Sacred 3

26 août 2014
Testé par sur
Disponible sur
1

La chienlit vidéoludique

Sacred 3 est donc à fuir comme la peste, que vous ayez apprécié les épisodes précédents, que vous soyez fan du genre ou que vous soyez un "casu". Gameplay, narration, graphismes... tout est raté. Il existe de bien meilleurs hack'n'slash sortis il y a bien des années, repliez-vous donc sur ceux-là. Eux, ne pâtissent pas de la folie du multiplateforme qui tend à la simplification de genres autrefois exclusivement réservé au PC.

La sacrosainte saga des Diablo domine toujours autant la scène du hack'n'slash, ce qui n'empêche pas les développeurs de tenter l'aventure. La licence Sacred, apparue il y a dix ans, semblait offrir une bonne opportunité de titiller le géant du genre. Mais Ascaron Software qui a développé les premiers épisodes de la série a fait faillite. Sacred 3 a donc été confié à Keen Games qui n'a pas l'air d'avoir tout saisi...

L'histoire

Le royaume d'Ancaria est sous la menace de Zane, un méchant très méchant qui doit sûrement vouloir asservir le monde. Malheureusement pour Zane, la Résistance se trouve sur son passage. Elle est composée de quatre héros qui représentent chacun un peuple d'Ancaria. Vous partez alors à l'aventure aux commandes de l'un d'eux pour vaincre Zane et son armée du mal.

Le principe

Sacred 3 est un hack'n'slash. Vous incarnez donc un héros qui se bat contre des hordes de monstres. Normalement dans ce genre de jeux, vous ramassez des objets qui vous permettent d'améliorer votre personnage avec de l'armure ou bien de nouvelles armes. Mais les développeurs se sont dit qu'il était plus sage de créer un jeu dans lequel il ne fallait pas réfléchir. Dans Sacred 3 vous n'avez qu'à vous déplacer et bourriner sur la touche de coups. Il y a aussi un bouton d'esquive ou de blocage avec un bouclier qui vous entoure, il ne faudrait pas avoir à synchroniser son blocage avec le coup d'un ennemi, cela rendrait le jeu bien trop difficile. Vous pouvez également soulever certains ennemis et les lancer sur les autres. C'est un mouvement qui n'est jamais utilisé, à part pour remplir certains objectifs qui nécessitent l'envoi de bombes. Il y a aussi deux compétences spéciales à équiper. Vous pouvez les lancer presque en continu dès le début du jeu. Limiter la puissance de son personnage dans les premiers niveaux rendrait encore une fois le jeu trop difficile.

Au fur et à mesure que vous montez en niveau, vous débloquez des améliorations pour vos armes, votre armure et vos compétences. L'arbre de compétences, si on peut oser l'appeler ainsi, est basique et il est possible de presque tout débloquer. Et lorsque vous achetez une compétence ou une amélioration, il est possible d'annuler pour récupérer les points et débloquer autre chose. C'est gratuit. Vous comprenez, s'il y a trop de contraintes dans un jeu, vous ne vous amuserez pas ! Il y a également des esprits que vous pouvez équiper. Ils vous donnent un bonus en combat. Mais la façon dont on les débloque reste inconnue. Il est impossible de savoir pourquoi ils sont désormais disponibles. En plus, ils apparaissent d'un coup, en plein combat, avec un bandeau qui prend la moitié de l'écran.

Vous allez parcourir des niveaux assez petits au level-design basique et pas très inspiré. Vous pouvez vous dire, et c'est légitime, que c'est un choix qui est dû aux performances graphiques hors-normes. Mais non, le jeu est moche. Les textures sont fades, les décors ne sont pas fouillés et le jeu n'est pas net. Heureusement, les environnements sont tout de même assez variés. Sacred 3 ferait quand même pâle figure graphiquement face aux premiers jeux sortis sur Xbox 360 et PS3. Il n'y a même pas de cinématiques pour illustrer l'histoire, des artworks font amplement l'affaire selon les développeurs. Même dans un point'n'click, ils font cet effort !

Il y a parfois de bonnes idées de plans malheureusement desservies par les graphismes.

Le multi

L'intérêt du hack'n'slash, c'est que vous pouvez y jouer à plusieurs. Dans Sacred 3, plus vous êtes nombreux, plus les monstres sont coriaces. Il y a en surtout beaucoup plus. Cela ne rend pas le jeu plus difficile. Il en devient même moins lisible. Vous ne savez pas vraiment sur qui vous tapez, ni où vous vous trouvez. A deux, c'est correct, mais à quatre, c'est très vite le bazar. Vous pouvez néanmoins rejoindre assez facilement une partie. Il faut bien penser à vous mettre en partie privée si vous souhaitez faire les missions tout seul sinon, n'importe qui peut vous rejoindre à n'importe quel moment. Évidemment les options ne sont pas sauvegardées. La prochaine fois que vous jouerez, il vous faudra remettre votre statut en privé. C'est censé être un mode coopératif mais il y a un compteur de points. Et donc un classement entre les joueurs à la fin de la partie. Sachant que tous les personnages n'ont pas les mêmes capacités, il peut y avoir un gouffre de points entre certains joueurs, même si la mécanique de jeu reste la même entre les différents perso. Sauf pour l'archer heureusement, qui est d'ailleurs un personnage qui n'est absolument pas fait pour le jeu en solo.

Les boss sont vraiment très basiques

Pour qui ?

La simplicité affligeante de Sacred 3 pose réellement la question suivante : est-il possible qu'il trouve un public ? Il ne s'adresse évidemment pas aux fans des précédents volets de la série, ni aux férus de hack'n'slash. Ce serait une insulte de l'offrir à un casual gamer. Il faut néanmoins rappeler que Keen Games avait annoncé, lors du développement du jeu, que ce nouvel opus serait plus orienté action que ses prédécesseurs afin de le rendre plus accessible. S'il faut découvrir le genre, mieux vaut le faire avec un bon jeu qui fait au moins semblant d'avoir un scénario et qui respecte un tant soit peu les codes du hack'n'slash. Là, à part la position de la caméra, rien n'est respecté. C'est même presque bafoué.

C'est toujours très discret quand vous passez un niveau.

L'anecdote

Sacred 3 c'est aussi une ambiance catastrophique. Il y a un univers qui est créé et qui existe mais qui perd toute crédibilité à cause de "l'humour". En jeu, vous êtes régulièrement en contact avec des PNJs. Ceux-ci vous parlent souvent et vous disent ce qu'il faut faire. Assez classique me direz-vous, le problème réside dans l'usage intensif de cette fonction. Vous vous sentez harcelé en pleine partie, aussi bien par Aria, l'un des PNJ que par l'esprit que vous avez équipé. Le problème, c'est qu'ils sont lourds, très lourds, trop lourds. L'humour est beauf au possible, absolument pas subtil et surtout beaucoup trop présent. Presque aucune intervention ne se passe sans qu'une blague ne soit faite. C'est assez pénible en solo, je vous laisse imaginer à quatre, lorsque les esprits des autres joueurs interviennent aussi. Un véritable cauchemar !
Les Plus
  • La diversité des environnements
Les Moins
  • Les graphismes catastrophiques
  • L'humour, plus lourd tu meurs
  • La non-personnalisation des personnages
  • L'absence de loot
  • Les interventions incessantes des personnages
  • La maniabilité rigide