La belle ascension de Pandora's Tower

28 mai 2012
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Nintendo
  • Développeur Ganbar!on
  • Sortie initiale 13 avril 2012
  • Genre Rôle

Pandora's Tower est un bon action-RPG qui ne prétend pas révolutionner le genre mais s'en tire admirablement bien. Avec une durée de vie solide, un gameplay qui exploite les spécificités de la Wiimote et une esthétique soignée, le titre de Ganbarrion arrive à sortir des sentiers battus. Pour peu que vous fassiez partie des rares joueurs Wii "purs et durs", ce titre est un indispensable dans votre ludothèque.

Le projet Rainfall est une idée un peu folle : sortir trois jeux de rôles réservés aux Wii nipponnes sur notre territoire. Pour notre plus grand plaisir, Nintendo Europe a été séduit par l'idée et après Xenoblade Chronicles et The Last Story, c'est au tour de Pandora's Tower de pointer le bout de son nez. Le moins attendu des trois, ce titre original du studio Ganbarrion, pourrait bien créer la surprise dans une ludothèque en fin de vie.

Chaque tour comprend un nombre différent de chaînes à détruire.

Maudit jusqu'à la treizième génération

Aaron et Elena sont un couple gentillet et un peu nunuche qui cherche à couler des jours paisibles dans un monde médiéval rongé par une guerre fratricide. Hélas, le jour de la fête des moissons, la dulcinée de notre héros se transforme en gigantesque monstre volant, provoquant chaos et désolation dans la capitale. Tout va de mal en pis, puisque l'armée décide de se lancer à leurs trousses afin d'occire la jeune fille et le héros, espion du royaume ennemi. Mais tout n'est pas complètement noir pour les jeunes amants puisqu'une vieille sorcière nommée Mavda, provenant d'un mystérieux peuple nomade, décide de leur venir en aide. Elena est victime de la malédiction de la bête, les principaux symptômes étant un grand tatouage dans son dos et sa tendance à se transformer en monstre. Pour mettre fin au processus peu sympathique, les trois protagonistes se retrouvent au seuil de "la balafre", un trou béant scellé par des chaînes, avec treize tours en son centre. Mavda affirme que la malédiction prendra fin lorsque Elena aura mangé la chair des maîtres (les boss) des treize tours. Peu motivée au début, la jeune fille change très vite son régime alimentaire et vous voilà parti pour une quête d'une quinzaine d'heures. Si le prologue est assez aguicheur et promet un scénario haut en couleur, Ganbarrion déçoit assez vite nos espoirs avec une histoire très convenue et mal mise en scène. Heureusement, l'intérêt du jeu ne réside pas là.

Quatre armes différentes sont disponibles en fonction de votre style de jeu.

Chain(s) of Destiny

Le découpage du jeu est très simple : treize tours, chacune disposant de son environnement spécifique et de ses propres mécanismes. Le but est toujours le même : atteindre la pièce la plus haute et arracher la chair du maître local. Pandora's Tower se présente comme un simple action-RPG : à l'aide d'une caméra fixe, vous explorez les différentes pièces de la tour pour tuer des monstres, résoudre des énigmes et briser les chaînes protégeant la porte du maître (en général deux, trois ou quatre). Rien de nouveau sous le soleil ? Pas forcément. Tout d'abord, Aaron dispose d'une chaîne magique offerte par Mavda. En zoomant avec la Wiimote, vous pouvez vous en servir comme grappin pour attraper des objets distants ou vous accrocher à certains éléments du décor. Mais c'est surtout en combat que la chaîne fait mouche : visez un ennemi et vous l'enchevêtrez. Des lors, vous pouvez simplement tirer l'ennemi vers vous pour lui infliger de lourds dégâts, le balancer en l'air ou encore l'accrocher à un autre ennemi. Encore mieux, les ennemis possèdent une localisation des dégâts, permettant ainsi de les aveugler ou même de les désarmer. Aussi pratique soit-elle, la chaîne n'est qu'une arme secondaire et Aaron trouvera trois armes différentes (une épée, une faux et des lames jumelles) pour se débarrasser des sbires des maîtres. Elle demeure indispensable pour achever les ennemis (et les maîtres) et ainsi récupérer de précieux objets comme la nourriture pour Elena.

Obtenir la chair de maître n'est pas chose facile.

Régime bio

La relation entre le protagoniste et Elena constitue l'autre originalité de Pandora's Tower. En effet, l'heure tourne et vous disposez d'un temps limité d'exploration des tours. Si le compteur tombe à zéro, Elena se transformera en monstre et vous récompensera avec un joli game over. Vu que grimper au sommet peut prendre un certain temps, les serviteurs pourront faire office de casse-croûte pour Elena. Offrir de la chair de monstre à Elena remplit temporairement le compteur. D'ailleurs, vous pouvez arrêter l'exploration des tours à tout moment pour retourner à l'observatoire de la balafre, votre base avancée. Elena et Mavda y résident et vous offriront une aide précieuse. Dans l’observatoire, le temps se fige, vous permettant de vous reposer, stocker vos objets ou encore sauvegarder. Passer du temps avec Elena et lui offrir des cadeaux augmente le lien entre les deux amoureux, influant sur le dénouement du jeu. A l'inverse, laisser la malédiction progresser fera baisser la confiance entre eux. Paradoxalement, si le scénario est très propret, les cinq fins possibles sont excellentes proposant des conclusions vraiment différentes avec un boss de fin différent ! Mavda, elle, fait office de marchand et vous permettra d'améliorer vos armes ou encore de créer des objets selon les ingrédients récoltés dans les tours. Le cycle jour/nuit influe d'ailleurs sur les trouvailles disponibles dans les donjons : certains objets n'apparaissant qu'à l'aube ou au crépuscule.

Il est possible de charger ses coups pour asséner des combos dévastateurs.

Tour infernale

Le coté RPG pur de Pandora's Tower est assez simple mais prenant. En montant de niveau, vous gagnez en force, en constitution et augmentez votre zone d'équipement. Comme dans ce bon vieux Diablo, vous devrez jouer à Tetris avec votre inventaire pour caser le maximum d'anneaux, d'armures en tout genre, histoire d'être parfaitement préparé. La difficulté n'est pas très élevée mais les ennemis cognent fort et peuvent briser vos objets, ce qui est toujours désagréable. De même, pour peu que vous maniez bien la Wiimote, les énigmes ne sont jamais difficiles mais offrent suffisamment de variété pour vous tenir en éveil. Les combats contre les maîtres, sans arriver dans la catégorie d'un Shadow of the Colossus, sont de très bonne facture. Dans la pure lignée d'un Zelda, on cherche le point faible et le reste du temps on se fait tout petit pour ne pas prendre un coup fatal. Le principal problème de Pandora's Tower réside dans la deuxième partie du jeu : sept tours s'ouvrent au joueur, pouvant être résolues dans n'importe quel ordre. Hélas, ces tours sont des versions améliorées des six premières : mêmes mécanismes, mêmes environnements. Un peu dommage, surtout que l'ultime tour intègre un mécanisme rafraîchissant. Au rayon des regrets, les angles de caméra tendent à se moquer de nous, rendant très difficile l'utilisation de la Wiimote pour viser les ennemis (si ils ne sont pas dans le champ, impossible de les viser).
Les Plus
  • La polyvalence de la chaîne
  • Des fins vraiment différentes
  • La gestion de la malédiction
  • Les combats contre les maîtres
  • Une progression fluide et diversifiée
Les Moins
  • Le couple gnangnan
  • Les tours duplicata
  • La caméra qui fait des siennes