Dragon Age Inquisition

11 déc. 2014
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Déception ou rédemption ?

Après une suite décevante à tout point de vue, Electronic Arts et BioWare se devaient de redorer le blason de la saga. C’est chose faite ! En piochant dans le meilleur des deux précédents épisodes, ils parviennent à captiver les néophytes et à combler les rôlistes. Avec un univers d’une richesse incroyable, une histoire haletante, une infinité de choses à faire et un multijoueur sympathique, Dragon Age Inquisition efface sans vergogne les erreurs de ses créateurs. BioWare tient donc toutes ses promesses et signe ici, un jeu de rôle indispensable.

Troisième épisode de la saga, Dragon Age Inquisition fait suite au très décevant Dragon Age 2. Avec un temps de développement plus conséquent, une réelle volonté de retourner aux origines et un monde semi-ouvert haut en couleurs, BioWare réussi le tour de force de raviver la flamme de tout amateur de RPG. A mi-chemin entre tactique et action, Dragon Age Inquisition est-il à la hauteur de ses promesses ?

L'histoire

Revenons là où tout a commencé. En novembre 2009 sort Dragon Age Origins. Attendu comme le messie par tous les férus de RPG, Origins arbore fièrement le titre de digne successeur de Baldur’s Gate 2 et Neverwinter Nights 2. Ce premier opus vous met dans la peau d’un garde des ombres, guerrier ayant pour dure tâche de décimer les engeances pour mettre fin à "l’enclin". La qualité d’écriture est au rendez-vous, les personnages sont attachants et l’histoire, bien que classique, est solide. Moins de deux ans plus tard, Dragon Age 2 pointe le bout de son nez. Scénaristiquement BioWare a habitué à bien mieux, avec Mass Effect notamment. Vous incarnez Hawke, un réfugié fuyant les engeances avec sa famille, et qui est très vite pris au milieu d’un conflit entre Mages et Templiers, deux ordres s’affrontant depuis des décennies. Hélas, le scénario n’est pas la seule déception dans cette pauvre suite.

Dans Dragon Age Inquisition, BioWare fait le choix de continuer l’histoire de Dragon Age 2 plutôt que celle d’Origins, pourtant bien meilleure. Vous commencez donc sur ce postulat : après de longues années de guerre, les Mages et les Templiers sont enfin sur le point de signer un traité de paix. C’était sans compter sur une colossale explosion qui vient littéralement balayer tout espoir de réconciliation entre les deux factions. Évidemment, vous êtes le seul survivant, et un des seuls suspects ! Votre mission : refonder l’inquisition et rallier de nombreux alliés à votre cause.

Coté ambiance, vous évoluez dans un univers bien construit et intelligent. Elle n’est pas encore au niveau d’un The Witcher, mais elle s’en rapproche. Les passants chuchotent entre eux, les épées de soldats s’entrechoquent et les politiciens complotent dans chaque village que vous croiserez. Nos compagnons ne sont pas en reste, ils n’hésiteront pas à discutailler pendant vos divagations, allant jusqu'à se disputer sur des sujets futiles. La musique, bien que discrète, souligne toujours à la perfection toutes les situations. Lente et paisible pendant les phases d’exploration, elle mue instantanément en morceaux nerveux et épiques pendant les combats et dans certains dialogues. Du grand art.

Le monde de Dragon Age Inquisition est très vaste. Si vaste que les développeurs ont préféré découper le jeu en plusieurs zones "ouvertes". Ces cartes, assez grandes, fourmillent de quêtes annexes. Il y a toujours quelque chose à faire en Ferelden, aider un paysan, fermer des failles magiques d’où sortent des monstres, résoudre des mini-jeux bien sentis ou explorer des grottes (qui peuvent d’ailleurs vous mener dans des endroits insoupçonnés).

La première rencontre de ce style... brûle un peu.

Le principe

Dans Dragon Age Inquisition, comme dans tout bon RPG, le début de l’aventure est synonyme de création de personnage. Contrairement à Dragon Age 2, vous pouvez choisir votre race. Ainsi, votre héros sera Nain, Humain, Elfe ou Qunari. Bonne surprise, l’éditeur est ultra complet. Vous pouvez passer une bonne heure pour avoir la tête qui vous convient tant les options sont nombreuses. Vous pouvez personnaliser votre héros dans les moindres détails, de la taille des oreilles à la hauteur de la bouche, en passant par la coupe de cheveux. Petite déception : les voix sont peu nombreuses, à peine deux par sexes.

