The Darkness II fait de l'ombre aux FPS

20 févr. 2012
Testé par sur
Aussi disponible sur
3

Bonne surprise de l'été 2007 sur Xbox 360, le premier épisode de The Darkness continuait la tradition des FPS made in Starbreeze : une narration forte, une ambiance excellente toutes deux servies par un très bon doublage. Grâce à un succès d'estime, une suite fut mise en chantier mais cette fois par Digital Extreme, ce qui laissait augurer un changement assez radical. Et effectivement, le passage de relais a eu lieu et malgré nos craintes, le constat n'est pas aussi négatif que prévu.

Les exécutions ne font pas dans la dentelle.

Au coeur des ténèbres

The Darkness est un comic-book un chouïa ringard créée au beau milieu des années 90 par Marc Silvestri et Garth Ennis. Seuls quelques personnes à moitié folles se souviennent de cette époque chaotique peuplée de Rob Liebfield, Todd McFarlane et d'autres abominations innommables. The Darkness n'a jamais vraiment fait date mais Starbreeze étant un studio très doué pour étoffer des histoires lacunaires (comme Riddick), l'histoire à deux sous devient captivante. Jackie Estacado est un orphelin élevé par les bons soins d'une famille de mafieux. Le zèle du jeune homme n'est pas du goût du parrain qui tente, le soir de son vingt-et-unième anniversaire, de l'assassiner. Le protagoniste ne doit son salut qu'à la manifestation d'un esprit démoniaque nommé "The Darkness" ("Les Ténèbres" en bon français) qui se sert des membres de la famille Estacado comme hôtes. La créature infernale se nourrit des ombres, déteste la lumière et peut créer de la matière à partir de n'importe quelle zone d'ombre. Résultat, Jackie devient peu ou proue une armée à lui tout seul et vaporise la mafia et les flics pourris locaux. Pas de chance, dans sa soif de vengeance, sa petite amie Jenny est tuée par le parrain alors que le Darkness le force à regarder le spectacle impuissant. Oui, la créature est une belle saloperie qui n'hésite pas à manipuler son hôte. Résultat des courses, après avoir dézingué le parrain, Jackie décide de sceller son allié histoire d'éviter toute influence néfaste.

Jackie laissera parfois sa place au "darkling", pour des phases d'infiltration.

Le Parrain II

Deux ans ont passé : vous êtes maintenant le "Don" avec des dizaines de mafieux à vos pieds et vos mauvais souvenirs sont derrière vous. Tout du moins, c'est ce que vous croyiez. Votre restaurant préféré explose, vous laissant à moitié mort. Vous n'avez pas d'autre choix que de libérer le Darkness. Ainsi commence une longue vendetta contre vos mystérieux assaillants et contre les effets de plus en plus destructeurs du parasite sur votre santé mentale. Le scénario, imaginé par le scénariste du premier volet, est honnête sans être fantastique. C'est avant tout la narration qui reste imaginative, comme dans le premier The Darkness, avec les monologues du héros pendant les temps de chargement. Mais là où le premier privilégiait une approche intimiste et très pragmatique de la mythologie du comics, ce nouvel opus ne sait pas trop sur quel pied danser et finit par offrir un épilogue complètement outrancier, détruisant toutes les bonnes intentions du scénariste. L'ambiance a été entièrement retravaillée pour suivre la nouvelle direction de la série : fini le noir, place au cell-shading. Le résultat est très agréable : les textures sont toutes crayonnées et donnent l'impression de tourner les pages d'une bande-dessinée. Au niveau vocal, Mike Patton double toujours le Darkness et offre un superbe registre de cris gutturaux et glauques qui vous feront frémir. Le reste du casting est également d'excellente facture.

Quelques boss viendront pimenter la progression de l'ensemble.

Emasculation: + 30 points

Niveau gameplay, c'est la table rase complète : Digital Extreme a opté pour un FPS ultra-condensé. Pour la puissance de feu, Jackie peut porter deux armes de poing (en akimbo ou non) ainsi qu'une arme d'épaule. Pour la boucherie, le Darkness, toujours présent, peut trancher les ennemis ou les projeter en l'air. Étant dans le fond un mec bien, il offre à Jackie la possibilité de se régénérer en mangeant les cœurs des ennemis tombés au sol. Les tentacules peuvent servir de grappin et ainsi attraper les objets lointains comme les munitions ou des armes improvisées. Attraper un ennemi sera l'occasion d'une belle mise à mort infâme. Attention toutefois, tous les pouvoirs offerts par votre ami ténébreux disparaîtront si vous traversez un endroit lumineux. Un système d'évolution vous permet de dépenser vos points d'essence (obtenus en tuant des méchants) pour améliorer les capacités du Darkness ou en débloquer de nouvelles. Ça vous rappelle Bulletstorm ? C'est normal, c'est exactement la même chose ! The Darkness II est donc une boucherie endiablée où tuer avec style rapporte encore plus de points. Extrêmement fun et jouissif, le principe est hélas très vite contraint par la structure hyper-linéaire du jeu qui réduit le terrain d'expérimentation et surtout la durée de vie très courte. Avec ses cinq petites heures au compteur, l'expérience reste en travers de la gorge. Surtout que le multijoueur encore une fois anecdotique, ne fait rien pour relever le niveau. Ce dernier propose un coopératif vaguement scénarisé à la Left 4 Dead où quatre personnages haut en couleur remplissent des objectifs pas forcément intéressants. Chacun d'entre eux se jouent comme Jackie sauf qu'ils n'ont qu'un ou deux pouvoirs de la campagne solo. Dommage, le concept était alléchant.
Les Plus
  • Les textures typées comic-book
  • Chouette narration, chouette ambiance
  • Un gameplay jouissif et décomplexé...
  • Mike Patton
Les Moins
  • Cinq heures de jeu avec en prime une fin bidon
  • Un multijoueur anecdotique
  • ...à l'étroit dans une structure linéaire et frileuse
Résultat

The Darkness II est un jeu honnête qui, à défaut d'être une véritable production Starbreeze, n'hésite pas à changer en profondeur pour s'imposer. A un rendu graphique inédit et une ambiance gore à souhait, Digital Extreme ajoute un système nerveux tiré de Bulletstorm assez plaisant. Dommage que le plaisir à court terme soit gâché par la brièveté de l'aventure et le carcan propre aux FPS récents. La désagréable impression d'être sur des rails ne vous quittera jamais. Ce qui est d'autant plus frustrant qu'elle entrave l'expérimentation liée gameplay.