Tokyo Twilight Ghost Hunters

25 mai 2015
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur NIS America
  • Développeur Aksys Games
  • Sortie initiale 13 mars 2015
  • Genres Aventure, Inclassable, Rôle

Pas besoin de SOS pour ces chasseurs de fantômes

Tokyo Twilight Ghost Hunters est un bon jeu de rôle tactique. Entièrement en anglais et pas exempt de défaut, il faut, de plus, composer avec un manque d’explications sur tous les compartiments du jeu et ce dès le début de l’aventure. Mais une fois passées les errances des premières minutes, Tokyo Twilight Ghost Hunters offre un titre plus profond qu’il ne laissait voir. Et si son scénario n’est pas à la hauteur, il se rattrape largement sur d’autres points. Avec une réalisation et une ambiance générale impeccables, une mise en scène intelligente, un système de combat bien pensé, Tokyo Twilight Ghost Hunters prouve que les développeurs japonais en ont encore sous le coude.

Depuis peu, NIS America éditent, en Europe, des jeux qui n’auraient jamais franchis nos frontières il y a encore quelques années de cela. Tokyo Twilight Ghost Hunters fait partie de ces titres. Un titre que personne n’attendait vraiment et dont le genre m’était inconnu jusqu’au moment où le jeu s’est lancé. Et au final, c’est un jeu de rôle tactique très sympathique qui s’offre à la Vita et la PS3.

L'histoire

Vous êtes Ryusuke Touma, nouvel élève de la Kurenai Academy à Shinjuku. Alors que la présidente de votre classe se voit obligée de vous faire le tour de l’école, vous apercevez le fantôme de ce qui devait être une élève du lycée, et vous vous faites attaquer par un autre. Vous êtes secouru par un de vos nouveaux camarades de classe, ainsi qu’une femme étant la directrice d’un journal local traitant de phénomènes paranormaux. Mais ce n’est qu’une façade, Gate Keepers (le nom dudit journal) est en fait une société spécialisée dans l’éradication des mauvais esprits. Vous rejoignez les rangs de Gate Keepers devenant officieusement un chasseur de fantôme.

Autant le dire de suite, le scénario est le plus gros point faible du jeu (sans être catastrophique non plus). Et c’est bien dommage car il y avait matière à raconter une histoire intéressante. Et même avec le postulat de base, c’est-à-dire avoir une agence de chasseurs de fantômes, gérée par une vraie femme d’affaires, mais dont la moitié de ses employés sont des ados toujours scolarisés. Pourtant le scénario ne décolle jamais. Tokyo Twilight Ghost Hunters est scindé en 13 chapitres au cours desquels vous allez rencontrer de nombreux personnages, assez inégaux dans leur création (le titre côtoie les extrêmes de ce côté-là, entre des stéréotypes vus et revus et des personnages vraiment bien pensés). Le problème est qu’il y a trop d’intervenants dans cette histoire et que le scénario ne se concentre pas assez sur la trame principale. Mais ce défaut est un choix des développeurs, payant ou non c’est à vous de vous faire votre avis.

Voici l’écran de combat. Rudimentaire mais efficace.

Le principe

Il existe deux phases distinctes dans Tokyo Twilight Ghost Hunters. La première est tout simplement le récit de l’histoire, dans lequel vous progressez à travers les 13 chapitres. Lors du scénario, vous aurez des choix à faire. Certains basiques, comme répondre à une question en choisissant parmi une sélection de dialogues. D’autres plus obscurs, lorsque s’affiche le système Sensory Input (qui s’affiche aussi bien pendant une discussion qu’une recherche d’indice). Le Sensory Input vous permet d’associer une émotion (amour, amitié, rage, tristesse et angoisse) et un de vos cinq sens. Ce qui nous donne 26 variations possibles, ou presque. Car si certains des résultats sont faciles à imaginer d’autres le sont moins. Utiliser l’amitié et le toucher, lors d’une première rencontre, amène à une poignée de main. Remplacez l’émotion par l’amour, vous allez passer pour un pervers. Remplacez le sens par l’ouïe... Il ne se passe pas grand-chose. Mais grosso modo, face à un personnage, c’est évidemment l’émotion qui va prévaloir alors qu’en phase de recherche d’indice les sens sont mis en avant. Vos choix face aux personnages ont un impact sur l’affection qu’ils vous portent et, dans une moindre mesure, sur la progression de l’histoire. Le comportement des gens autour de vous va évoluer et s’imbriquer dans le scénario, allant jusqu’à débloquer des événements spéciaux. C’était une des volontés des développeurs et c’est plutôt une réussite, même si du coup la trame principale de l’histoire passe à la trappe. Tokyo Twilight Ghost Hunters mise tout (ou presque) sur les relations avec les autres personnages.

