BRINK surmonte les obstacles

24 mai 2011
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Dire que BRINK est un bon jeu est un euphémisme : il s'agit sans conteste du meilleur FPS multijoueur de ces dernières années, atomisant tous les FPS crypto-militaristes avec une aisance toute britannique. Généreux, subtil et intransigeant, de nombreuses parties seront requises pour parvenir à maîtriser la bête mais quelle extase à l'arrivée ! Hélas, dire que BRINK enregistre le démarrage le plus foireux de ces dernières années est aussi un euphémisme. La quantité de bugs et de plantages rebutera la plupart des novices et des amateurs de FPS "clés-en-main". Ce qui est, avouons-le, une p*tain de tragédie pour le jeu en ligne car BRINK ose changer la donne. Et il le fait avec classe et brio.

Team Fortress, Call of Duty, autant de licences qui trustent le haut du pavé dans les box offices du First Person Shooter. Pourtant, il n'y a pas si longtemps de cela un jeu avorté devenu gratuit nommé Enemy Territory faisait beaucoup parler de lui. Le bouche à oreille généré a permis à Splash Damage de retenter l'expérience avec moins de nazis, plus de budget et un zeste de parkour. Résultat ? La meilleure expérience de jeu en ligne depuis des années.

Une fois à terre, rien n'est perdu... à condition d'avoir un medic sous la main.

Au bord du précipice

L'Arche, cité utopique bâtie au milieu de l'océan pour fuir la folie des hommes. L'Arche, fabuleuse machinerie auto-suffisante et autarcique carburant au corail et à l'énergie aquatique. L'Arche, eden aquatique au bord ("brink" en anglais) du précipice. Pourquoi ? Trop de monde, pas assez de place. Les anciens de la cité estimaient qu'elle ne pourrait contenir que 5000 personnes : sa population est de 50 000 habitants. La plupart se sont agglutinés dans des bidonvilles de tôle maladroitement rattachés à la structure principale. La situation ne peut plus durer : le Camarade Chen vient de mettre fin à la résistance pacifique des réfugiés et incite ses compagnons d'infortune à prendre les armes pour fuir l'Arche. De leur coté, les anciens ont fait appel aux forces de sécurité pour rétablir l'ordre : le tir à balles réelles est maintenant autorisé. Sauverez-vous l'Arche ou la fuirez-vous ? Telle est la question. C'est sur ce pitch simplet et aguicheur que s'ouvre BRINK, FPS principalement multijoueur mais pouvant se jouer tout seul contre des bots également. Cette option est évidemment à fuir : la "campagne" solo n'est que la compilation des cartes multijoueurs et l'idiotie crasse de l'IA ne me fera pas dire le contraire. Des petites cinématiques introduisent chaque carte car ces dernières, contrairement à pas mal de FPS, sont scénarisées dans le sens premier du terme. L'histoire n'est bien sûr qu'un prétexte à l'étripage entre les forces de sécurité et la résistance. Toutefois, les plus courageux pourront lire et écouter différent bonus récolter au cours du jeu pour connaître le fin mot de l'histoire.

La roue des objectifs est vitale pour vous et votre équipe.

L'enfer des armes

BRINK reprend au pied de la lettre le cahier des charges de Enemy Territory et de Quake Wars et quelque part, c'est tant mieux ! Voilà donc un FPS coopératif où vous récoltez de l'expérience au fur et à mesure que vous remplissez les objectifs. Ces derniers sont en rapport avec l'évolution de la mission. Un bref exemple : les rebelles doivent prendre un avion pour s'échapper de l'Arche. Hélas, pour cela, vous devez faire exploser une porte. Ainsi, si vous êtes soldat, vous pourrez placer une charge de démolition mais si vous possédez une autre classe, vous pourrez choisir d'escorter un soldat ou de protéger la zone. La sélection de l'objectif s'effectue simplement en cliquant sur la molette, ce qui fait apparaître une roue avec les différentes possibilités pour faire progresser l'équipe. En employant ce système, vous pouvez voir qui fait quoi et vous gagnerez plus d'expérience. C'est tout bête mais il fallait y penser. Quatre classes sont disponibles, chacune ayant ses propres capacités : le soldat peut donner des munition, le médecin peut soigner et ressusciter ses collègues, l'ingénieur peut améliorer vos dégâts et le covert ops lui se déguise et assassine. Forcément, vous tiquez et penser à un plagiat éhonté de Team Fortress 2. Je vous répondrais simplement par un regard méprisant puisque le système de BRINK (Enemy Territory en fait) est bien différent. Les classes récupèrent de l'expérience que vous pourrez répartir sur des capacités propres à chacune d'elles ou liées au personnage. Doter votre soldat d'une armure kevlar, injecter de l’adrénaline : tout devient possible.

