Jouez au Cluedo au milieu de l'Atlantique avec The Ship

13 janv. 2007
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Mindscape
  • Développeur Outerlight
  • Sortie initiale 15 septembre 2006
  • Genres Action, Aventure

Proposant de prime abord un concept frais et innovant pouvant rappeler les jeux de société tels que le Cluedo, The Ship : Murder Party vous entraîne dans les méandres d'un genre que l'on pensait oublier depuis l'ère des Unreal Tournament et autres : la subtilité. Mais le manque de finition général du produit et son incapacité à se démarquer par rapport à sa forme initiale de modification pour Half-Life, ne lui permettent pas de prétendre à la position de vrai jeu en ligne. Par ailleurs, la recette du jeu vidéo miracle n'est pas accessible à tous et même l'emploi d'éléments provenant des Sims ne permet pas à The Ship de s'imposer. Le nombre de mods ayant réussi leur transition dans le commerce se comptent sur le bout des doigts. N'est pas Counter-Strike qui veut. Et c'est bien dommage !

Envie d'exotisme ? Embarquez sur un paquebot de luxe pour des vacances apaisantes et variées, allant du simple sauna à la thérapie psychiatrique. Toutefois, mieux vaut également prévoir des armes pour votre propre protection, le commandant a une vision plutôt excentrique des conditions de sécurité sur le navire. The Ship : Murder Party vous propose de jouer à un FPS online où l'assassinat est la règle d'or. Attention, votre voisin de chambre n'est peut être pas aussi amical que vous le pensez...

L'inquiétant Mr.X... Mais pourquoi est-il si méchant ?

L'écosse, l'autre pays du jeu vidéo

L'univers impitoyable du monde vidéo-ludique nous révèle souvent des surprises et parfois des bonnes. En 2003, une petite équipe de moddeurs écossais se mit en tête de percer dans le monde professionnel par le biais de la communauté Half-Life. Au bout d'une longue année de gestation, Outerlight Studios vous invitait à voyager pour une bien étrange croisière, dont le ton n'était pas sans rappeler les longues parties de Cluedo passées au coin du feu chez Tata Jacqueline, et surtout l'ambiance délicieusement cynique des romans d'Agatha Christie. Aujourd'hui, nos highlanders zélés ont trouvé un éditeur et publient leur premier bébé sous forme professionnelle. Et c'est de suite une autre paire de manche. Vous y incarnez un passager d'une croisière de luxe tout ce qu'il y a de plus ordinaire, dans le décor cosy des années folles (avec de nombreux anachronismes tout de même) et tandis que vous dégustiez votre gin dans un superbe canapé tout en cuir dans le Lounge, un mystérieux inconnu passe une annonce par le téléviseur central (sic). Ce dénommé monsieur X s'avère être le propriétaire du magnifique paquebot sur lequel vous naviguez et dispose de goûts pour le moins extravagants dans le domaine de l'amusement. En effet, il vous oblige vous et tous les autres passagers à jouer à une "murder-party". Les règles sont simples : chaque participant se voit assigné une cible qu'il doit assassiner sans se faire repérer par d'autres passagers ou les forces de sécurité du navire. Et si possible, il faut procéder de la façon la plus originale possible. Mais attention, car vous êtes aussi la cible d'un autre passager. De prédateur, vous pouvez facilement devenir proie. Bon voyage !

L'inventaire vous permet de vous déguiser ou d'utiliser des objets.

Croisière pour un cadavre

Sous ce concept simple et diabolique se cache une certaine profondeur de jeu. Tout d'abord, notez que ce jeu est essentiellement multijoueur. Par conséquent, l'absence de connexion internet ou d'amis disponibles pour des soirées réseaux réduisent de façon drastique l'intérêt de la bête. En effet, le mode solo s'avère surtout être un long tutoriel. Les bots pour ce type de jeu ne peuvent vous procurer un grand intérêt. Cette petite aventure vous permet tout de même de découvrir les mécanismes du jeu, d'en apprendre plus sur les objectifs de Mr.X et de s'échapper de cet enfer en un seul morceau. L'ensemble est bien entendu ponctué par de nombreuses scènes cinématiques ingame. Une fois les bases du jeu assimilées, vous pouvez entrer dans le vif du sujet grâce à Steam. Le but du jeu est donc de trouver votre cible dans un immense palace flottant en échappant à un prédateur notoire. Afin d'accomplir votre objectif, vous avez accès à plusieurs armes plus ou moins bien dissimulées dans la zone de jeu. Ainsi, une hache de secours est repérable dans chaque couloir mais la seringue hypodermique vous demandera de passer outre la surveillance des caméras de l'infirmerie. Plus vous usez d'armes non-conventionnelles (club de cricket, stylet, etc.), plus la récompense est à la hauteur. En effet, chaque meurtre vous rapporte une somme de points et d'argent pour la partie en cours. Votre personnage dispose d'une apparence qui lui est propre, de besoins et d'un inventaire. L'apparence est primordiale car même si vous possédez un GPS pour connaitre la position exacte de votre proie dans les dernières 20 secondes, vous devez tout de même l'identifier physiquement. Hors les quiproquos peuvent s'avérer fatals et si vous tuez la mauvaise personne, votre tableau de chasse en souffrira.

