Test | Styx : Blades of Greed
17 févr. 2026

Cachez ce gobelin qui saura vous tuer

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Styx : Blades of Greed
  • Éditeur NACON
  • Développeur Cyanide Studio
  • Sortie initiale 19 févr. 2026
  • Genres Action, Aventure, Infiltration

Retrouver Styx, c'est un peu comme renouer avec ce collègue insupportable... mais diablement compétent. Styx est de retour, toujours aussi mal élevé, sans foi ni loi, et incapable de s'exprimer sans sarcasme. Et pourtant, malgré son allure de gobelin mal embouché et son mépris affiché pour tout ce qui l'entoure – vous compris – c'est un vrai plaisir de retrouver cet anti-héros qui reste, contre toute attente, profondément attachant.

L'histoire

Dans Blades of Greed, Styx se retrouve mêlé à une nouvelle course au pouvoir autour du Quartz, une ressource aussi rare que dangereuse, capable d'alimenter machines, armes et ambitions démesurées. Sans surprise, humains, elfes, orcs et autorités religieuses se disputent ce minerai, chacun avec ses propres intérêts – et Styx, fidèle à lui-même, compte bien tirer profit de ce joyeux chaos.


Le jeu vous plonge rapidement dans des situations très parlantes : infiltration d'un golem gigantesque à démanteler de l'intérieur, vol audacieux à bord d'un zeppelin sous haute surveillance, ou missions d'extraction où il s'agit plus de survivre que de faire preuve d'héroïsme. Le scénario ne cherche pas à vous noyer sous les cinématiques, mais avance par objectifs clairs, dialogues mordants et contextes bien posés. Styx reste un pion... certes, mais un pion qui sait exactement quand et comment mordre la main qui tente de le manipuler.
Des coups fourrés au Quartz

Le principe

Ne jamais tourner le dos à un gobelin, la base.

Le cœur de l'expérience reste l'infiltration, et à ce niveau-là, on est clairement dans le haut du panier. Le jeu évoque souvent un Assassin's Creed version infiltration pure : moins de moyens, mais une vraie richesse d'idées et d'astuces.

Très concrètement, chaque zone vous demande d'observer longuement avant d'agir. Vous repérez les rondes ennemies depuis une poutre, vous attendez qu'un garde s'éloigne pour traverser un couloir éclairé, ou vous utilisez un clone pour attirer l'attention pendant que vous passez par une corniche latérale. Les nouvelles capacités de Styx élargissent encore les possibilités, offrant plusieurs approches viables selon votre style : fantôme invisible, manipulateur sournois ou opportuniste létal.


Attention cependant : le jeu est peu permissif. Une cachette mal choisie, un bruit mal anticipé, et l'alerte est donnée. L'IA des ennemis est relativement challengeante : les gardes fouillent, communiquent entre eux et sécurisent les zones. Le combat frontal est rarement une bonne idée, et quand tout part en vrille, il faut improviser une fuite rapide... ou recommencer.

Au-delà de ses bases solides, Blades of Greed apporte aussi son lot de nouveautés qui renouvellent sensiblement l'expérience. La plus notable reste l'introduction du Quartz, une ressource centrale aussi bien dans le scénario que dans le gameplay. Elle permet à Styx de débloquer et d'améliorer de nouvelles capacités, renforçant encore la diversité des approches possibles. On ne se contente plus de répéter les mêmes schémas : vos pouvoirs évoluent et modifient réellement votre façon d'aborder les situations.
Observer, piquer, disparaître

L'emballage

Suivez les pistes bleutées, elles vous mèneront droit à ce Quartz tant convoité.

Visuellement, le titre propose un univers architectural original, fait de structures massives, de mécanismes apparents et de décors pensés pour l'infiltration. L'aspect vertical du jeu est particulièrement réussi : grimper, se suspendre, surplomber les ennemis ou passer par les hauteurs fait partie intégrante du gameplay. Le niveau ne se lit jamais uniquement à l'horizontale.


Techniquement, tout n'est pas irréprochable. On ressent parfois un clipping un peu désagréable, surtout dans les cinématiques, avec des éléments qui traversent les décors ou des animations un peu raides. Rien de catastrophique, mais suffisamment visible pour rappeler le statut AA du projet.

Côté audio, petit bémol sur l'ambiance musicale, qui reste assez discrète. Elle accompagne efficacement l'infiltration sans jamais vraiment s'imposer, laissant surtout la place aux bruitages et aux commentaires sarcastiques de Styx.
L'aspect vertical du jeu est particulièrement réussi

Pour qui ?

Un coup de zeppelin vous permet de passer d'un niveau à l'autre.

Si vous avez grandi avec l'infiltration méthodique d'un Splinter Cell ou la discrétion oppressante d'un Thief, Styx : Blades of Greed s'adresse clairement à vous. Le jeu partage cette même philosophie : observation, patience et sanction immédiate à la moindre erreur. Ici, on ne court pas dans les couloirs, on les étudie.


Évidemment, Styx ne dispose ni des moyens techniques ni de la mise en scène spectaculaire de ces mastodontes du genre. Pourtant, malgré son budget bien plus modeste, il s'en sort remarquablement bien, grâce à un level design malin, une verticalité omniprésente et une liberté d'approche qui n'a pas à rougir face à ses illustres confrères. Là où Splinter Cell mise sur la technologie et Thief sur l'atmosphère, Styx compense par l'ingéniosité, l'humour grinçant et une vraie compréhension des mécaniques de l'infiltration pure.

Si vous aimez les jeux qui vous respectent suffisamment pour vous laisser échouer, apprendre et recommencer, alors Styx est clairement sur votre radar – et il y restera probablement longtemps.
Pour les amateurs d'ombre, de patience et de sarcasmes
Les Plus
  • Un vrai plaisir de retrouver Styx, anti-héros sarcastique et attachant
  • Une infiltration exigeante et parmi les meilleures du genre
  • Plusieurs approches possibles grâce aux nouvelles capacités
  • La verticalité bien exploitée
  • L'univers architectural original
  • Des niveaux variés qui limitent la redondance
Les Moins
  • Un clipping parfois visible, surtout dans les cinématiques
  • Une ambiance musicale trop discrète
Résultat

Styx : Blades of Greed est une production AA qui montre ce qu'un bon game design peut accomplir avec des moyens limités. Malgré quelques imperfections techniques, l'ensemble reste très présentable et surtout porté par une infiltration exigeante et intelligemment pensée. Les nouveautés, comme l'exploitation du Quartz, les nouvelles capacités, des situations plus dynamiques et une verticalité mieux exploitée, renouvellent efficacement la formule sans la dénaturer. Grâce à des niveaux suffisamment variés, la redondance se fait rarement sentir. Retrouver Styx est un vrai plaisir : sarcastique, désagréable et toujours aussi efficace, il prouve qu'avec de bonnes idées, un level design malin et un anti-héros bien écrit, l'infiltration n'a pas besoin d'un budget colossal pour briller.

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