La guillotine pour Fable III ?

21 mai 2011
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Microsoft
  • Développeur Lionhead
  • Sortie initiale 29 octobre 2010
  • Genres Action, Aventure

Bien essayé Peter ! Tu m'as presque eu avec ton profil bas sur ce troisième opus mais, encore une fois, tes quelques promesses s'évaporent. Un royaume à gérer ? Juste quelques choix à effectuer. Une révolution ? Une demi molle plutôt. Une interface repensée ? C'est sûr mais pas dans le bon sens. Rassures-toi, ces tares ne sont que des détails Peter, car j'aime Albion, j'aime avoir des relations extraconjugales comme un DSK des temps anciens, j'aime l'humour anglais et la superbe patte graphique Lionhead. Mais la prochaine fois, ça serait quand même bien de renouveler la formule.

Porteur de trop nombreuses promesses, Fable représente pour beaucoup le moment où Peter Molyneux est passé du statut de game designer de génie à celui de « Beau Parleur, petit faiseur ». Qu'importe les médisances, la série souffle son septième anniversaire avec l'arrivée du troisième opus du faiseur. L'heure de la réconciliation est-elle enfin arrivée ?

Le roi Logan, aussi maléfique que sa pilosité faciale.

Monarchie pas très parlementaire

Cinquante années se sont écoulées depuis l'épisode précédent, l'ancien héros est devenu roi/reine, a eu deux beaux enfants et a passé l'arme à gauche sans autre forme de procès. Votre grand frère Logan dirige le royaume d'Albion d'une poigne de fer : réprimant toute forme de contestation à son égard, nommant l'infââââme Reaver comme ministre de l'industrie : bref, ça n'est pas la joie à Bowerstone. Suite à un événement fort tragique, vous, frère du Roi et successeur potentiel, êtes forcé de fuir la demeure royale en compagnie de Jarvis, votre fidèle majordome, votre mentor ainsi que votre fidèle compagnon canin. S'en suit une quête supposée « épique » mais au final assez linéaire et très brève qui vous conduira à unifier les différents peuples d'Albion afin de former une résistance capable de renverser le despote en place. Vous trouverez donc divers alliés dans votre quête et la plupart sont doublés de façon exemplaire par des acteurs « so british » : Ben Kingsley, John Cleese, Simon Pegg. C'est donc un véritable plaisir de faire un bout de route avec eux tellement les nombreuses lignes de dialogue présentes éveillent les zygomatiques. Mais une fois votre révolution achevée et Logan défait, la partie ne s'arrête pas. Bien au contraire, vous devrez mener à bien les affaires du royaume pendant près d'un an, remplir les promesses (souvent pécuniaires) que vous avez fait à vos alliés et si possible sauver Albion d'un sort tragique. Étonné ? Ne vous inquiétez pas, tout est sous contrôle.

La guilde des héros est encore présente, enfin ce qu'il en reste.

Abus de Pouvoir

La première moitié du jeu ne vous étonnera en aucune façon si vous avez déjà joué à l'un des précédents volets : balades champêtres dans des décors somptueux, massacre de hobbes à la truelle et remplissage de quêtes fort sympathiques. Lionhead a fait preuve d'un superbe travail sur ces dernières, peu nombreuse mais bourrées d'humour, elles constituent un plus grand intérêt que la quête principale. En effet, le scénario n'est vraiment pas le fort de Fable III. C'est d'autant plus dommage qu'Albion n'a jamais été aussi belle et aussi moderne : l'ère industrielle n'est pas grise mais extrêmement colorée et diversifiée. Quel plaisir que de se balader dans les anciens monuments de la série rabibochés sous diverses installations industrielles ! C'est sale et crasseux, on se croirait revenu chez Dickens. Une fois la couronne récupérée, le jeu prend une tournure inédite mais hélas mal exécutée. Après une expédition sur l'île lointaine d'Aurora, vous apprendrez qu'une force maléfique menace (encore) Albion et que vous devrez réunir une somme d'argent mirobolante afin d'éviter que vos concitoyens ne se fassent génocide par tranche de douze. Vous avez donc un an pour réunir la dite-somme et pour cela vous devrez soit être un parfait salaud en brisant les serments faits à vos alliés, polluant abondamment Albion. Si vous êtes plutôt bon samaritain, vous n'aurez pas le choix : vous devrez devenir un horrible capitaliste en rachetant tout le royaume et en faisant péter les loyers. Ce qui, quand on y pense, revient au même. La partie royale de Fable se résume en trois « journées » où vous pourrez prendre des décisions bien manichéennes pour un résultat émotionnel pas forcément au rendez vous. En effet, au final une seule ou deux phrases résumeront l'état d'Albion à la fin et c'est tout ! Quel souffle épique.

Le voyage se fait maintenant de manière instantanée.

Que reste-t-il de nos amours ?

Dernier ombre au tableau : la nouvelle interface. Plus d'inventaire, ni de fiche de personnage, tout s'effectue en se téléportant dans des zones magiques où Jarvis se fera un plaisir de vous habiller. Même si j'aime entendre John Cleese susurrer à mon oreille, l'ensemble devient un peu rébarbatif au bout du dixième changement de garde-robe. C'est bon, la pilule est passée : j'ai pu craché toute ma bile sur les vaines promesses de Sir Pierre. Maintenant, passons sur le point où Fable III excelle : l'humour. Grâce à ses acteurs et à l'écriture particulièrement fine des dialogues, vous passerez un très bon moment. Fable III s'illustre également par des quêtes secondaires extrêmement soignées. Très longues, souvent drôles et bien plus intéressantes que le fil directeur, vous passerez surement votre temps à tenter de les accomplir. Sinon, l'essentiel des mini-jeux et des raffinements de la série sont toujours présents. Si l'envie vous en prend, libre à vous de résoudre les énigmes de portes démoniaque, de faire des enfants aux quatre coins du royaume ou de péter en place publique. L'esprit de Fable résumé en une seule phrase, c'est aussi ça la puissance Gamatomic !
Les Plus
  • L'humour anglais à son firmament
  • Une direction artistique de bonne facture
  • Le doublage enchanteur
  • Des quêtes secondaires très travaillées
Les Moins
  • Très court pour un Fable
  • L'histoire qui finit en eau de boudin
  • La partie "régence du royaume", très poudre aux yeux