Driver Parallel Lines joue les phoenix

15 févr. 2006
Rédigé par
Prévu sur
  • Éditeur Atari
  • Développeur Reflections
  • Sortie initiale 17 mars 2006
  • Genre Action

Si vous achetez tout en double, que vous vous jetez sur les offres promotionnelles des grandes surfaces et que vous collectionnez les DVD vendus par lots, vous risquez fort de vous précipiter sur le prochain Driver. Non content de corriger tous les bugs et tous les défauts de son redoutable prédécesseur, Parallel Lines vous propose en effet deux histoires complémentaires, deux époques distinctes et surtout deux ambiances pour le prix d’une. Une sacrée affaire en perspective, que nous avons pu vérifier lors de la présentation du jeu.

L'ambiance décontractée des années 70 est parfaitement rendue.

Driver rassure, Driver assure

Avec sa musique très seventies, ses filles en bikini et ses gratte-ciel gigantesques, le générique de Driver Parallel Lines vous plonge tête la première dans un New York resplendissant. Vous êtes beau, vous êtes jeune, vous avez une pure caisse et des lunettes de soleil ravageuses, vous êtes bien, la vie est belle, et dans quelques secondes, quand ce corniaud de braqueur montera dans votre caisse avec son butin, vous serez riche. Pour mériter votre part, il vous suffit de travailler trois minutes montre en main : une bonne course-poursuite contre des flics vous attend, comme aux beaux jours de la série. Vitesse d’animation excellente, profondeur de champ impeccable, débris qui volent dans tous les sens, cette première mission vous propose d’écraser avec plaisir poubelles, lampadaires et piétons sous le nez rugissant de votre petit bolide. C’est le tout début du jeu, le trafic est gentillet, les flics un peu neuneus et vous n’avez pas la plus rapide des caisses ; pourtant, déjà, en vous faufilant au milieu de la circulation, en roulant à contre-sens et en prenant vos virages au frein à main, vous ressentez un frisson de plaisir vous caresser l’échine, remonter vers votre nuque et transpercer votre cortex, jusqu’à secouer votre hypothalamus comme un bon punching ball. Pas de doute, le nouveau Driver a une sacrée pêche.

Plus le jeu avance et plus les flics sont coriaces et mieux armés.

28 ans de réflexion

Toute la première partie du jeu fait un peu office de shareware. Vous vous la jouez beau gosse dans votre pantalon moulant, vous avez une dégaine de racaille friquée, vous prenez vos ordres de mission dans un strip où une fille danse langoureusement avec des taches de lumières comme seuls vêtements. C’est un régal de profiter du rythme baba cool des seventies, des guns, des filles et des herbes, et logiquement, à ce stade, vous êtes déjà violemment accro à cette suite. Tout bascule pourtant, quand vous vous retrouvez en taule. A votre sortie, vous découvrez le nouveau visage de New York, celui des années 2000, ses tags partout, ses rues crades, ses bouches d’égout fumantes, sa lumière blafarde et ses clodos puants. Vous aussi, vous avez pris trente ans dans le bide, vous avez une sale gueule et un goût amer de revanche à prendre. Si au début du jeu vous incarnez le Kid, un gamin tout juste pubère, dans la seconde moitié vous revenez en ex-taulard, le jeu adoptant un ton largement plus sombre. C’est glauque, c’est crade et c’est réjouissant après le clinquant des seventies, surtout quand vous mesurez les progrès accomplis par les garagistes et par les armuriers pendant votre séjour à l’ombre.

Le système de visée a été considérablement amélioré.

Lord of War

Sortez de votre voiture et prenez votre gatling pour comprendre : une rapide pression sur la gâchette et une voiture explose sous les hurlements des civils terrorisés. Les piétons s’enfuient comme une volée de moineaux, rapidement fauchés par le débit infernal de votre mitrailleuse lourde. Deux systèmes de visée vous aident à faire le ménage consciencieusement, avec un lock automatique redoutable qui permet de changer facilement de cible, ou avec la visée libre, la caméra calée derrière l’épaule, histoire d’aligner proprement un pneu ou un réservoir. Si vous n’aimez pas viser, prenez donc le lance-grenades ; avec lui, ce sont les voitures de flic qui décollent, envoyant valdinguer portières, capot et pneus aux quatre coins de la rue. C’est sûr, ça change du Magnum des débuts. Les véhicules ont eux aussi profité du lifting. Il suffit d’enfourcher une moto pour s’en rendre compte, tant la vitesse d’animation devient hallucinante. C’est bien simple, dans le New York contemporain, la rapidité des différents bolides fait carrément penser à du Burnout Revenge. C’est encore plus flagrant si vous avez une réserve de nitro, celle-ci vous permettant de dépasser vos propres projectiles ! En voyant ça, même les plus blasés ont lâché un sourire.

La déformation des véhicules reste très impressionnante.

De bonnes vibrations

Les deux ambiances, les deux histoires, c’est déjà très bien. Surtout qu’avec votre nouvel arsenal et vos caisses capables de dépasser un chasseur au décollage, le jeu change radicalement. Plus rapide, plus violent, avec des flics mieux équipés eux aussi, le cru 2000 de Parallel Lines s’avère nettement plus relevé que celui des seventies. Mais ce sont les missions qui vont réellement vous faire plaisir, tant leur cynisme s’avère réjouissant. Retenez juste ce passage hilarant où vous grimpez dans le bolide flambant neuf d’un indic et que vous le défoncez complètement sous ses hurlements, afin de lui faire cracher de précieux renseignements. A vous de l’effrayer en jouant les chauffards et en taquinant la police, tout en redessinant sa caisse façon métal hurlant ! C’est bête, c’est drôle et c’est prodigieusement défoulant, du jamais vu dans un Driver. Voilà qui fait plaisir et qui donne envie de sortir le calendrier, histoire d’entourer le 17 mars d’un gros cercle rouge : c’est la date de sortie du jeu, sur PlayStation 2 et Xbox.