Le crime était presque parfait pour Hitman : Absolution

07 déc. 2012
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Hitman : Absolution est l'exemple type de la schizophrénie qui affecte un certain nombre de vénérables franchises ces dernières années. L'envie de relooker une franchise pour plaire à un plus large public tout en ne dénaturant pas l’œuvre de départ. Succès en demi-teinte pour ce nouvel épisode. Le nouveau Glacier 2 est magnifique, l'agent 47 se déplace avec aisance et il existe toujours de multiples façons de venir à bout d'un ennemi. D'un autre côté, les outils laissés à votre disposition accusent la nouvelle optique du développeur danois : système de couverture pas top, mode "instinct" trop bourrin, déguisements peu efficaces. Absolution est comme un excellent plat que vous ne pouvez déguster qu'avec des couteaux. La tentation de bourriner est trop forte, desservie par un level design en dents de scie et un scénario au ras des pâquerettes. Les nouveaux venus, eux, passeront un excellent moment tant l'enchaînement des situations et le système de scoring sont savamment huilés.

Série atypique ayant bouleversée les habitudes de bon nombre de joueurs, Hitman tente de raffiner sa méthode au fur et à mesure des années. Après certaines errances du côté de Kane & Lynch, IO Interactive revient vers son chauve préféré avec Absolution. Nouvelle décennie, nouveau public. Les amateurs de meurtres classieux y trouveront-ils leur compte ?

Les joies de l'armoire normande sont toujours au rendez-vous.

Une production Europa Corp

Nom : Agent 47, Profession : Tueur à gages. Voilà, les seules informations qu'il est nécessaire de connaître au sujet du personnage phare de IO Interactive dont les premières aventures remontent à une petite dizaine d'années. Les plus anciens se rappelleront que 47 est un humain génétiquement modifié (il possède 47 chromosomes) ayant affronté des hordes de clones dans le sous-sol d'un asile. Ok, ok... Les plus anciens auront sûrement effacé ce détail de leur mémoire. Tout cela pour dire que mis à part Silent Assassin, le scénario n'a jamais été le point fort de la série. Le problème d'Absolution est qu'il met en avant son histoire à travers une tonne de cinématiques et une narration renforcée. L'agent 47 est obligé de tuer son seul contact au sein de la mystérieuse agence, la suave Diana Barnwood. Cette dernière avait en effet trahi l'agence afin de protéger une jeune fille. Pour sauver la gamin à défaut d'avoir sauvé son contact, 47 s'engage dans une course poursuite effrénée contre ses anciens employeurs. Le scénario vole très, très bas et vous aurez vite fait de vous pencher sur les assassinats eux-mêmes. Contrairement aux épisodes précédents, les missions sont dorénavant fortement scénarisées. Ainsi, le but n'est plus simplement de tuer une cible et de s'échapper. Il n'est par rare que la mission tourne mal et que 47 doive échapper à la police, s’infiltrer dans un autre endroit, etc. Ces changements de rythme, sympathiques en apparence, deviennent lourdingues en retentant les missions. Assez dommage pour une série plébiscitée pour sa rejouabilité.

L'instinct peut être utilisé pour marquer une cible prestement.

Rang : Silent Assassin

Le principe de Hitman est toujours aussi séduisant : une cible à abattre, un point d'entrée et un point d'extraction. La manière dont vous vous débarrassez d'elle est laissée entièrement à votre discrétion. Vous pouvez très bien tenter d'accomplir le crime parfait, en le maquillant en accident, ou simplement sortir vos silverballers et tuer tout le monde. Aucune option n'est à rejeter et IO Interactive a bien compris la nécessité de laisser cette liberté au joueur. Les cibles peuvent être atteintes de deux ou trois façons différentes et pour les tuer, les possibilités sont toujours aussi variées. Histoire de venir en aide aux petits nouveaux, le menu des défis (les succès) indiquent les manières uniques de tuer la cible du niveau en cours. De ce côté là, Absolution remplit sa part du contrat sans décevoir. Les changements interviennent à un niveau plus proche de vous : l'interface et les outils à votre disposition. Première constatation au niveau des changements, l'agent 47 est bien plus agréable à contrôler qu'auparavant. Loin des déplacements rugueux et des actions compliquées à effectuer, Absolution fluidifie le comportement de l'agent 47. Signe des temps, vous pouvez vous plaquer contre des murs et autres surfaces ou vous cacher dans des placards ou des bennes à ordures afin d'épier les mouvements ennemis. Les actions sont maintenant entièrement contextuelles, le menu cyclique a complètement disparu. Originellement dédiée au PC, la série a décidée de se mettre à l'heure des consoles. Jusqu'ici tout va bien...