Trois grandes classes s’offrent à vous : Guerriers, Voleurs et Mages. Chaque classe possède plusieurs spécialités. Le guerrier par exemple, peut se spécialiser dans le maniement d’une arme et d’un bouclier afin de palier à un maximum de situation, ou bien choisir la voie du maniement des armes à deux-mains, beaucoup plus efficace face à plusieurs ennemis suicidaires. Pour les mages, autant vous prévenir de suite, BioWare a volontairement supprimé le rôle de soigneur. Et ce n’est pas forcément une mauvaise idée car ça vous oblige à bien gérer vos consommables. Ce module de création de personnage vous immerge dans le monde d’Inquisition de la meilleure des manières, notamment grâce à sa direction artistique. Au-delà des modèles 3D, ce qui est remarquable, c’est le parti pris graphique concernant les images de classes et des portraits, tout en dessins très stylisés de très bonne facture.

Les combats sont assez classiques mais très dynamiques. Vous avez le choix de jouer à la manière d’un MMORPG, en contrôlant un seul personnage à la fois, ou bien en mode tactique, grâce à une pause active. Ce même mode avait malencontreusement disparu de Dragon Age 2. Autant le dire de suite, il n'est pas très convaincant. Il est impossible de sélectionner plusieurs personnages à la fois et leur ordonner une même action à l’instar d’un Baldur’s Gate, ce qui rend les combats trop mous et très agaçants. En mode de difficulté normale, vous enchaînez les combats sans même avoir besoin de mettre le jeu en pause. Si vous voulez vraiment utiliser le mode tactique, lancez directement une partie en difficulté maximale.

Le jeu propose un système d'artisanat assez plaisant qui vous permet de fabriquer ou modifier vos armes et armures. La base du système consiste à récolter des ressources pendant vos phases d’explorations, qui viennent remplir avec joies toutes les cases de votre inventaire. Parlons-en de l’inventaire : il est commun à tous les personnages et beaucoup trop brouillon. Le simple fait de le parcourir pour rechercher une pièce d’équipement est décourageant. D'ailleurs tous les menus du jeu souffrent du même mal.

Si vous activez le mode "tir allié", la moindre boule de feu peut décimer votre groupe.

Le multi

Pour la première fois dans la série, Dragon Age Inquisition propose un mode multijoueur en ligne. Totalement indépendant du jeu solo, ce mode a été développé en parallèle par une équipe constituée, entre autres, des petits gars derrière le sympathique mode multijoueur de Mass Effect 3. Et ça se ressent. Le principe est sensiblement le même. Vous jouez avec quatre autres joueurs en coopération sur des missions exclusives au multijoueur. BioWare insiste sur le fait que ce mode n’influe en rien sur l’expérience solo pour ne pas désavantager les joueurs intéressés par l’aventure et la gloire personnelle. D’ailleurs, il n’existe aucun trophée PSN dédié au multijoueur, les développeurs ont préféré intégrer un système de succès interne rapportant de l’expérience et des brouzoufs. Notez aussi la présence d’une boutique intégrée permettant par exemple de refaire le plein de potions. Il est possible d’utiliser l’argent réel si vous le souhaitez mais tous les articles peuvent être acquis grâce à la monnaie récupérée pendant les parties. Sans révolutionner le genre, le multijoueur de Dragon Age Inquisition se montre efficace.

Leliana, un personnage présent depuis le début de la série.

Pour qui ?

Après un épisode dédié aux rôliste et un deuxième plutôt destinés au férus d’action, nous étions en droit de nous demander vers qui ce troisième volet allait se tourner. La réponse est claire : Dragon Age Inquisition fait les yeux doux à tout le monde. En proposant des dialogues solides et des combats nerveux BioWare n’a voulu laisser personne sur le carreau. Les débutants n’auront aucun mal à suivre l’histoire et les vétérans reconnaîtront avec nostalgie de vieilles têtes. À n’en pas douter, si vous aimez les dragons, le sang et les oreilles pointues, Dragon Age Inquisition est fait pour vous.

Les villes et châteaux sont toujours magnifiques.

L'anecdote

Electronic Arts et BioWare ont eu l’excellente idée de proposer un outil en ligne fort bien utile. Il s’agit de Dragon Age Keep. Le principe : une tapisserie avec des centaines d’illustrations. Chaque illustration représente un fait important des jeux précédents. En cliquant sur l'image, vous avez la possibilité de réécrire l’histoire de Dragon Age en redéfinissant chaque décision importante. Ainsi, si vous n’avez joué à aucun Dragon Age, ou si vous avez volontairement omis de jouer au 2, Dragon Age Keep vous remet à la page. Et cerise sur le gâteau, vos choix sont enregistrés et pris en compte pendant votre partie sur Inquisition. Que demande le peuple ?
Les Plus
  • L’éditeur de personnage très complet
  • Les zones ouvertes immenses
  • Un univers cohérent de toute beauté
  • Du contenu par-dessus la tête
  • Dragon Age Keep
  • Le multijoueur simple mais efficace
  • La présence des doublages anglais sur le CD
Les Moins
  • Les chutes de framerate assez fréquentes
  • Le mode tactique bordélique
  • Le doublage français pas très inspiré
  • L’ergonomie des menus en général