Breath of Fire 3 : le retour du dragon

03 juin 2006
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Capcom
  • Développeur Capcom
  • Sortie initiale 3 mars 2006
  • Genre Role Playing Strategy

Par rapport à la version originale sortie sur PlayStation, il n'y a que très peu de nouveautés dans ce Breath of Fire III, mis à part un mode "fishing" où vous devez obtenir le plus haut score en pêchant des poissons spécifiques. Ce mode est jouable contre un autre joueur avec le "Game Sharing" (un seul UMD suffit, vous transmettez directement les données à l’autre PSP). En fonction de votre score dans ce mode vous débloquez des bonus tels que de magnifiques artworks déjà disponibles sur la version PlayStation. D’un point de vue global, Breath of Fire III reste moyen comparé à la production actuelle. Les graphismes vieillots, la difficulté omniprésente (décors labyrinthiques, ennemis récalcitrants), le choix de caméra de Capcom (3D isométrique très bien faite mais certains objets sont dissimulés derrière des obstacles, ce qui les rend invisibles si vous ne bougez pas la caméra), et l’histoire un peu "légère" peuvent faire fuir les joueurs les moins patients. Mais les vrais fans du genre, ceux qui se démènent pour trouver l’ultime secret bien caché dans n’importe quel RPG et qui passent des heures et des heures juste pour atteindre le dernier level avec tous les personnages jouables, ceux là sauront reconnaître le vrai potentiel et la vraie valeur de ce Breath of Fire III. De plus, les RPG ne sont pas légion sur PSP. Il reste une excellente alternative à Tales of Eternia de Namco. Ce jeu nous montre l’histoire d’un héros qui lutte pour découvrir la vérité sur lui-même, puis pour se faire une famille (ses compagnons) et enfin pour la protéger. Certes Breath of Fire III n’est pas une bombe, mais il n’en reste pas moins un très bon jeu de rôle à découvrir. Ou redécouvrir.

La série des Breath of Fire débute en 1992 au Japon, sur Super Nintendo. Cette saga de RPG est très vite réputée et appréciée par les fans de jeu de rôle japonisant et chaque épisode est sorti au Etats-Unis. Pourtant, les derniers en date n’ont souvent trouvé preneur qu’auprès des joueurs fans de RPG old school. Aujourd’hui, c’est le troisième épisode, premier sorti sur PlayStation, qui nous intéresse, ou plutôt son adaptation sur PSP. Breath of Fire III est-il flamboyant ? C’est une question de point de vue.

Présentation générale

Transformé en dragon, Ryu voit ses caractéristiques et ses pouvoirs augmenter.
Breath of Fire III est donc un pur RPG de la vieille école. Ce genre de jeu se fait rare sur la console portable de Sony et excepté Tales of Eternia de Namco, les fans du genre n’ont encore rien à se mettre sous la dent. Chaque jeu de rôle qui arrive sur cette console est donc le bienvenu, si bien sûr il en vaut vraiment la peine. Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette saga devenue mythique pour de nombreux joueurs, sachez que comme dans la série des Final Fantasy l’histoire ne se suit pas d’un épisode à un autre. Cependant, dans chaque jeu le héros est le même ainsi que l’héroïne (enfin, c’est un personnage féminin toujours très proche de notre héros et qui partage ses aventures). Le héros est donc, à chaque fois, Ryu, un homme aux cheveux bleus qui a la particularité d’être en réalité un dragon (il fait partie du peuple des dragons qui peuvent prendre une forme humaine). Cette particularité fait souvent de lui une personne rejetée qui doit combattre pour sa survie. Dans ses aventures, il est donc toujours accompagné par Nina, une princesse au grand coeur. Cet épisode n’échappe donc pas à la règle et vous retrouvez nos deux héros dans une longue aventure.

Un scénario bateau ?

Contre cet énorme boss qui maîtrise le feu, il n'y a qu'une chose à faire...
Au départ, le scénario de l’aventure peut paraître banal : deux mineurs se trouvent dans une mine où l’on extrait des vieux os de dragon (qui servent d’énergie magique), ces derniers étant disparus depuis de nombreuses années. Nos deux mineurs s'engagent donc dans une galerie pour faire sauter un cristal où est enfermé le corps d’un bébé dragon. Malheureusement pour ces ouvriers, le bébé dragon n’est pas mort mais seulement en hibernation. Une fois sorti de son sommeil, il les crame gentiment puis tente de s’enfuir non sans faire d’autres victimes. Un employé de la mine arrive tout de même à assommer le jeune dragon à l'aide d'une grue. Voyant vite le profit qu’ils pourraient en tirer, les responsables de la mine mettent le bébé dragon en cage et l’emmènent à la ville la plus proche. Le dragonnet parvient à s'échapper pendant le trajet. Ensuite, il s'évanouit et se transforme en jeune humain sans le vouloir. Amnésique, il est recueilli par Rei et Teepo, deux jeunes vandales qui volent pour survivre. Voilà donc l’introduction d’un scénario certes assez simple et qui ne s’envole pas, comme celui d’un Final Fantasy VII, mais qui reste habilement efficace si vous tenez les premières heures de jeu.