Le système de couverture est le plus souple jamais crée.

Rang : Psychopathe

Puis arrive la fameuse nouveauté, la barre d'instinct. Cette barre magique peut être utilisée de plusieurs façons. Primo, elle illumine les ennemis, leurs déplacements et l'objectif à atteindre. Deuxio, elle vous permet, une fois déguisé, de vous fondre parmi les ennemis. En effet, si vous possédez un déguisement semblable à celui des ennemis, ils se poseront des questions dès qu'ils vous apercevront. Tertio, elle vous permet de marquer vos cibles pour les flinguer en instantané. Après tout, pourquoi pas ? Chacun son style de jeu et son utilisation est complètement optionnel et le mode puriste le désactive. Le problème, c'est que les mécanismes de l'IA tendent à partir en sucette. Des PNJ bloqués dont le script ne s'active pas et surtout une détection hallucinante en termes de déguisements. Résultat à moins de cramer votre barre d'instinct, il faudra refaire la même séquence des dizaines de fois d'affilé pour les éviter. De plus, la barre d'instinct se recharge en tuant des ennemis de manière ou discrète et à chaque checkpoint. Résultat, il suffit d'aller zigouiller un ennemi isolé et hop, c'est reparti pour un tour ! Il est toujours possible d'étrangler un ennemi en fourbe mais la détection n'est pas parfaite. Résultat des courses, l'affaire se termine souvent en pugilat, les combats au corps à corps non "discrets" étant transformés en QTE. Seule bonne trouvaille des combats, le bout portant qui permet de tuer discrètement un ennemi avec une arme à feu silencieuse.

Se balader avec une arme à découvert n'est pas souvent une bonne idée.

+10 points - Tir à la tête

Comme indiqué précédemment, il existe cinq modes de difficultés pour s'adapter à tous. Nous vous conseillons de monter le niveau au moins en normal, sinon le jeu est bien trop facile, les ennemis peu nombreux et l'agent 47 devient un tank en costard cravate. Les niveaux vont de l'excellent au désastreux. Parfois, IO Interactive vous laisse le champ libre pour faire ce que vous voulez. Dans ces moments là, Absolution tutoie Blood Money. Le niveau d'après n'est qu'une suite de petites pièces balisées. Dans ces moments-là, Absolution tutoie Gears of War. La progression bien plus linéaire oblige à repenser le système de sauvegarde. Vous aurez maintenant le droit à des checkpoints, activables à tout moment et uniquement disponibles pour la session en cours. Du coup, nouvelle constatation, il suffit de nettoyer les niveaux avant de les activer. Pour sûr, c'est plus radical. Un système de scoring fait lui aussi son entrée, plus vous êtes bruyant (tuer, assommer, être repéré), plus il descend. Comme à l'école, vous aurez le droit à une belle note à la fin, vous permettant ou non de débloquer des nouvelles capacités. Beaucoup moins poussif, le mode Contracts, vrai faux mode online à la Trackmania. Choisissez n'importe quelle carte du jeu, indiquez une cible et assassinez-la aussi uniquement que possible. Toute personne peut tenter votre "contrat" pour tenter de dépasser votre score. Option logique pour un jeu où le multijoueur standard n'aurait finalement que peu d'intérêt.
Les Plus
  • Superbe
  • Des tactiques d'assassinat toujours aussi variées
  • Un enchaînement fluide
  • Une maniabilité de l'agent 47 assouplie
  • Le mode contracts et le système de points
Les Moins
  • Le scénario niveau Luc Besson
  • Peu adapté aux vétérans de la série
  • Les ennemis à la vue d'aigle et les déguisements peu utiles