L'interface se démarque vraiment des FPS standard et lorgne du coté des Sims.

Le navire de l'Angoisse

L'inventaire, quand à lui, limite le nombre de vos possessions et apporte un petit aspect jeu de rôle sympathique. Ainsi, l'interface vous permet de fouiller tous les tiroirs, armoires et autres meubles du paquebot. Cela vous permet de récupérer armes, vêtements, nourriture et livres pour respectivement faire souffrir votre prochain, éviter qu'il vous fasse souffrir en vous déguisant et subvenir à vos différents besoins. Ces derniers sont assez nombreux et sont un clin d'oeil direct aux Sims. Votre personnage doit donc aller aux toilettes, dormir, se laver, manger, boire, dialoguer, lire pour que ces indicateurs ne dépérissent pas. En effet, lorsque l'un d'entre eux atteint zéro, votre personnage meurt sans autre forme de procès. Il est donc essentiel de faire des pauses de temps en temps, entre vos actes macabres. Mais fermez la porte quand vous allez vous coucher, on ne sait jamais qui pourrait en profiter pour vous réduire au silence durant cet instant de vulnérabilité. Pour éviter que le jeu ne tourne à la franche boucherie, un système de handicaps a été mis en place. Vous devez donc tuer votre cible sans que les forces de sécurité ou que les passagers innocents (les bots) ne vous repèrent, sinon vous serez jetez en prison pour une durée équivalente à vos crimes (agression, meurtre ou port d'arme). La durée s'étend en général d'une à cinq minutes. De plus, le fait de tuer des gens n'est pas très moral et il y a des conséquences sur votre état mental. Vous devez donc de temps à autre aller voir le psychiatre du navire pour faire une thérapie, sinon c'est le suicide assuré !

Le jeu regorge de second degré et instille une ambiance très cynique.

Le crime ne paie pas

Le jeu présente donc bien des caractéristiques alléchantes et intéressantes, mais quelques fois, les dures lois du jeu vidéo tachent un tel bilan. Tout d'abord, le jeu ne bénéficie pas d'une réalisation brillante. Certaines mauvaises langues iraient même jusqu'à dire qu'il est moche. Mais c'est surtout le manque de différences visuelles avec la modification originelle pour Half-Life qui est ennuyeuse. Pour une véritable production vendue au prix fort dans le commerce, il y a de quoi s'attendre à mieux. Par ailleurs, même s'il est original, le gameplay du jeu dépend beaucoup de ses participants. Hélas, nombre d'entre eux se contentent de courir dans tous les sens en tirant sur tous les joueurs, comme ils le feraient dans un vulgaire FPS. Face à ce fabuleux potentiel, c'est forcément décevant de ne pas retrouver l'ambiance paranoïaque décrite plus haut. Finalement, The Ship souffre du peu d'innovations présentes par rapport au produit initial. En jouant sur un mod, le joueur en accepte facilement les tares car il est développé par des amateurs sur leur temps libre. Mais quand il s'agit de son porte-monnaie, il est tout de suite plus circonspect. Et dans ce cas, il faut s'interroger sur l'intérêt d'acheter un jeu qui existe déjà depuis quelques années sur Internet, juste pour profiter de quelques changements. Et bien évidemment, un autre problème récurrent avec ce genre de jeu apparait : la lassitude qui s'installe au bout de quelques dizaines de parties, car l'aspect stratégique ne peut pas être aussi développé que dans un jeu par équipe.
Les Plus
  • Un concept fort et original
  • Possibilités très diverses et variées
  • L'humour omniprésent
Les Moins
  • Assez répétitif
  • Manque de finition graphique
  • Peu de nouveautés par rapport au mod originel