Les postes de commandement vous offrent divers coups de pouces pour progresser.

Tac Tac Badaboum

Autre point différent des autres licences à classes : aucune ségrégation martiale n'est présente pour l'usage des armes. Que vous aimiez les lance-grenades, les mitrailleuses lourdes ou les revolvers, vous pourrez les employer avec n'importe quelle classe. Là où ça devient intéressant c'est que l'intégralité des armes sont personnalisables mais avec des options qui affectent votre classe. Ainsi, si le covert ops mets un silencieux sur son arme, il devient beaucoup plus aisé pour lui de tuer en fourbe un ennemi et de lui piquer ses fringues. Grosso modo, les deux armes transportables agissent comme un complément de classe. La seule chose qui peut faire vraiment varier le types d'armes transportable est la carrure de votre bonhomme. Si vous êtes léger, vous pourrez courir partout très vite mais serez réduit à employer des pistolets et des mitraillettes. Si vous êtes normal, vous pourrez quasiment tout portez sans avantages ni malus. Et bien sûr, si vous êtes costaud, vous aurez accès aux sulfateuses et vous pourrez utiliser les fusils comme pistolets. Évidement, votre forte corpulence vous empêchera de sauter comme un cabri mais offrira une meilleure résilience aux dégâts. L'apparence de votre alter-ego est tout bonnement incroyable : chaque vêtement ou accessoire possède un design unique, déclinable en plusieurs motifs. Choisir la tenue idéale vous prendra des heures.

Gros nez et gueule cassé, pas de doute, les lascars de Brink sont uniques.

Blue Screen of Death

BRINK encourage la coopération ; vous n'arriverez à rien en courant tout seul comme un débile, c'est un fait. C'est d'ailleurs l'un des rares jeux où la performance d'un joueur ne changera pas la donne. Pour pimenter un peu ce cadre d'apprentissage difficile, Splash Damage a mis au point une sorte de sous-Mirror's Edge en introduisant du parkour. En grimpant, sautant, glissant dans les quatre coins de la carte, vous accéderez à des passages secrets et contournerez l'ennemi sans aucun problème. Si le cœur du jeu est excellent, son apparence bénéficie d'un polish particulièrement saisissant. Grands décors bleutés, trognes patibulaires et architecture cyclopéenne, le moteur de Rage fait des miracle pas tant en terme de performance mais en terme qualitatif. L'aspect sonore du jeu est irréprochable avec un nombre de détails saisissants : thème musical changeant selon votre corpulence, possibilité de faire du piano en attendant de respawner, etc. Ce soin est assez rare pour être souligné. La version française est par contre à vomir, restez plutôt sur la version originale pour épargner vos oreilles. Après ce constat dithyrambique, vous devez vous demander ce qui cloche et, hélas, BRINK possède un gros point noir sur son joli minois. Le jeu est sorti près de trois semaines en avance et Splash Damage n'a pas eu le temps de terminer l'optimisation. Les bugs sont légion, les plantages et les crashs aussi et ne parlons même pas des ralentissements inopinés. Dommage mais cela semble être le destin de tous les gros jeux PC depuis des lustres.
Les Plus
  • Le besoin de coopérer
  • L'implémentation des objectifs
  • La personnalisation des armes et des personnages
  • L'esthétique, à mille lieux de l'académisme des FPS
  • Le SMART pas si gadget
  • Le sound design aux petits oignons
Les Moins
  • Sorti beaucoup trop tôt
  • La VF sous lexomil