La mort va si bien à Ghost Trick

04 févr. 2011
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Capcom
  • Développeur Capcom
  • Sortie initiale 14 janvier 2011
  • Genre Aventure

Ghost Trick est bien parti pour être l'un des meilleurs jeux d'aventure crée sur Nintendo DS. Il arrive à transcender la formule éprouvée de la série des Phoenix Wright (humour absurde et enquête) avec une véritable direction artistique et des idées novatrices. Sauvez des vies et résoudre une enquête en étant réduit à l'état d'ectoplasme demandent beaucoup de doigté et un brin de jugeote, les amateurs de puzzle seront comblés. Hélas, même si au delà de son humour, l'intrigue demeure sympathique, sa conclusion arrive bien trop vite. De même, la variété des situations présentées se résolvent toujours à l'aide de mêmes mécanismes, ce qui est un peu dommage contenu du potentiel de l'ensemble.

Mais que voila ? Alors que la DS simple vit ses dernières heures, le papa de Phoenix Wright se décide à sortir une nouvelle petite bombe. C'est encore un jeu d'aventure, c'est toujours une enquête et, bien sûr, il y a encore eu un meurtre. Toutefois, un petit détail change nos habitudes : cette fois, c'est vous la victime et vous allez découvrir que l'au-delà n'est pas de tout repos.

La fameuse "vue des esprits", votre seul moyen de déplacement.

Histoires de fantômes pas chinois

Phoenix Wright avait en son temps redistribuer les cartes dans le petit milieu du jeu d'aventure sur portable, d'abord sur GBA puis sur DS. Mais voilà, à force de solliciter la poule aux œufs d'or, la licence dédiée aux fêlés du barreau a fini par se tarir. Taxé de verbose aggravée et de rythme ronflant, Phoenix a laissé sa place à son ami procureur pour de nouvelles aventures. Tout comme sa création, le producteur de la série, Shu Takumi a décidé d'opter pour de nouveaux horizons. C'est ainsi qu'est né Ghost Trick. Vous incarnez Sissel, un drôle d'hurluberlu en costard rouge à la coupe de cheveux défiant la gravité. La seule chose dont ce lascar soit certain c'est d'avoir passé l'arme à gauche. Hélas, le passage dans l'autre monde s'est traduit par une perte de mémoire totale. Pire encore, un camarade fantôme lui affirme que son esprit disparaîtra pour de bon à la fin de la nuit. Heureusement, être mort offre certains avantages. Sissel peut employer des "tours de fantôme" : des ruses de poltergeists pour posséder et utiliser des objets inanimés. Ainsi, vous pouvez vous déplacer à l'aide du stylet à travers la scène de crime afin d'utiliser tous les objets présents. Toutefois, votre mouvement est très limité et vous devrez ruser pour parcourir de longues distances. Dernier petit point, en possédant un téléphone, la ville s'offre à vous : en utilisant les câbles du réseau vous pouvez vous rendre à l'adresse de n'importe quel numéro déjà connu. De plus, en possédant des cadavres fraîchement trépassés, vous pouvez remonter le temps. Rien que ça.

Les tueurs à gages seront la source de tous vos malheurs.

Essaye encore !

Pour parvenir à retrouver votre identité, vous aurez besoin de l'aide de Lynne, jeune détective sous cocaïne qui possède la fâcheuse habitude de mourir tout le temps. En effet, votre assassin cherche à effacer ses traces et Lynne, ayant assisté à votre mort, constitue un témoin très gênant. Une fois que vous aurez toucher son cadavre et contacté son esprit, vous serez à même de remonter quatre minutes avant sa mort et découvrir comment elle a rendu l'âme. A ce moment là, vous devrez dans ce temps imparti, trouver un moyen de changer son destin. Pas d'inquiétude, même si le temps vous est compté, vous pouvez rembobiner ces quatre minutes à l'infini. Il faudra donc vous creusez les méninges pour empêcher le meurtre de se produire. L'interface est très simple : le jeu se présente comme une vue de profil de la scène du futur crime, vous permettant de suivre à la trace les mouvements des différents personnages. Vous possédez deux vues du décor entre lesquelles vous pouvez alterner en permanence : la vue des humains et la vue des esprits. La première vous permet d'utiliser les objets à l'aide des tours de fantômes tandis que la deuxième vous permet de vous déplacer. Le timing sera parfois décisif pour mener à bien votre objectif. Par exemple, si un policier fait des rondes sur la scène, vous devrez attendre qu'il soit tout proche pour posséder sa matraque et ainsi aller à l'autre bout du décor. Sans être difficile, le rythme du jeu nécessité un chouïa de doigté car rater une action vitale bloque le reste de la séquence, vous obligeant à tout recommencer. C'est peut être le seul défaut de Ghost Trick, les actions sont assez répétitives et le fait de devoir tout refaire à chaque erreur peut être vite éprouvant pour les nerfs.

Pour un fantôme, Sissel est bien bavard.

Requiescat in pace

Au final, le gameplay est reste bien huilé. Si les premières victimes sont assez faciles à sauver, les dernières vous donneront du fil à retordre. En effet, même si le cœur du jeu est toujours le même (aller jusqu'à l'objet, utiliser l'objet, répéter) les situations rencontrées sont bien différentes. Ainsi, arrêter un tueur est facile, il suffit de lui faire tomber une caisse dessus ou de le distraire. Mais comment arrêter une machine diabolique ? Comment arrêter un accident de voiture ? Bref, vous en aurez pour votre argent. L'histoire est sympathique sans être exceptionnelle, c'est encore au niveau des dialogues que Capcom fait des miracles. Les dialogues sont légion et souvent très drôles. Entre les chiens aboyeurs compulsifs, les inspecteurs de police funky et les taulards accrocs au curry, le jeu n'a pas à rougir de sa comparaison avec Phoenix Wright. Laissez-moi également vous glisser un petit mot sur la fabuleuse esthétique de Ghost Trick: les personnages en rotoscopie possèdent des animations plus extravagantes les unes que les autres. Les décors débordant de détails et de couleurs ne sont d'ailleurs pas en reste.
Les Plus
  • Une réalisation bluffante
  • Très drole
  • Des situations variées et originales
  • Un concept accrocheur...
Les Moins
  • ...mais qui devient vite répétitif
  • Un peu court