Persona 5

08 oct. 2017
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Square Enix
  • Développeur Atlus
  • Sortie initiale 4 avril 2017
  • Genre Rôle

On se voit après les cours ?

Persona 5 est une perle du JRPG. Contrairement à des tonnes de concurrents qui surfent sur la vague du temps réel, lui se contente de vous proposer du classique et prouve qu’on peut encore faire du JRPG tour par tour tout en rendant la recette digeste et accessible. Les phases de dialogue superflues sont vites effacées par une histoire mature et moderne qui change de la sempiternelle quête des cristaux. Avec Persona 5, Atlus réussi l’exploit de faire bien mieux que la concurrence et propose le nouveau mètre étalon du genre.

Souvenez-vous, les heures à dormir au lieu de prendre des notes, les séances d’EPS suivies du cours de maths le plus soporifique de toute votre scolarité. Il y avait aussi les ragots sur ce professeur de sport qui vous obligeait à porter des mini-shorts, c’était louche non ? Eh bien Persona 5 c’est ça, mais en dramaticalement différent. Partant de ce postulat, il est bien difficile de se dire qu’on va passer du bon temps, et pourtant...

L'histoire

Dès l’introduction le ton est donné. Vous voici au commande d’un cambrioleur masqué pendant sa mission de cambriolage. C’est très dynamique et le jeu vous explique à peine quoi faire tant tout se déroule parfaitement. Vous avez l’air d’avoir réussi votre mission et vous cherchez à tout prix à vous échapper. Hélas, une brigade armée vous arrête dans votre élan et vous envoi tout droit en prison. À partir de là, vous allez reconstruire votre passé en répondant à un interrogatoire, pour comprendre ce qui vous a mené à ce fameux cambriolage. Déjà, ces premières minutes annoncent la couleur, vous êtes face à un petit bijou qu’il faudra découvrir "au jour le jour".

L’histoire est très bien écrite et vous réserve pas mal de rebondissements. Nous regrettons par contre la présence de trop nombreux dialogues pas toujours utiles qui cassent le rythme et risquent de vous faire décrocher à quelques reprises. Malgré ça, les doublages anglais comme japonais sont de très bonne qualité et contribuent à donner une vraie personnalité à chaque personnage.

Contrairement à beaucoup d’autre JRPG, l’histoire aborde des thèmes adultes. Des thèmes comme le harcèlement sexuel, la corruption politique ou même le suicide contrastent avec les insouciances des personnages principaux, tous adolescents, qui veulent se battre contre ces injustices qui les dépassent totalement.

Justine et Caroline, un duo énigmatique qui risque très certainement de vous surprendre.

Le principe

Persona 5 est un mélange de JRPG très classique, avec ses combats au tour par tour bien huilés et un simulateur de drague tout ce qu’il y a de plus japonais. Tout au long du jeu, vous allez alterner entre deux phases bien distinctes. Une phase de "routine" où vous devez vivre la vie d’un étudiant modèle, notamment en allant en cours ou en passant du temps avec vos proches afin d'améliorer vos liens avec eux. Et une phase de donjon assez classique où les combats, l’exploration et la résolution de puzzles sont maîtres-mots. Les combats sont très dynamiques pour du tour par tour pourtant très classique, basé sur des résistances élémentaires. Un coup critique ou une attaque qui atteint un point faible met au tapis un ennemi et donne droit à un tour gratuit pour votre personnage. Si tous les ennemis sont au tapis, vous avez la possibilité d’entamer des négociations. Ces mêmes négociations vous permettent de réclamer de l’argent, un objet, ou bien d’enclencher une super attaque bien puissante.

C’est ici que les persona entrent en jeu. Pendant les négociations, vous pouvez demander à l’ennemi combattu de vous rejoindre, s’il accepte, vous voilà en possession d’une nouvelle persona. À l’instar d’un Pokémon, celles ci peuvent évoluer, mais indépendamment de leur niveau. Ici, sans rien "divulgâcher", nous parlerons de fusion. Les persona servent simplement à lancer de la magie. Ce sont elles qui définissent vos forces et vos faiblesses en combat ainsi que les sorts que vous voulez utiliser.

Cette interface de combat est très certainement ce qu'il se fait de mieux dans le domaine.

L'emballage

Dès l’introduction, vous en prenez pleins les mirettes. Que dis-je, vous en prenez plein les sens. La direction artistique du titre d'Atlus est simplement parfaite. C’est l’un des seuls jeux où vous allez apprécier passer du temps dans les menus. Même les micro-transitions dans les donjons sont impeccables. Tout dans la direction artistique transpire la pop culture japonaise, mais aussi le disco et le côté "Gentleman". Un tel soin apporté au visuel mérite d’être apprécié à sa juste valeur.

Musicalement, c’est pareil : chaque morceau colle tellement bien à la situation que même si vous n’aimez pas le style musical vous risquez de vous surprendre à chantonner quelques mélodies.

L'ambiance de Tokyo est très bien retranscrite, malgré un nombre limité de quartier.

Pour qui ?

Persona 5 n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains. Sa durée de vie titanesque et sa difficulté assez présente en font un JRPG pour habitués. La longueur des donjons et de certaines phases de dialogue décourageront très certainement tout néophyte voulant s’y plonger. Cela dit, il n’en reste pas moins accessible et il serait dommage de passer à côté.

Panther, alias Ann, est un des personnage principaux. Ses gants roses lui vont à merveille.

L'anecdote

Comme dit ci dessus, les donjons sont très longs. Notamment un certain donjon que vous reconnaîtrez si vous avez terminé le jeu. Ce coquin m’a donné plus de fil à retordre que les autres. Après une grosse soirée à jouer, arrive enfin le moment d’aller se coucher, il était environ minuit. Là, assis dans mon canapé, j’embrasse ma chère et tendre en lui assurant que je ne tarderais pas, car le donjon touchait très certainement à sa fin. Quelques moments plus tard, j’arrivais enfin à en voir le bout. Heure affichée sur ma console : 02H30. Merci Persona !
Les Plus
  • Artistiquement, quelle claque !
  • C'est long
  • L'écriture de qualité
  • Une histoire très mâture
  • De très bons personnages
  • Le système de combat dynamique
Les Moins
  • Techniquement, encore léger
  • C'est trop long ?
  • Certains dialogues soporifiques