Frime, mode d'emploi avec Devil May Cry 4 sur X360

22 mars 2008
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Capcom
  • Développeur Capcom
  • Sortie initiale 8 février 2008
  • Genres Action, Aventure

Avec Devil May Cry 4, Capcom procède à une transition en douceur vers la nouvelle génération. Graphiquement et esthétiquement, le jeu tient toutes ses promesses et vous en met plein les mirettes. De plus, malgré les années, le gameplay développé avec Dante fait toujours mouche et les nouvelles modifications apportées par Nero apportent vraiment quelque chose à la série. Bref, que vous soyez un adepte du Dante Must Die ou juste amateur d'action, Devil May Cry 4 constitue un excellent défouloir doublé d'une mise en scène jouissive dans l'excès. Toutefois, devoir refaire les niveaux à l'envers et par la même occasion demeure vraiment poussif et gâche le plaisir de la redécouverte de Dante.

Devil May Cry est une série d’exception alliant avec panache frime surréaliste et action survoltée, le tout dirigé par Dante, figure de proue charismatique hors pair. Pourtant, le quatrième épisode comporte un changement de taille : notre bellâtre démoniaque préféré passe la main à un jeunot. Par la même occasion, quelques innovations prennent place pour moderniser le gameplay d’une série vieille de 6 ans. Passation de pouvoir ou simple interlude ?

Une demoiselle en détresse à sauver constitue le faible scénario.

Qui a tué le scénariste ?

Jeune et fringant adepte d’un ordre de chevaliers traqueurs de démons, Nero n’est vraiment pas né sous une bonne étoile. Le grand manitou de son ordre se fait assassiner sous ses yeux par un grand type en manteau rouge tandis que des portes maléfiques déchainent des hordes de démons sur la ville. Et pour couronner le tout, sa petite amie est atteinte du syndrome de la princesse Peach, à savoir se faire enlever par les méchants dès qu’il a le dos tourné. Pas de doute, des têtes vont tomber. Afin de retrouver le mystérieux assassin, Nero peut compter sur sa fidèle épée à combustion "Red Queen", son revolver à double canon "Blue Rose" et sur son incroyable bras démoniaque phosphorescent l’indispensable "Devil Bringer". Si vous êtes fan de Dante, ne partez pas : le fils de Sparda possède aussi son rôle à jouer dans cette histoire une fois de plus complètement stupide. En effet, le scénario est probablement le plus mauvais de toute la série et le premier degré du début de l’histoire n’arrange rien. Une fois de plus, l’arrivée de Dante sauve cette absence d’intrigue en jouant la carte de la démesure et de la parodie permanente. Heureusement, le scénario n’a jamais été l’intérêt de la série et sa présence justifie pleinement le délire visuel déployé par le jeu.

Ce boss demande pas mal de doigté et une maîtrise parfaite du devil trigger.

Smokin’ Sick Style

Si vous avez déjà joué aux épisodes précédents, vous ne risquez pas de perdre vos repères. Le cœur de l’action réside toujours dans les nombreux combats parsemant votre parcours. Le but étant de faire le plus de combos variés possibles afin d’obtenir la meilleure note possible. Ces dernières allant du D au SSS, échelon suprême du crâneur. Toutefois, la grosse nouveauté de Devil May Cry 4 se situe au niveau des possibilités du nouveau venu Nero. Même si ce dernier possède également une énorme épée et un gros pistolet, son bras droit constitue son arme principale. Le bien nommé "Devil Bringer" vous permet de vous agripper aux ennemis et de les tirer vers vous, ou si leur poids est trop élevé, de vous rapprocher d’eux. Mais surtout, vous pouvez asséner un coup spécial propre à chaque adversaire entraînant souvent la mort de ce dernier. Cette possibilité s’applique aussi aux boss, en leur enlevant une part non négligeable de leur barre de vie. Toute la stratégie des combats avec Nero consiste à trouver le point faible de l’ennemi et le timing précis pour utiliser le Devil Bringer. La présence du mode Devil Trigger, sorte de furie temporaire du héros, s’adapte à son nouveau style et débloque de nouveaux coups spéciaux surpuissants. Jouissif et brutal, ce nouvel atout dans la panoplie de chasseur de démons constitue l’une des forces de cette aventure.

Triss et Lady font une courte appartion mais restent en pleine(s) forme(s).

Danger Diabolik

Autre nouveauté : les compétences et améliorations ne sont plus achetées mais louées. Ainsi, si une combinaison ne vous semble pas assez effective, libre à vous d’en changer à tout moment en redistribuant vos "âmes fières". Ces dernières s’obtiennent après chaque mission terminée par une note attribuée selon votre temps, votre style et les différents objets utilisés. La palette de compétences est variée et permet de créer différentes tactiques comme s’appuyer sur un ennemi pour faire un double saut ou tirer plusieurs salves successives avec votre revolver. Et pour venir à bout des différents boss rencontrés, vous aurez besoin de tous ces atouts. Ces derniers extrêmement impressionnants font honneur à la longue tradition de la série en proposant des combats épiques. Sachant que chaque niveau de difficulté supérieur augmente leur palette de coups, certains passages peuvent s’avérer très coriaces. Pourtant, en comparaison aux épisodes précédents, la difficulté semble tout de même moins élevée surtout avec Nero. Une probable volonté de Capcom d’ouvrir la série à un public plus large. Toutefois, finir le mode "Dante Must Die" relève toujours du chemin de croix. Sans compter sur le palais sanglant, tour garnie de monstres s’élevant sur près de 100 niveaux.

Tout la surenchère de Devil May Cry se retrouve dans "l'arme" Pandora.

Même joueur joue encore

A la moitié du scénario, Nero passe le relais au légendaire Dante qui fait une fois de plus une entrée rocambolesque et réjouit du même des centaines de fans de la première heure. Pourtant, le plaisir de la redécouverte est très vite remplacé par une rééducation difficile. Plus question de faire appel au Devil Trigger fatidique, vous ne pouvez plus compter que sur la force brute de Dante et son système de styles hérités du troisième volet. Au nombre de quatre, ces derniers s’activent en pressant une direction du Pad de la manette à tout moment. Chacun d’entre eux vous offre une action spéciale. Ainsi le "Gunslinger" vous permet de tirer à 360° avec vos armes à feu tandis que le "Royal Guard" bloque toutes les attaques contre Dante. Autre spécificité de Dante par rapport à son benjamin, il voit son arsenal s’agrandit au fur et à mesure des missions. Ces nouvelles armes plutôt originales n’ont hélas pas l’efficacité des doubles pistolets ou de la classique épée à deux mains. Le gros point noir de cette partie avec le fils de Sparda réside sans conteste dans la faiblesse des niveaux. En effet, toute la séquence se résume à faire le chemin inverse de Nero et d'affronter de nouveau les mêmes boss. Même si les ennemis sont différents, les développeurs laissent une furieuse impression de paresse généralisé. Heureusement, les cinématiques mettant en scène Dante constituant une sorte d’opéra baroque incroyablement délirant, restent une récompense en soi.
Les Plus
  • Beau et fun
  • Des cinématiques explosives
  • Nero, intéressant à jouer
  • Des boss gargantuesques
  • Les modes de jeu bonus
Les Moins
  • Le level design paresseux
  • Affronter 3 fois les mêmes boss
  • Trop gentil ?