The Witch and the Hundred Knight

11 avr. 2014
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3

Ma sorcière mal-aimée

Soyons clair, The Witch and the Hundred Knight est un action-RPG solide et bien pensé. Disposant de graphismes colorés et d'illustrations chatoyantes, la dernière création du studio Nippon Ichi ne s'éloigne pas de sa parenté. Mais malgré ses atouts de charme, l'impression de répétition n'arrive jamais à disparaître et finit par user les moins réceptifs à l'univers pensé et à l'habillage NIS. Qu'à cela ne tienne, The Witch and the Hundred Knight reste un très bon cru pour les fans du studio. Les autres amateurs d'action-RPG se tourneront vers Ys.

Bien connu pour sa licence Disgaea, Nippon Ichi tente de temps à autre de sortir de sa zone de confort pour créer de nouvelles séries. The Witch and the Hundred Knight est l'une de ses tentatives qui s'aventure du côté de l'action-RPG. Mais les vieilles habitudes ont la vie dure et parfois un simple coup de baguette magique ne suffit pas.

L'histoire

Il était une fois une sorcière qui vivait au beau milieu des marais. Ayant de sérieux problèmes œdipiens, la jeune sorcière nommée Metallia (Metallica en japonais) voulait en découdre avec la terre entière. Par chance, sa hargne était contenue par une autre sorcière qui l'avait emprisonné il y bien longtemps. Pendant des années, l'affreuse peste ourdit sa vengeance contre son tortionnaire et par extension contre la terre entière. Incapable de faire pencher la balance à elle seule, elle se tourna vers vous, oui vous le joueur. Dans The Witch and the Hundred Knight vous incarnez le "centième chevalier", un puissant démon asservi par Metallia, la sorcière des marais. Enfin, ça c'est la théorie car vous êtes plutôt du genre nabot et colérique. Nécessité faisant loi, la petite boule de métal que vous incarnez doit effectuer des tâches ingrates à travers le monde connu pour libérer sa maîtresse. Bien sûr, cette quête épique implique de récupérer vos pouvoirs et au passage de creuser la relation maître-esclave qui vous unit à la sorcière. Production Nippon Ichi oblige, le ton du jeu, très acidulé, est servi par des dessins enfantins dans la lignée de la série Disgaea. Mais contrairement à cette dernière, les personnages sont ici des vrais méchants poussant le vice et le côté pervers au niveau d'un Dungeon Keeper, voire pire. Rien de visuel mais la méchanceté de Metallia paraît un peu forcée et le scénario ne fait pas dans la finesse pour augmenter le côté choquant du jeu. Dommage, il n'en avait pas forcément besoin.

Un jeu du genre bavard et anglophone.

Le principe

The Witch and the Hundred Knight est un action-RPG aux graphismes colorés et à la musique pêchue dans la lignée de la série Ys. Si le tutoriel incroyablement long et bavard laisse présager du pire, le jeu se révèle bourré de petites idées sympathiques. Le principe est assez simple. Votre petit bonhomme démarre dans le domaine de Metallia au beau milieu des marais. Depuis cette base d'opération, il va pouvoir s'aventurer dans différents niveaux représentant chacun une région du monde dans le but de la transformer en marais pour sa maîtresse. Le jeu se déroule en vue isométrique et cogner les ennemis se résume à un bouton. En apparence, rien de bien compliqué. Seulement voilà, le centième chevalier dispose d'une mèche sur son casque se consumant petit à petit. Résultat des courses, vous ne pouvez pas rester éternellement dans chaque niveau. Plus les actions entreprises sont fatigantes (attaquer, utiliser une capacité spéciale), plus vos gigacalories (l'unité d'énergie de l'avatar) fondent vite. Heureusement, dans chaque niveau se trouvent divers piliers activables vous permettant, moyennant ressources, de remplir votre jauge de Gcals ou d'obtenir divers récompenses. Dans le pire des cas, dévorer des ennemis affaiblis permet de récupérer un peu mais réduit la taille disponible dans votre estomac, l'inventaire du jeu. Il est en effet vital de posséder un vaste arsenal. Il est possible d'en équiper jusqu'à cinq pour varier les plaisirs et les combos. En effet, selon leur classe, les ennemis possèdent des faiblesses variées. En progressant dans le jeu, le protagoniste acquiert de nouvelles "facettes" lui permettant de changer instantanément ses forces et faiblesses pour pallier à toute éventualité.

Essayez de libérer les piliers au plus vite pour limiter la casse.

Pour qui ?

Nippon Ichi oblige, The Witch and the Hundred Knight comporte à peu près tous les forces et faiblesses présentes dans la série des Disgaea. D'un côté, le jeu offre une durée de vie absolument incroyable pour un action-RPG avec une quête principale longue à choix multiples accompagnée de nombreuses quêtes secondaires. Hélas, la nature même du combat et du grind à répétition pour obtenir de meilleurs atouts rend le tout très répétitif. Merci au saint ayant intégré une option de téléportation au QG durant la partie, cela rend l'expérience bien moins douloureuse. Dans un registre tout à fait différent, la "NIS touch" se ressent bien profondément dans la forme : dessins et univers chatoyants d'un côté et personnages atteints de diarrhée verbale de l'autre. Dommage que le personnage de Metallia soit vraiment fatiguant à la longue car la série des Disgaea se distinguait par son excellent humour. Malgré les apparences, The Witch and the Hundred Knight est à réserver encore une fois aux amateurs du studio. Il est d'ailleurs peu probable hélas que d'autres types de joueurs en entendent parler.

Entrer par effraction peut offrir de belles récompenses ou de belles claques.

L'anecdote

Pas de méchante sorcière sans honnête populace à traumatiser. De nombreux villages humains sont disposés à travers le monde de The Witch and the Hundred Knight. Certains autochtones vous donnent des quêtes ou colportent des ragots mais la véritable originalité du jeu réside dans la gestion de l'humeur. Chaque PNJ/ennemi dispose d'un état psychologique (colère, peur, curiosité) que vous pouvez utiliser à votre guise pour récolter divers bonus. Il est également possible de rentrer par effraction dans chaque maison du jeu pour en prendre le contrôle en collant des tartes à ses occupants. Un régal.
Les Plus
  • Coloré et mignon
  • Une structure du jeu optimale pour des petites sessions
  • Un beau spécimen d'action-RPG !
Les Moins
  • Très répétitif
  • Metallia bien casse-bonbons
  • La musique très pesante elle-aussi