Tenchu Z, l’arnaqueur de l’ombre

24 juil. 2007
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur From Software
  • Sortie initiale 29 juin 2007
  • Genre Action

A moins de vraiment aimer les ninjas, les environnements ouverts, les missions d’exécution, les meurtres silencieux, la frustration l’emporte donc. Les quelques mouvements spéciaux comme le grappin bien connu mais d’autres aussi comme la respiration sous l’eau, à l’aide d’un roseau, ne suffisent pas : il faut une bonne dose de nostalgie pour apprécier ce jeu désuet. Et ne pas être trop regardant sur la réalisation, alors que sur le rayon d’à côté les jeux d’action mettent la barre toujours plus haut. Maintenant, même les fans vont finir par réclamer une refonte sérieuse. Histoire de remettre enfin au goût du jour ce principe excellent, l’infiltration, qui résiste mal dans cette suite aux progrès effectués en matière de gameplay et de technique.

Vous aimez les ninjas ? Les vrais ninjas, ceux qui tranchent les carotides la nuit, ceux qui accomplissent leur besogne hideuse sans jamais se faire détecter. Pas les ninjas d'opérette qui adorent se faire prendre en photo par les touristes. Non, les ninjas authentiques, les assassins de l'ombre, ceux qui envahissent les consoles nouvelle génération pour le meilleur et bien souvent pour le pire. Contrairement à la PlayStation 3, mieux lotie en la matière, la Xbox 360 se fait en effet sabrer le ventre par ce jeu d’infiltration daté. Face à ce Tenchu Z archaïque, vous avez intérêt à aimer les ninjas ou à être sacrément nostalgique.

Les niveaux très ouverts permettent de choisir son itinéraire.

Retour vers le passé

C’était peut-être mieux avant, quand les jeux n’avaient pas encore découvert la couleur. Quand l’imagination fonctionnait à plein régime. Avant que les rafales d’images stroboscopiques n’arrachent un filet de bave à des joueurs lobotomisés. C’était peut-être mieux avant, quand la 3D n’existait pas encore, ou à la rigueur quand elle venait juste d’apparaître ; quand des grumeaux de polygones adoptaient la posture des ninjas, sur la toute première PlayStation, arrachant des soupirs d’extase au joueur patient et attentif qui, après une longue attente bien stressante, parvenait enfin à enfoncer un trait pixélisé dans l’abdomen mal texturé d’un lémurien en faction. C’était peut-être mieux avant, sauf qu’aujourd’hui le passé rattrape le présent : le dernier Tenchu Z ressemble trait pour trait au premier, comme si les années et les sursauts technologiques n’avaient pas compté.

A quelques exceptions près, difficile de se croire sur Next-Gen.

Le dépouillement : piège ou vertu ?

Première surprise : le jeu est laid. A part quelques reflets sur le sol, les textures pauvres, les décors vides et les lumières caricaturales ont du mal à recréer l’atmosphère envoûtante du Japon féodal. Seuls les thèmes musicaux, très réussis, compensent quelque peu. Les animations sont rigides, l’intelligence artificielle médiocre, les problèmes de caméra fréquents. Cibler un ennemi est facile, mais la tâche devient impossible face à plusieurs gardes, ou contre des archers, beaucoup plus mobiles. Ça tombe bien, en bon jeu d’infiltration Tenchu Z vous oblige à éviter les combats. Une astuce qui lui permet de compenser des défauts très graves, comme ces enchaînements imparables qui vous laissent à moitié mort et passablement irrité. Ou ces coups mal ajustés qui exposent votre avatar pendant deux secondes interminables... et généralement fatales. Gasp !

Le système de lock perfectible rend les combats à plusieurs vraiment brouillons.

La magie du risque

Seconde surprise : ça marche quand même ! Les ennemis ont beau effectuer inlassablement les mêmes rondes, et devenir curieusement amnésiques en cas de bourde, le plaisir éprouvé à s’approcher d’eux en silence avant de les massacrer dans des gerbes de sang fonctionne toujours. Contrairement à beaucoup de jeux du même genre, et malgré toutes ses lacunes techniques, Tenchu Z conserve ce principe excellent : frustrer le joueur en l’empêchant de trucider tout le monde, puis l’exalter en lui laissant commettre un meurtre silencieux – et risqué. Cette alternance – frustration, exaltation – méritait tout de même un meilleur traitement. D’abord parce que l’intelligence artificielle de lapin mort ne déclenche pas suffisamment de fierté en cas de réussite ; surtout que la difficulté est revue à la baisse dans cette suite. Ensuite parce que l’immersion fonctionne moins bien, vu le dépouillement des graphismes. C’est ballot, surtout sur une console aussi puissante.
Les Plus
  • La magie fonctionne quand même
  • Les niveaux ouverts, plutôt bien pensés
Les Moins
  • Une réalisation datée
  • Des mécanismes de jeu beaucoup trop archaïques
  • L'intelligence artificielle caricaturale