L'histoire d'une vie

...une transformation en dragon de glace va lui refroidir ses ardeurs.
Le jeu vous propose donc de vivre l’histoire du héros de sa naissance (enfin plutôt de sa renaissance) en sachant qu’après l’épisode de la mine, il a totalement oublié qui il était, et surtout qu’il était un dragon. C’est donc un enfant (au début du jeu), puis un homme, à la recherche d’une identité, d’un passé qu’il a oublié, bien qu’au début de l’aventure ce n’est pas réellement son souci ; sa quête principale, l’intrigue principale n’arrivant que bien tard dans le déroulement du jeu. Car c’est une véritable saga que le jeu vous propose : l’histoire vous montre ce héros dans des aventures, parfois banales et loin de la trame principale, mais surtout vous montre sa vie et son évolution, que ce soit physique (puisque notre héros va vieillir) ou morale (relation avec les autres). Ryu va donc croiser des personnes qui vont vite former un groupe, une tribu, pour finir comme une vraie famille (le coté familial que l’on retrouve dés le début du jeu avec le trio Rei, Teepo et Ryu). A partir d’un moment clé de l’histoire, le groupe va éclater, puis une coupure va se faire. Vous retrouvez ensuite notre héros bien plus vieux, avec des envies et un but différent. Les événements que les personnages vont vivre les amènent à se poser des questions sur eux, le monde où ils vivent et sur la vérité des différentes choses qui les entourent.

Level up !

Voici un exemple des artworks que vous pouvez débloquer.
Du point de vue du gameplay, le jeu est vraiment très "old school". Breath of Fire III contient tous ce que vous pouvez trouver dans tout bon RPG : une carte du monde (assez dirigiste, vous n'avez pas la possibilité de sauter des zones importantes à l’histoire), des environnements travaillées et divers (forêts, désert, montagne, plaine, vallée, tout y est), des mini quêtes, et surtout des combats à outrance (même s'il y en a moins que dans la version originale, console portable oblige). A la fin de chaque combat, vous gagnez évidemment de l’expérience. Elle-même vous fait gagner des niveaux pour améliorer vos caractéristiques (force, défense, agilité, intelligence etc) et libérer de nouvelles capacités. Dans ces combats, vous retrouvez un menu simple et clair. Vous avez le choix entre attaquer, défendre, utiliser une capacité (plusieurs catégories : soin, magie de soutien, magie d’attaque ou capacités apprises) ou un objet, fuir ou encore observer l’ennemi. Pour certaines capacités, ce dernier choix permet d’apprendre un coup spécial de votre adversaire. Pour ce faire, l'un de vos personnages doit l'observer attentivement en train d'utiliser la capacité convoitée dans le tour suivant. Si votre personnage à l’intelligence requise, il l'apprendra et pourra la réutiliser. L’autre façon d’acquérir des capacités se trouve dans l’apprentissage. Dans le monde de Breath of Fire, il est en effet possible de trouver des maîtres qui enseignent à un personnage des capacités ou magie. Mais il doit d'abord remplir une condition particulière comme, par exemple, leur donner de l’argent ou leur ramener un objet. Il vous suffit pour cela de gagner des niveaux puis de retourner les voir, chaque maître modifiant, à chaque niveau gagné sous sa tutelle, les caractéristiques gagnées. Un maître spécialisé dans la magie vous fera plus gagner des points en intelligence par exemple.

Réveillez le dragon qui est en vous

La pêche, où comment se délasser après une rude journée de combats.
Mais la force du jeu et des combats se trouve dans le héros en lui-même. A partir d’un certain niveau de l'aventure, Ryu peut se transformer en dragon lors des combats. Tout au long de Breath of Fire III, vous trouvez des gemmes qui vous permettent de réaliser ces transformations. Là où ça devient intéressant, c’est que vous pouvez effectuer des combinaisons avec les gemmes afin d'obtenir des transformations différentes, associées à des pouvoirs spécifiques. Si bien que vous obtenez un nombre conséquent de possibilités : 987 transformations de dragon. En pratique, seules quelques unes sont réellement intéressantes. La puissance qu’acquiert Ryu renforce cet aspect "saga" de l'aventure, dans l'esprit d'un Dragon Ball où vous suivez l’histoire d’un héros de sa plus tendre enfance à sa vie d’adulte et où vous découvrez, en même temps que lui, sa vraie puissance et son potentiel. L’autre grande force de Breath of Fire III, ce sont les mini-jeux. La pêche est le premier mini-jeu que vous rencontrez. Sur la carte du monde, il existe des coins spéciaux où vous pouvez pêcher. Vous devez au préalable acheter une canne à pêche (il en existe plusieurs types) et des hameçons (certains poissons ne se pêchent qu’avec un hameçon précis). Si au début du jeu vous ne récuperez que des truites, des méduses ou des piranhas, à la fin de l'aventure ce sont carrément des requins ou des baleines que vous allez pêcher avec vos bras musclés. Un autre mini-jeu disponibles s'intitule "le village des fées" : vous devez gérer un village de fées à la manière d'un jeu de stratégie. Vous disposez au départ d'un nombre restreint de fées, certaines doivent chasser pour récolter la nourriture nécessaire à la colonie, d’autres bâtissent des maisons et des boutiques spéciales où vous pourrez acheter des objets spécifiques. Après plusieurs heures de pratique, vous obtenez plus de fées et de boutiques, puis un casino pour jouer et vous divertir.

