu'ils sont en droit d'attendre d'un jeu d'action-aventure à l'heure actuelle. Le scénario leur paraîtra sans doute abscons mais l'ambiance maya parfaitement reconstituée et le souffle général de l'aventure feront le reste.

Un volcan, une vieille Lara, le Pérou... Sapristi, nous sommes revenus dans le passé Einstein !

L'anecdote

Excellente idée de la part d'Eidos Montréal : une difficulté largement paramétrable notamment concernant l'exploration. Ainsi, le niveau le plus faible laisse en évidence les parois qu'il est possible d'escalader. Entre nous, ce serait un sacrilège de ne pas régler au maximum cette difficulté particulière car elle vous permet de profiter à fond des environnements, de les scruter minutieusement pour repérer les passages accessibles. Bref, de retrouver la grande ambiance des tous premiers jeux de la licence. Allez quoi, soyez courageux !
Les Plus
  • Des environnements toujours aussi somptueux
  • Des tombeaux impeccables
  • La personnalisation accentuée du niveau de difficulté
  • Une ambiance Mayas du plus bel effet
  • Des ennemis qui font le job (montée d'adrénaline à prévoir)
  • Une bande son parfaite
  • La part belle laissée à l'infiltration
  • La scène post-générique qui signe le retour d'un personnage extrêmement apprécié par les fans de la licence...
  • Le grand retour du Manoir Croft
Les Moins
  • Des méchants qui manquent de charisme
  • Une impression de redite gênante (Rise of the Tomb Raider 2.0)
  • Une évolution du gameplay limitée
  • Des intérieurs parfois beaucoup trop sombres
  • Une promesse scénaristique non tenue