Test | Total War : Rome II
04 oct. 2013

Je suis venu, j'ai vu, j'ai été vaincu ?

Testé par sur
Total War : Rome II

Que fait un studio a épuisé toutes ses idées ? C'est simple, il les perfectionne, encore et encore ! The Creative Assembly en est le parfait exemple : après avoir terminé une première fois la fresque historique des grandes batailles de notre histoire, ils recommencent depuis le début en ajoutant un 2 au titre. Après l'île nippone, retour à l'antiquité romaine et ses invasions barbares. Il reste à espérer que la décadence ne soit pas encore amorcée pour le studio anglais.

Le principe

Comme son nom l'indique Total War est un titre destiné au Général en herbe qui se cache en chacun de nous. Le but est très simple : annihiler ses adversaires. Chaque titre de la série est basé sur une époque bien distincte : Japon féodal, les guerres napoléoniennes. Le gameplay se divise en deux parties bien distinctes : la carte stratégique et les champs de bataille. Sur la première, vous gérez vos unités, vos villes et le versant diplomatique de votre conquête, la seconde s'amorçant dès que deux armées adverses rentrent en conflit. Dans la peau du commandant de l'une des neuf factions jouables (Rome, Carthage, Macédoine, Arvernes, Égypte, etc.), c'est à vous que reviendra le devoir de conquérir/mettre à sac/unifier le monde antique méditerranéen.

Autant ouvrir les hostilités de but en blanc : Rome II offre fondamentalement le même système que les volets précédents. C'est simple, pour peu d'avoir joué à n'importe quel Total War précédent, le joueur ne percevra pas de grandes différences. En campagne, l'IA tombera encore une fois dans les mêmes pièges lors des batailles et sur la carte stratégique. En creusant un peu plus, pas mal de petites choses ont été modifiées mais elles restent de l'ordre du détail. Ainsi, il est désormais possible de nommer vos unités et de garder une trace de leurs haut-faits, de les améliorer. La carte stratégique a été remodelée pour s'accommoder de la très grande taille du monde antique : chaque province dispose désormais de plusieurs villes et d'une capitale. Il est donc maintenant possible d'avoir une lutte de pouvoir sur une seule et même province. De même, l'aspect politique entre en résonance avec le fractionnement des factions elles-mêmes. Ainsi, votre maison romaine (les Julia pour prendre les plus connus) doit s'attirer les faveurs du Sénat pour mener à bien ses campagnes militaires. Hélas, dans les faits, c'est assez confus et l'opposition n'étant pas vraiment hostile, il n'est pas rare de laisser tomber complètement cet aspect du jeu.

Plutôt que de changer tout de fond en comble, Creative Assembly s'est amusé à coller des petits bouts à droite et à gauche pour nous faire croire au grand soir. Pas de bol, l'illusion ne tient pas et c'est bien dommage. À côté d'un fond efficace mais terriblement frileux en nouveautés se tient une forme qui elle en jette toujours autant. La carte tactique offre de superbes paysages intégrant routes accidentées, montagnes verdoyantes et même forêts glacées barbares. En combat, c'est encore mieux. Voir des milliers de petits bonhommes en formation s'entre-tuer est toujours aussi impressionnant d'autant plus qu'il est possible de zoomer au légionnaire près. Niveau décors, c'est du même acabit avec les très belles reconstitutions de Teutobourg, Carthage ou même Rome.
Dessine moi un empire

Le multi

Comme d'habitude, vous en prenez plein les mirettes.

Le multijoueur est offert sous deux formes : le mode escarmouche qui ne simule que le mode bataille et le mode campagne qui offre tout le contenu du jeu mais à plusieurs. Similaire à Civilization, ces parties, très intéressantes au demeurant, peuvent prendre des dizaines et des dizaines d'heures. Prévoir beaucoup de café et de la lecture lors du tour de jeu de l'autre joueur.
Alea jacta est

Pour qui ?

Les capitales bénéficient de leur propre champ de bataille, monuments inclus.

Les vétérans attendront les patchs, une vente Steam voire une extension. Pour tous les néophytes de la série, Rome II constitue la meilleure introduction au genre.
Plébéiens et patriciens

L'anecdote

Comme d'habitude dans les Total War, le niveau de finition frise le foutage de gueule et les bugs sont donc légion. J'ai pu ainsi faire connaissance avec le légionnaire porc-épique, empalé par des milliers de lances ou le fameux chariot volant d'Alexandrie. Assez drôles dans le détail, ils deviennent vite fatiguant lorsqu'ils touchent l'IA elle-même qui tend à faire n'importe quoi.
La véritable marque Total War
Les Plus
  • La formule Total War, toujours vendeuse
  • Superbe
  • Pas mal de petites idées éparses
Les Moins
  • La finition, hallucinante de nullité
  • Finalement, quoi de neuf ?
  • Interface perfectible
Résultat

Entendons-nous bien : Total War : Rome II est un bon jeu. Encore une fois, le moteur graphique est hallucinant et permet de gérer d'impressionnantes vistas et toutes sortes de batailles épiques. Selon la profondeur des campagnes militaires entreprises, il est possible de s'engouffrer littéralement pendant des centaines d'heures de jeu. Mais quoi de neuf, concrètement ? Pas grand chose, c'est bien le problème. Le nouveau venu sera très agréablement surpris mais le vétéran, lui, utilisera les mêmes tactiques pour décimer l'IA débile que dans les volets précédents. Ajoutons à cela des bugs à foison qui gâchent l'expérience finale et il apparaît clairement que The Creative Assembly n'est pas sorti de sa zone de confort. Si l'extension est aussi fabuleuse que la fin des samouraïs alors oui Rome deviendra un grand jeu mais pour l'instant, il semble très fainéant.

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