Un graphisme vieillissant

Le campement, idéal pour se reposer mais aussi pour receuillir de précieuses informations sur vos compagnons de route.
Les graphismes du jeu datent un peu et ils ne font pas vraiment honneur à la console portable de Sony. Ils sont colorés et mignons avec une vue en 3D isométrique et des personnages en 2D de bonne facture. Sur la carte du monde, les graphismes sont plus simples mais restent tout à fait lisibles et compréhensibles. Dès que vous passez sur une zone de jeu (un village, une forêt, un donjon), le nom s’affiche sur la carte et il suffit de valider avec le bouton "croix" pour entrer directement dans la zone souhaitée. C’est sur la carte du monde que vous retrouvez également les coins de pêche et les différentes entrées pour accéder au village des fées. Quelques fois, un point d’exclamation peut apparaître sur la tête de votre personnage. Si vous validez à cet instant précis, vous entrez dans une zone d'exploration où vous trouverez un objet particulier et des combats à remporter. La superficie des zones est très grande et chacunes d'elles contient des objets toujours bien cachés. Vouloir explorer une zone entièrement peut donc prendre beaucoup de temps. Lors des phases de dialogues, qui sont entièrement en anglais dans cette version alors que sur PlayStation ils étaient en français, la tête des personnages ne s’affichent pas à l’écran (comme dans Tales of Eternia) seules des icônes expriment les émotions : un point d’exclamation pour la surprise, d’interrogation pour... l’interrogation ou encore une goutte à coté du visage pour connoter la gêne spontannée du personnage. Tout ceci reste toujours dans l’esprit "manga" et il suffit de voir certains graphismes et les artworks du jeu pour voir que cette orientation fait partie intégrante du jeu et de la série dont il est issu.

Une difficulté d’un ancien temps et des défauts d’une nouvelle ère

L'une des dernières transformations : fini le dragonnet qui avait peur dans les mines.
Si certains pourront trouver que les graphismes sont obsolètes et qu’ils font partie des défauts du jeu, d’autres trouveront ceux-ci mignons et tout à fait acceptables. Il est vrai qu'il s'agit d'un pur portage et que Capcom n’a apporté aucune retouche au jeu. Par rapport à son concurrent direct Tales of Eternia, les graphismes sont moins fins et dans un style très différent, mais le jeu ose afficher des sprites hauts en couleur et les dernières transformations en dragon et les autres ennemis que vous affrontez sont impressionnants par leur taille et leur niveau de détail. Mais les graphismes ou le déroulement assez lent de l'histoire ne sont pas les défauts les plus importants du jeu. En effet, le problème majeur tient du fait que l'éditeur japonais a oublié que Breath of Fire III se trouve sur une console portable. Il est par exemple impossible de sauvegarder comme bon nous semble. Pour un RPG sur portable c’est quand même un comble, surtout avec une batterie PSP à faible autonomie qui ne s’est pas fait que des amis. Avant d’entrer dans un donjon, soyez sûr d’avoir suffisamment de batterie car ils sont souvent longs, et rares sont les points de sauvegarde à l’intérieur. Hors des donjons et des phases de dialogues ou de cinématiques déroulant l’histoire, il est possible de sauvegarder autant de fois que vous le voulez sur la carte du monde. Pour cela, il suffit d’établir un campement. Autre problème qui peut se poser pour certains : la difficulté générale. Hormis la langue qui peut déjà jouer en sa défaveur, le jeu est assez difficile en soit, même si le nombre de combats a diminué par rapport à la version originale. Monter en niveau n’est pas forcément simple, surtout à la fin, et les ennemis sont souvent avares en expérience. De plus, certains d'entre eux sont très coriaces, sans compter certaines énigmes bien tordues. Les joueurs habitués aux jeux formatés et souvent très simples de ces dernières années peuvent donc être déroutés.
Les Plus
  • Le système des transformations
  • L’histoire, certes banale, d’une vie
  • Le système des maîtres
  • Un peu de difficulté dans un jeu de rôle (pour une fois)
Les Moins
  • L'impossibilité de sauvegarder quand on veut
  • L’absence injustifiée de la traduction française
  • Un portage pur et dur pour le prix d’un jeu neuf