Saints Row IV

05 sept. 2013
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3

Peut-on élever la connerie au rang d'art ?

Volition perfectionne sa formule et nous offre une suite plus longue et encore plus stupide qu'avant. Hélas, si la forme assure, le fond lui laisse franchement à désirer. Saints Row IV a bénéficié d'un temps de développement très court et possède le goût amer de l'extension déguisée en suite. Normal, c'est le cas. Résultat des courses, le jeu n'arrive pas à suivre la hauteur de son ambition narrative : des choses ont été coupées et peu de choses sont véritablement nouvelles. Les nouveaux venus et les amoureux de la série passeront outre. Les autres n'auront pas forcément leur patience.

Allant de pair avec le nom de THQ, les développeurs américains de Volition ont eux-aussi vu leur existence chamboulée par la chute du grand éditeur. Rentrés dans le giron de Deep Silver, les créateurs de Freespace et de Red Faction ont dû mettre les bouchés doubles pour transformer une simple extension de Saints Row : The Third en suite à part entière. Travail titanesque et surtout rapide. Trop peut-être ?

L'histoire

Il était une fois les Saints : un groupe de voleurs de voiture et de truands opérant dans la petite ville imaginaire de Steelwater. Menés par leur boss, à l'origine mutique et ayant subit de multiples opérations de changement de sexe, ils finirent par accéder au rang de stars internationales lançant au passage leur propre marque de vêtements et de boissons énergisantes. Suite à l'appréhension d'un dangereux criminel de guerre et le désarmement in-extremis d'une bombe nucléaire, le boss de Saints est propulsé Président des États-Unis d'Amérique. Le leader du monde libre aurait bien profité de son mandat pour se la couler douce, mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Un beau jour, un empire extraterrestre débarque sur la belle planète bleue, détruit la terre et en profite pour enlever tout le staff présidentiel, vous y compris. Après des frasques notables, le boss se réveille, nu comme un ver, dans les parcelles du vaisseau mère Zin. Au terme d'une évasion rocambolesque, le président et quelques autres saints finissent seuls sur un petit vaisseau. Comme dans la trilogie Matrix, le boss doit plonger dans une simulation virtuelle (identique à la ville de Steelport de Saints Row : The Third) afin de sauver le reste de ses compagnons et trouver un moyen de tuer l'ignoble Zinyak, l'empereur de cette force extraterrestre.

Malgré cette intrigue en apparence brouillonne, Volition parvient à maintenir un véritable fil narratif, tout en maîtrisant à la perfection le style parodique de la série. À l'inverse d'un Borderlands 2 qui se content de ramasser mémés et autres tendances d'Internet pour les jeter à la figure du joueur, Saints Row IV construit toute une structure autour de ses références. Ainsi, les clins d’œil au film Invasion Los Angeles de John Carpenter (les lunettes de soleil qui permettent de voir une invasion extraterrestre justement) trouvent leur apogée lorsque les deux acteurs du film se retrouvent eux-mêmes au cœur de l'histoire du jeu. Les sempiternelles radios héritées de Grand Theft Auto sont également utilisées de main de maître pour servir la tension du récit. Chapeau les artistes.

La super-vitesse remplace bien vite tout moyen de locomotion.

Le principe

Saints Row IV est la suite directe de l'épisode précédent, sorti fin 2011. Originellement, cette suite était une extension pour ce dernier répondant au doux nom de "Enter the Dominatrix". Au bord de la mort, THQ décida de transformer ce gigantesque DLC en suite à part entière, dans un délai très bref. Deep Silver, qui reprit le bébé, continua cette optique. Concevoir une suite en une année est un pari très casse-gueule dont les limites se reflètent très vite, surtout pour un GTA-Like comme Saints Row IV.

C'est simple, l'aire de jeu proposée (Steelport virtuel) est identique à celle de Saints Row : The Third et la plupart des activités annexes sont les mêmes (chaos urbain, professeur Genki). La principale nouveauté réside dans l'obtention de super-pouvoirs. En hackant la simulation, votre avatar peut courir à une allure démentielle, projeter des boules de feu ou encore sauter par dessus des gratte-ciels. Plutôt bien fichus, ces derniers voient leur développement différé des améliorations classiques de Saints Row. Au lieu d'utiliser de l'argent obtenu par des activités ou des territoires, les pouvoirs s’améliorent en collectant des bugs de la matrice répartis sur tout Steelport. Les amateurs de Crackdown sont en terrain connu. Hélas, au rayon des nouveautés, c'est à peu prêt tout.

La campagne principale, sous formes de mission, est pliante et d'excellente facture mais il est impossible d'en dire autant des "missions secondaires". Chaque saint libéré vous demande un certain nombre de tâches à accomplir pour obtenir des bonus, des armes ou des costumes. Mais les activités en question sont celles que le joueur peut faire de manière facultative. Résultat, quand cinq personnages vous demandent encore une fois d'aller faire une course ou de tuer une dizaine de Zins, la chose devient soporifique. Seul point sympathique, comme dans Mass Effect 2, chaque saint vous demande d'accomplir une mission de loyauté spécifique à son historique. Uniques, ces dernières font appel à des évènements ayant pris place dans les épisodes précédents. Cadeau sympathique pour les vétérans de la série.

Lors de votre court mandat, des choix cornéliens s'offrent à vous.

Le multi

Comme dans Saints Row : The Third, toute l'aventure est jouable en coopération avec un, deux ou trois amis en même temps. De plus, certaines missions coopérative ont fait leur apparition. Très sympathiques, ces possibilités sont toutefois desservies par un netcode pour le moins chagrin.

Pour qui ?

Saints Row IV récompense le public fan de la série à travers des références constantes et par l'apparition de personnages récurrents. D'un autre côté, le jeu n'offre que très peu de nouveautés par rapport à l'épisode sorti en 2011. Donc si ce genre d'histoire délirante vous laisse de marbre et que vous avez déjà gouté aux plaisirs de Steelport, il est conseillé de passer votre chemin. En revanche, si vous n'avez jamais joué à la série de Volition, foncez ! Ce dernier volet est plus long, plus drôle et mieux conçu que son prédécesseur.

Il est possible de rejoindre "le monde réel" du vaisseau spatial à tout instant.

L'anecdote

Comme dans Mass Effect, vous pouvez à tout moment revenir sur votre vaisseau dans le "monde réel". De même, il est possible d'engager une relation romantique sans préliminaires avec n'importe quel membre de l'équipage en pressant sur un simple bouton. Oui, oui, même avec le robot en forme de boule de bowling. Non, non, je ne vous en dirai pas plus.
Les Plus
  • Très drôle
  • Une véritable recherche dans la stupidité
  • Une campagne principale bien rythmée
Les Moins
  • Un arrière-goût de Saints Row 3.5
  • Des activités secondaires très inégales
  • Techniquement assez faible