L’œuvre au noir d'Atelier Ayesha

17 mars 2013
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Atelier Ayesha est un objet hybride. Conçu pour appâter les fans, il ne comblera pas les vétérans. Trop austère dans sa réalisation et son scénario, il repoussera les néophytes. Pourtant, ce n'est pas un mauvais jeu loin de là. Gust nous propose un J-RPG solide aux mécaniques originales et claires. Il ne manque qu'un tout petit quelque chose au jeu pour se distinguer des autres épisodes de la série.

Série avec un nombre d'épisodes long comme le bras, Atelier a longtemps fait les affaires du studio japonais Gust. Un J-RPG basé autour de l'alchimie et de la cueillette. Un mélange explosif. Hélas, la série reste difficile d'accès pour les néophytes. Conscient du problème, Gust tente donc avec Atelier Ayesha de mettre de l'eau dans son vin. Mais à force de diluer la formule, le développeur risque de perdre l'alchimie qu'il entretient avec ses fans.

Tenir compte du calendrier est un impératif.

Le pays de Candy

La série des Atelier a longtemps été confinée à l'archipel japonais. En lançant le jeu, vous comprendrez vite pourquoi. The Alchemist of Dusk vous propulse dans la mièvrerie la plus totale avec, en guise d'héroïne, une jeune ingénue calquée sur Candy. Si la guimauve ne vous rebute pas, vous trouverez une histoire assez banale. Ayesha Atlugle est une jeune apothicaire vivant au beau milieu d'un endroit abandonné. Vivant seule avec sa jeune sœur, Nio, elle survit en concoctant potions et remèdes pour les quelques marchands itinérants. Un beau jour, sa sœur part à la cueillette et ne revient pas. Et là, c'est le drame, tout s'enchaîne : Ayesha tombe dans une profonde déprime, avec les interrogations existentielles qui vont bien et tout le toutim. Le jeu démarre quelques temps plus tard : alors qu'elle cherchait des plantes dans une ruine ancienne, Ayesha aperçoit brièvement sa sœur. Sans plus tarder, elle décide d'emporter ses outils et sa vache pour s'embarquer dans une grande aventure. L'héroïne dispose de trois ans et pas un jour de plus pour retrouver sa sœur, après quoi son esprit disparaîtra. Tout un programme.

Les potions concoctées dans l'atelier sont extrêmement utiles lors des combats.

Herbe de Provence

Le monde est d'emblée présenté comme vaguement post-apocalyptique, justification bienvenue pour expliquer les changements qui vont intervenir. En effet, Atelier Ayesha ne fait pas parti des canons de la série et cherche à être plus ouvert et plus abordable aux néophytes. Le concept de base est assez simple car il s'agit simplement d'un RPG tournant autour du crafting. Il est toujours question de trucider des monstres par palettes de quinze, d'acheter un meilleur équipement mais vous pouvez à tout moment cueillir des plantes. Une fois assez de composants en votre possession, une interface spéciale permet de jouer aux apprentis alchimistes. Des résultats très différents se produiront selon la quantité et la qualité des ingrédients utilisés. La série principale des Ateliers était intransigeante vis à vis du nombre d'objets que l'héroïne pouvait porter, Atelier Ayesha beaucoup moins. La récolte est donc beaucoup plus simple. De même, le processus de décoction est rendu bien plus facile car les résultats escomptés sont indiqués avant la préparation. Il y a donc très peu de chances votre potion tourne à vau-l'eau. En montant de niveau, vous gagnerez des compétences, actives ou passives, de synthèse, améliorant automatiquement vos performances alchimiques. Clairement, cet épisode se conçoit comme une ouverture pour les néophytes. Les vétérans, eux, pesteront.

Ayesha sera épaulée par de nombreux compagnons au cours de sa quête.

Arôme artificiel ?

L'envie d'ouvrir le jeu aux nouveaux-venus ne s'arrête pas là. En effet, les combats ont fait l'objet d'une sérieuse remise à niveau. Au système classique au tour par tour vient s'ajouter une nouvelle donnée : le placement. En plus de l'affichage des tours, l'écran affiche la position des personnages les uns par rapport aux autres. A tout moment vous pouvez la changer pour gagner des bonus supplémentaires. Ainsi, se placer dans le dos de l'adversaire offre une attaque surprise bienvenue mais vous fait perdre de précieux bonus de protection donnés par vos alliés. Pour le reste, les vétérans restent en terrain connu. Atelier Ayesha recycle beaucoup et ne déroge pas à sa formule : cueillette – potions – combat – cueillette. L'aventure est sympathique sans jamais toutefois parvenir à décoller. Des quêtes secondaires sont présentes un peu partout mais consistent souvent à créer telle potion ou tuer tel monstre. Seule bonne idée, la présence des points de mémoire. Pour retrouver le moral, Ayesha tient un journal intime dont les entrées se débloquent de manière très diverses : parler à une personne, aller à un endroit précis, etc. Chaque entrée permet de débloquer de nouvelles compétences uniques, très utiles. Les graphismes sont en dents de scie. Leur qualité n'est pas tellement à déplorer avec des personnages très colorés mais les environnements sont désespérément vides. De même, les musiques à la flute sont de toute beauté mais les voix anglaises peinent à convaincre.
Les Plus
  • Mignon
  • L'alchimie et ses nombreuses possibilités
  • Plus accessible
Les Moins
  • Scénario dans les choux
  • Les voix anglaises
  • Des décors creux