Harvest Moon : Ile Sereine a tout pour vous faire péter les plombs

19 févr. 2009
Testé par sur
Disponible sur
2

Harvest Moon : Ile Sereine était peut-être vu comme une fête et un hommage à la série pour ses dix ans d’existence. Le résultat en est très loin. Le jeu est lent, toutes les actions paraissent molles et leurs conséquences ne sont clairement pas immédiates. Il va falloir se montrer patient envers la maniabilité et le système de ce Harvest Moon. Les journées passent trop vite alors que le travail de la ferme se fait difficilement et lentement. Avec un fermier possédant deux de tension et la vitalité d’un choux romanesco, il est dur de ne pas se décourager. Mais pour les plus patients et les fans, Harvest Moon : Ile Sereine offre un vrai challenge avec différents choix qui peuvent modifier le cours d’une partie. Fermiers en herbe retrousser vos manches, mais j’ose un conseil : essayez le avant !

Pour les dix ans de sa franchise Harvest Moon, l’éditeur nippon Natsume offre à la DS un tout nouveau volet appelé Ile Sereine. Pour les cancres du fond, Harvest Moon est un jeu de simulation de vie à la ferme. Typiquement japonais, personne ne pensait qu’un jeu de ce genre dépasserait un jour les frontières du pays du soleil levant. Pourtant, après des épisodes sur Gamecube, GBA et DS voici le dernier volet de la série. Harvest Moon : Ile Sereine avait tout à gagner en se rapprochant du grand public, ce qui n’est pas encore chose gagnée.

Au début, les champs sont remplis de caillasses et de branches mortes.

Quand Lost rencontre La Petite Maison dans la Prairie

Premier bon point au démarrage du jeu : les graphismes ont été revus à la hausse par rapport à l’ancien épisode sorti sur la portable de Nintendo. Harvest Moon : Ile Sereine ne montre clairement pas tout ce que la DS a dans le ventre, mais les graphismes en 3D hauts en couleur correspondent tout à fait à ce style de jeu. Le scénario, en revanche, ne brille pas de milles feux. Vous prenez le navire pour quitter la ville lorsqu’une tempête éclate et vous fait échouer, avec quelques passagers, sur une île. L’île est abandonnée pour une raison peu évidente, mais avec les autres survivants, vous décidez d’utiliser les locaux laissés en état pour monter une ferme. Sans être révolutionnaire, certains vont apprécier de pouvoir choisir de jouer un homme ou une femme. Mais peu importe le sexe choisi, il va falloir travailler la terre pour faire de ce coin paumé le nouveau bastion de l’économie agricole.

Se positionner comme il faut est une vrai galère.

L’écran tactile ne fait pas tout

Ce qui choque d’entrée dans Harvest Moon : Ile Sereine, c'est sa maniabilité. Les développeurs ont opté pour une jouabilité entièrement au stylet. La croix directionnelle et les touches ne servent que de raccourcis pour équiper certains objets. Si pour déplacer le personnage dans le décor, il n’y a aucun souci, tout se complique dès qu’il faut être un peu plus précis. Ainsi, pour se placer à un endroit spécifique pour biner, bêcher ou semer, tout devient très compliqué. Tourner et retourner son personnage, le reculer, l’avancer de nouveau... Ce qui devait être un simple exercice devient une prise de tête de tous les instants. Il en est de même dans les menus. Natsume a complètement raté l'interface. Naviguer dans les menus devient une corvée et il n’est pas rare de jeter un objet clé alors qu’il devait être utilisé. La maniabilité de ce Harvest Moon gâche en partie le plaisir de jeu et la liste des défauts ne s’arrête pas là.

Vous pouvez draguer à tout va pour trouver votre future femme.

Un fermier qui ne tient pas le choc

Harvest Moon : Ile Sereine ne contient pas vraiment de didacticiel, même si le vieux fermier échoué avec vous vous distille des conseils au fil des jours. Le livret du jeu, et sa lecture, est plus que nécessaire pour qui veut jouer rapidement. La maniabilité en est pour quelque chose mais d’autres facteurs entrent en compte. La durée des journées est incroyablement courte : à peine le temps de labourer un champ et d’aller acheter des semis ou quelques animaux que la nuit tombe. De plus, votre personnage a une jauge de vitalité et d’estomac. Il a besoin de manger et de dormir pour être en forme, rien de plus logique. Le problème est qu’après quelques coups de bêche, il n’est pas rare de le voir tomber dans le coma à bout de force. Et jouer avec un fermier qui a autant de force et de vitalité qu’un gastéropode malade devient très vite agaçant. Votre fermier se retrouve à manger toutes les dix minutes et dort souvent pour tenir debout.

Pour envoyer vos récoltes à vendre il faut les placer dans ce coffre.

Tout n’est pourtant pas mauvais

Sachant que pour générer de l’argent il faut vendre pas mal de récoltes, votre fermier en herbe ne devient pas milliardaire du jour au lendemain. Et pourtant l’argent est plus qu’important puisqu’il permet de faire évoluer la ferme mais aussi toute l’île. Et c’est ce qui est rageant dans cet Harvest Moon. Il existe énormément d’activités et de possibilités : agrandir sa maison, faire évoluer tout un village, construire et modifier les structures de la ferme, faire de la culture sous serre, en rizière ou champignonnière. Mais il faut avoir du temps et les nerfs solides. Harvest Moon : Ile Sereine propose même de créer sa propre famille. Vous devez conquérir l’élu(e) de votre cœur parmi plusieurs. Vous pouvez ensuite vous marier, avoir des enfants et devenir le plus gros distributeur agricole de la région sur plusieurs générations. Ainsi, le challenge proposé et les possibilités offertes sont conséquentes mais le tout est gâché par une maniabilité et une gestion du personnage mal pensées.
Les Plus
  • Les graphismes colorés et chatoyants qui collent à l’univers
  • Toutes les possibilités offertes pour faire évoluer l’île
Les Moins
  • La maniabilité, tout au stylet, est désastreuse
  • Un fermier aussi vif qu’un escargot grippé
  • Le manque d’un vrai didacticiel en début de partie
  • La gestion du temps mal adaptée