Gods Will Be Watching

22 août 2014
Testé par sur
Disponible sur
4

La machine infernale

Gods Will Be Watching est une sorte de Professeur Layton sous crack où les énigmes sont des questions de vie et de mort. Intelligent et bien foutu, le jeu tend quand même à trop tirer sur la corde de l'aléatoire pour faire varier difficulté et tension. Il n'en a pas forcément besoin car ses qualités intrinsèques sont bien suffisantes pour le rendre incontournable.

Prototype crée lors d'une gamejam en 48h, Gods Will Be Watching est un jeu original et mystérieux qui a rendu fou un paquet de monde. Grâce à un financement Indiegogo et aux grands malades de Devolver, le prototype est dorénavant un jeu complet et assurément l'un des tests les plus difficiles qu'il m'ait été donné de réaliser en huit ans de service chez Gamatomic.

L'histoire

Difficile d'en dire trop sans gâcher la surprise mais dans les grandes lignes, Gods Will Be Watching s'apparente à une histoire typique de science-fiction. D'un côté, vous avez l'empire galactique vaguement facho, de l'autre les terroristes plein de bonnes intentions et au milieu de tout ça, vous la pauvre pomme qui essaye de sauver le monde. Dans la peau du sergent Burden, vous et votre équipe êtes envoyés sur une planète hostile afin d'empêcher un virus mortel d'être déversé sur un monde ruche. Loi de Murphy oblige, tout part en sucette et vous êtes bloqué sur la dite planète en attendant d'éventuels secours. Les journées sont courtes, les ressources sont rares et le moral n'est pas au beau fixe. Ce synopsis synthétise peu ou prou le prototype crée durant la gamejam et constitue le quatrième chapitre du jeu (il y en a sept en tout). La trame narrative du jeu suit toujours Burden et les autres chapitres constituent une série de flashbacks ou au contraire de flash-forwards. L'histoire est finalement assez classique mais l'écriture et les dialogues sonnent toujours juste avec un humour à froid particulièrement bien trouvé. Dommage que la tournure méta-jeu prise par la fin du scénario soit une porte de sortie un peu facile pour justifier le principe du jeu.

La séance de torture n'est qu'une mise en jambe par rapport au reste du jeu !

Le principe

Gods Will Be Watching est vendu comme un point & click où vos actions ont des conséquences dramatiques. C'est un gros bobard et le jeu relève plus du puzzle mathématique avec nombres de coups limités. Prenons l'exemple du premier niveau : le piratage d'une station orbitale. L'objectif est de pirater un serveur, ce qui prend beaucoup de temps. La seule raison pour laquelle les forces militaires n'ont pas encore ouvert le feu est la présence de quatre otages. En donnant des ordres à chacune des personnes dans la pièce (le hacker, les otages et le soldat), vous devez à la fois maîtriser les otages, faire progresser le piratage et repousser les forces de police. Chaque action prend un peu de temps et fait évoluer les variables de manière logique. Par exemple, si vous perdez le contrôle des otages, ils risquent de se rebeller. Si vous ne négociez pas avec les flics, ces derniers continueront d'avancer. Des options plus ou moins brutales peuvent être utilisées pour calmer les otages (menace, exécution, libération) et donc gagner du temps.

Chaque chapitre marche peu ou prou de cette manière (variables multiples à gérer en temps limité) mais offre également des situations très différentes. Le deuxième chapitre est une séance de torture où Burden et son pote Jack doivent choisir quand bluffer ou provoquer leurs bourreaux pour survivre un autre jour. Autre exemple, le chapitre le plus connu consiste à survivre pendant une vingtaine de jours en milieu hostile en jonglant entre l'entretien du feu, la nourriture et la réparation d'une radio. La variété des situations et la difficulté des puzzles rendent Gods Will Be Watching très intéressant mais le facteur « aléatoire » gâche sérieusement le plaisir. Dans chaque niveau, il y a un élément plus ou moins important généré aléatoirement qui tend à foutre en l'air vos calculs et vos tactiques. A petite dose, ce n'est pas un problème mais les niveaux peuvent durer très longtemps et par conséquent échouer à cause d'une broutille aléatoire est assez frustrant. A titre d'exemple, il y a une séquence de roulette russe pendant la séance de torture et elle n'intervient qu'à la fin du niveau. Après m'être fait sauter la cervelle trois fois, ma pression sanguine n'a fait qu'un tour et l'anthrax destiné aux développeurs était glissé dans l'enveloppe.

Un seul mort, rien de dramatique !

Pour qui ?

Passé ce détail chagrin, Gods Will Be Watching reste un très bon puzzle game avec des choix moraux assez rigolos. Le prix dérisoire est un pousse-au-crime supplémentaire. Amateurs de films interactifs et autres cochonneries Telltale s'abstenir.

"Les dieux observent" et partagent les choix des autres joueurs avec vous.

L'anecdote

Devolver oblige, il y a un certain nombre de clins d’œil assez sympas faits à d'autres titres de l'éditeur. Pas étonnant alors de trouver un soldat nommé Serious Sam ou à entendre des répliques toutes droites sorties de Hotline Miami.
Les Plus
  • Du stress dans mon puzzle
  • Des tableaux très variés
  • Un ton toujours juste
  • La difficulté implacable
  • Vil prix
Les Moins
  • L'épineuse question de l'aléatoire
  • Pas mal de bugs
  • L'envie de meurtre