La seconde phase de Tokyo Twilight Ghost Hunters concerne les combats. Après avoir pris connaissance du contrat, vous devez au préalable préparer la bataille. C’est avec les plans des lieux que vous allez pouvoir le faire, et c’est une phase à ne pas négliger car elle peut vous mener droit à l’échec. C’est à vous de placer des pièges ou autres gadgets aidant à battre votre adversaire. La liste des objets utilisables est longue et les stratèges vont pouvoir s’y donner à cœur joie. Ensuite vient le combat en lui-même, basé sur le système de déplacement et action. Mais contrairement à beaucoup de jeu tactique au tour par tour, tous les participants exécutent leurs ordres en même temps (ennemis inclus). Vos combattants vont plus d’une fois frapper dans le vide ou contre le mobilier. Chaque coup asséné peut potentiellement casser ou abîmer quelque chose et son coût être retenu sur votre salaire. À la fin du combat, vos personnages gagnent de l’expérience, et la note du client vous est présentée. Et selon vos dépenses et les casses en combat vous pouvez être débiteur, et votre patronne ne va clairement pas apprécier.

Le design des fantômes est, lui aussi, très réussi.

La Réalisation

La réalisation de Tokyo Twilight Ghost Hunters vaut réellement le coup d’œil. Le character design et l’animation sont de très bonne facture, et les développeurs ont eu l’excellente idée de mettre Nobuo Uematsu aux commandes de la partie musicale du titre. Alors certes, le compositeur phare de la saga Final Fantasy ne signe pas ici ses meilleures compositions, mais le résultat est plus que satisfaisant. C’est dans son traitement global et dans l’atmosphère que Tokyo Twilight Ghost Hunters se détache de la concurrence. Car il est "monté" comme un(e) anime/série. Les chapitres sont traités comme des épisodes. Il y a un prélude, présentant l’affaire ou de nouveaux protagonistes. S’ensuit un générique que de nombreux anime peuvent jalouser. Et bien sûr, à la fin du chapitre un générique de fin vous attend. De plus, les doubleurs japonais ont réalisé un travail remarquable sur ce jeu, nous ne pouvons que vous conseiller de choisir ce doublage dans le menu. Dans son ensemble, les différents effets ou techniques utilisés font preuve d’une mise en scène pensée, assumée et plaisante. L’esthétisme de l’image de Tokyo Twilight Ghost Hunters est criant, et se voit à tout instant, dès le menu principal et même dans les sous menus.

Choisissez vite sinon votre interlocuteur pense que vous l’ignorez.

Pour qui ?

C’est ici que Tokyo Twilight Ghost Hunters présente ses autres défauts majeurs. Deux points très importants sont à savoir. La première est que le jeu est exclusivement et entièrement en anglais. Ce qui peut bien évidemment gêner les non anglophones vu le nombre de dialogues. Le second est beaucoup moins embarrassant mais peut faire tiquer certains joueurs : Tokyo Twilight Ghost Hunters ne contient aucun tutoriel. Les développeurs vous lâchent comme ça sans prévenir et c’est déroutant, surtout au début. Nous vous encourageons à lire le manuel (en français rassurez-vous). Pour rappel, les livrets de jeu sont numérisés maintenant, il faut aller les chercher dans le menu de la console. Du coup, le titre s’adresse, évidemment, aux anglophones qui aiment le genre. Mais à la vue du peu de nouveaux jeux (un minimum intéressant ou original qui plus est) qui sortent en ce moment sur Vita et PS3, il est dommage de passer à côté de titre comme celui-ci.

Le suicide d’une élève aurait pu amener une intrigue plus intéressante.

L'anecdote

En plus du scénario, vous pouvez développer vos relations avec les membres de Gate Keepers. En discutant avec eux, en participant à des formations (permet à votre personnage d’apprendre les compétences des autres membres du journal), en réalisant des contrats (quêtes annexes, parfaites pour monter le niveau de vos combattants) ou encore en jouant à un jeu de plateau. Quatre des membres du journal jouent chacun un chasseur de fantômes (chacun des quatre personnages inclus dans le jeu de plateau a leurs propres caractéristiques) et un autre joue les esprits frappeurs. Le jeu de société comporte ses propres règles et permet de faire gagner de l’expérience et des points de compétences aux différents participants. Un vrai jeu dans le jeu, auquel je me suis souvent pris. En cumulant le temps passé juste sur ce jeu de plateau, je ne dois pas être loin des cinq heures.
Les Plus
  • Une réalisation maîtrisée et magnifique
  • Le système de combat avec l’importance de la préparation des troupes et de la mise en place d’une stratégie
  • Les relations avec les autres personnages et leurs conséquences
  • Le New Game + (les niveaux et compétences restent) pour se consacrer aux relations et autres embranchements
  • Le jeu de société
  • Le système de craft et d’amélioration d’objets
Les Moins
  • Le jeu est en anglais
  • Un scénario classique qui ne décolle jamais
  • L’absence de tutoriels qui fait avancer le joueur dans l’inconnu