Test | The Last Case of John Morley
13 janv. 2026

Un bon polar express

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The Last Case of John Morley

Dès que vous lancez The Last Case of John Morley, inutile de jouer aux surpris : vous êtes face à un jeu résolument vintage. L'interface semble tout droit sortie d'un autre âge, les graphismes ont ce charme un peu poussiéreux des vieux écrans cathodiques et le gameplay vous rappelle une époque où l'on sauvegardait plus souvent qu'on ne clignait des yeux. Et pourtant, malgré ce look d'archive, quelque chose vous accroche immédiatement. Une petite étincelle dans cette histoire pourtant ultra-classique de détective privé qui replonge dans une nouvelle affaire. Comme un vieux polar qu'on a déjà lu dix fois, mais qu'on ressort quand même de l'étagère parce qu'on sait qu'il va encore faire le job.

L'histoire

L'aventure débute dans un décor qui donne tout de suite le ton : un hôpital décrépi, ambiance fin de carrière et néons fatigués. John Morley en sort enfin après un long séjour. Le problème, c'est qu'il ne sort pas seulement avec une meilleure santé, mais aussi avec un compte en banque aussi vide qu'un frigo de célibataire un dimanche soir. Plus d'argent, plus d'assistante non plus – il faut dire qu'on ne l'a pas payée depuis des mois, ce qui, étrangement, n'a pas amélioré la fidélité de l'employée.


Alors, quand une nouvelle affaire arrive avec une belle somme d'argent à la clé, John ne fait pas semblant d'hésiter. Et vous non plus. Vous voilà embarqué dans ce qui ressemble à un concentré de tous les clichés du polar qui fait un peu peur : un manoir qui tombe en ruine, un meurtre jamais élucidé, un asile abandonné où chaque bruit vous donne l'impression que quelqu'un respire juste derrière votre épaule, et bien sûr ce fameux coup de téléphone mystérieux qui vous glisse à l'oreille que « vous n'êtes pas seul sur le coup ». Rien de très original sur le papier, mais tout est tellement bien amené qu'on se laisse prendre au jeu. L'enquête avance sans temps mort, l'ambiance est bien dosée et le twist final vient donner à l'ensemble une vraie saveur de polar efficace, celui qui ne cherche pas à réinventer la roue, mais qui sait parfaitement la faire tourner.
Tout est tellement bien amené qu'on se laisse prendre au jeu

Le principe

Vous vous réveillez le 5 février 1945, dans une chambre d'hôpital rudimentaire.

Manette en main, vous comprenez vite que The Last Case of John Morley n'a aucune intention de se déguiser en jeu moderne. Ici, on est sur du gameplay à l'ancienne, du vrai. Vous explorez, vous fouillez, vous ramassez des indices et vous reconstituez patiemment les morceaux du puzzle. C'est simple, parfois un peu rigide, mais toujours cohérent avec l'ambiance.


Et puis il y a ces petits détails involontairement comiques qui donnent au jeu un charme très particulier. Le son des pas de John devant le manoir, par exemple, vous fait sérieusement douter de son équipement de détective : on dirait qu'il mène l'enquête en charentaises. Quant à la voiture laissée plein phare et moteur allumé pendant que vous explorez tranquillement les lieux, elle donne une nouvelle définition au concept de discrétion. On imagine presque les voisins penser : « Tiens, encore un détective qui oublie d'éteindre son moteur avant d'aller résoudre un meurtre. »


Le jeu n'oublie pas non plus de vous faire sursauter de temps en temps. Quelques jumpscares bien placés viennent rappeler que derrière l'humour involontaire et les mécaniques rétro se cache quand même une enquête un peu flippante, et que tout le monde ne sort pas toujours indemne d'un manoir hanté par les secrets.
Du gameplay à l'ancienne, du vrai

L'emballage

Inutile de couper le moteur : votre batterie est visiblement increvable.

Visuellement, le titre ne cherche pas à rivaliser avec les grosses productions du moment. Et il aurait tort d'essayer. Son style simple, parfois austère, colle finalement très bien à l'ambiance de polar poussiéreux qu'il installe. Les décors font leur travail, les personnages ont ce petit côté figé qui rappelle les aventures graphiques d'antan, et l'ensemble crée une atmosphère cohérente, sans chichis.


Côté son, même philosophie. Pas de grandes envolées musicales, mais une ambiance discrète, presque timide, qui laisse surtout la place aux silences et aux bruits inquiétants. Et pour un petit studio indépendant espagnol d'une dizaine de personnes, difficile de ne pas saluer le résultat. Ce n'est peut-être pas spectaculaire, mais c'est solide, honnête et parfaitement dans le ton.
Un style qui se marie très bien à l'ambiance de polar poussiéreux

Pour qui ?

Les évènements passés surgissent comme des flashbacks verdâtres. Classique mais efficace.

Si vous aimez les jeux d'enquête, les histoires interactives et les ambiances de polar à l'ancienne, vous êtes clairement dans votre élément. En revanche, si vous cherchez un gameplay ultra-moderne, rapide et blindé de mécaniques sophistiquées, vous risquez de trouver le temps long.


Heureusement, l'aventure ne s'étire pas inutilement. Elle se boucle en quelques heures, ce qui correspond parfaitement à son format. Juste assez pour vous immerger dans l'affaire, sans jamais donner l'impression de tirer en longueur. Une durée idéale pour vivre une bonne enquête, puis refermer le dossier avant que le café ne refroidisse trop.
Les fans d'histoires interactives et des ambiances de polar à l'ancienne
Les Plus
  • Une ambiance polar maîtrisée et immédiatement accrocheuse
  • Une histoire classique mais intrigante, bien rythmée
  • Quelques jumpscares efficaces
  • Une durée idéale de quelques heures
  • Le twist final qui renforce l'impact global
  • Une vraie identité narrative, fidèle à la spécialité d'Indigo Studios
Les Moins
  • Une réalisation datée qui pourra rebuter certains joueurs
  • Un gameplay old-school qui manque parfois de confort moderne
  • Peu d'originalité dans les situations et les archétypes du genre
Résultat

The Last Case of John Morley ne cherche pas à révolutionner le genre, et c'est sans doute sa plus grande qualité. Tout est classique, parfois même très classique, mais l'ensemble fonctionne grâce à une mise en scène soignée, une ambiance solide et une narration qui vous tient en haleine du début à la fin. Vous savez souvent où vous mettez les pieds, mais vous avez quand même envie d'avancer, de comprendre, et surtout de voir comment tout cela va se terminer. Si vous aimez les détectives fauchés mais obstinés, les manoirs qui grincent et les histoires qui sentent la poussière et le mystère, vous devriez passer un bon moment. Et quand l'écran noir arrive enfin, après ce twist final qui remet certaines choses en perspective, vous aurez peut-être ce petit sourire en coin typique des bons polars : celui qui dit que, finalement, cette vieille affaire de John Morley valait le coup d'œil.

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