Viking : Battle for Asgard, et vogue le Drakkar

23 avr. 2008
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Plutôt que de se casser les dents à tenter de détrôner God of War II, Viking : Battle of Asgard cherche à diversifier le genre en lorgnant du coté du Seigneur des anneaux. Batailles homériques, relative liberté d'action et ballades champêtres, tels ont été les mots d'ordre de The Creative Assembly. Le reste est évidemment assez classique et la dramatisation passe complètement à la trappe, suite à un scénario et une ambiance faible. Mais quoi qu'il en soit, la mayonnaise prend et le jeu réussit son pari : vous divertir.

Dans l'imaginaire populaire, le mot "Viking" se rapproche de pillages, casques à cornes et brutalité. Encore une fois, la fiction dépasse la réalité. Tant pis, au moins ce malentendu apporte un prétexte pour réaliser des jeux bourrins et sanguinolents. La dernière production de Sega pourrait être un parfait exemple de la relative médiocrité du genre des Beat'Them All. Mais étonnamment, Viking : Battle of Asgard s'apparente plutôt à l'exception qui confirme la règle.

Skarin peut à l'occasion exercer ses talents d'acrobate.

Le Ragnarök selon Saint Skarin

Catastrophe au pays des pillards barbus : la reine des enfers Hel décide d'envahir Midgard, le royaume des hommes dans la mythologie nordique, avec l'aide de ses légions d'âmes damnés. Pourquoi tant de haine ? Son but est simplement de libérer Fenrir, le fils de Loki, pour déclencher Ragnarök, la destruction d'Asgard permettant la création d'un monde nouveau. Bref, tout un programme que vous allez devoir empêcher. Dans la peau du jeune guerrier Skarin], hérault de Freya, déesse de la guerre, vous allez entreprendre un périlleux voyage pour délivrer Midgard des légions de Hel et, si possible, détruire la vieille bique. N'espérez pas une once de subtilité provenant du scénario, la richesse de la mythologie Nordique n'est pas du tout exploitée. La mise en scène est quasiment absente du titre mise à part quelques scènes cinématiques laconiques sous forme d'artworks. Sans compter que le personnage principal possède autant de charisme qu'une moule et que son design est un peu raté. Pour couronner le tout, le doublage français est juste affligeant. Pourtant, malgré toutes ses grosses lacunes au niveau de la forme, la force du jeu demeure intacte. Explications.

Les champions de Hel doivent être neutralisé en priorité lors des batailles.

Le seigneur des anneaux runiques

L'essence du jeu consiste à démembrer des hordes d'ennemis pour progresser à travers les trois îles constituant le jeu. Sous cette apparence simpliste, Viking possède de nombreux points forts. Tout d'abord, vous pouvez vous déplacer librement sur toute la surface de l'île et aborder les problèmes dans le sens que vous voulez. Chaque île possède une quinzaine de lieux à libérer constituant chacun un point vital pour votre effort de guerre : scierie, tour de garde, carrière, etc. Une fois que vous avez libéré assez de camarades et que votre armée est prête à l'attaque, Viking prend alors une toute autre dimension. En effet, The Creative Assembly est aussi le concepteur de la série des Total War et cela se ressent dans les immenses batailles rangées qui constituent le cœur du jeu. Pour prendre les bastions des forces de Hel, vous devez mener des armées de centaines d'hommes à travers les flots incessants de troupes adverses déversées sur le champ de bataille. Ces affrontements se divisent en plusieurs phases constituant à reprendre une partie de la ville en tuant les chamans adverses. C'est un beau foutoir, les flèches volent, vos hommes crient de toute part. C'est bien la première fois que l'adjectif "épique" prend tout son sens dans un jeu vidéo. Pour éclaircir les rangs ennemis, vous pouvez également de temps à autre appeler un dragon.

Si Skarin prend cette pose, c'est que vos ennemis rôdent dans les parages.

Aussi discret qu'un saumon sauvage

Pour varier les plaisirs, Viking intègre un petit aspect discrétion sympathique. En effet, plus Skarin est proche d'un ennemi, plus il adopte une position courbée de redoutable prédateur. Si vous arrivez à approcher un ennemi de dos, vous pouvez alors le fendre en deux. Cette technique s'avère vitale pour certaines missions vous proposant d'aller en éclaireur au sein des cités remplies d'ennemis pour effecteur des missions coup de poing. Idée de génie, tous les héros et chamans adverses patrouillent tranquillement dans les cités assiégées. Si vous parvenez à les occire, alors vous n'aurez pas à les affronter une fois la bataille engagée. Pour devenir plus puissant, récolter de l'or s'avère encore une fois indispensable. Ce dernier vous permet d'apprendre de nouveaux coups auprès des fantômes de vos ancêtres, d'acheter des améliorations de santé ou de magie voir même d'acheter des objets utiles comme des potions de soins. Viking possède une réalisation graphique de bonne qualité. Les territoires ennemis sont enveloppés par les ténèbres mais une fois libérés, les paysages deviennent bucoliques. L'esthétique et la variété des adversaires n'a pas non plus à rougir. L'impact du Seigneur des Anneaux se fait encore une fois ressentir : Géants dégénérés, créatures protégées par de lourds harnois noirs ou encore assassins fourbes tentant de vous étrangler. Par contre, l'aspect sonore passe totalement inaperçu et la musique ne laisse pas une forte impression.
Les Plus
  • Les batailles épiques
  • Quelques bonnes idées
  • Des paysages pittoresques
  • Défoulant et agréable
Les Moins
  • Des voix françaises atroces
  • Une ambiance mal exploitée