Kingdoms of Alamur : Reckoning voit les choses en grand

29 févr. 2012
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Kingdoms of Alamur : Reckoning est un MMORPG offline avec toutes les bonnes et mauvaises choses que cela implique. Le système de combat est mille fois plus pêchu que les tenants du genre, le système de classe est extrêmement bien fichu et l'univers à parcourir est gigantesque. Si vous êtes là pour casser des gueules et botter des culs, Alamur est fait pour vous. Par contre, niveau scénario et originalité, c'est le néant absolu. Les amateurs d'histoire auront eux vite fait de se tourner vers The Elder Scrolls V : Skyrim ou The Witcher 2.

Histoire de préparer la sortie de Mass Effect 3 et, au passage, de surfer sur l'effet Skyrim, EA nous sort en grande pompe une nouvelle licence de jeu de rôle. Avec son nom à rallonge, Kingdoms of Alamur : Reckoning se donne les moyens de jouer dans la cour des grands avec des noms connus des experts du genre et pas moins de deux studios pour son développement. Les dés en sont-il jetés pour autant ?

Le puits des âmes et le début de vos soucis.

Par les producteurs de...

Parfois, la vie bien plus simple qu'il n'y paraît. Après tout, pourquoi s'ennuyer à faire de longues études ou à servir des cafés pendant dix ans avant de réaliser vos rêves les plus fous ? Prenons l'exemple de Curt Schilling, ancien lanceur de l'équipe des Red Sox de Boston. L'homme s'est fait des milliers de dollars grâce à sa carrière professionnelle et, une fois arrivé à la retraite, a réalisé son rêve le plus fou. Après avoir passé des années à pratiquer l'activité la plus anti-nerd possible, Curt a fait son coming-out en révélant qu'il adorait les MMORPG et les jeux de plateau. Il a alors fondé 38 Studio, un studio de développement pour créer les jeux dont il rêvait. Histoire de ne rien laisser au hasard, le fondateur du studio a engagé trois pointures : Ken Rolston (game designer de Morrowind et Oblivion), Todd McFarlane (créateur de Spawn) et last but not least R.A Salvatore (écrivain des Forgotten Realms). Avec cette belle ribambelle de personnages haut en couleur, l'aventure de Kingdoms of Alamur : Reckoning pouvait démarrer. Dommage que pour nous, elle ne commence pas sous les meilleures auspices. Les races génériques (je vous épargne les noms à coucher dehors) se battent contre les elfes qui ont vraisemblablement péter les plombs. Pas de chance, ces derniers sont immortels et ne peuvent être neutraliser que temporairement. La bataille semble donc perdue d'avance et vous, soldat inconnu, passez de vie à trépas durant le prologue. Ça commence bien.

Certains monstres arrivent au format XXL.

Cet été...

Pas d'inquiétude pourtant, car après un passage express par la morgue des gnomes, vous revenez à la vie pour être aussitôt plongé dans le feu de l'action. La bonne nouvelle, c'est qu'une machine gnome appelée "Le puits des âmes" vous a remis sur pied et vous rend increvable, comme les méchants elfes. La mauvaise, c'est que la machine a explosé et c'est donc à vous de sauver le monde avec vos petits bras musclés. Tutoriel générique, scénario maussade : le testeur commence à ressentir des spasmes de terreur en se rappelant tous les simili-RPG que le destin a mis entre ses mains. Les doutes sont vite écartés lorsque le jeu s'ouvre et que les combats s'enchaînent. Un bouton pour l'arme principale, un autre pour la secondaire avec en prime un système de parade et de roulade. On nage en plein action-RPG mais pour une fois mitonné aux petits oignons. En effet, les combos s'enchaînent et ne se ressemblent pas face à la pléthore d'ennemis vous faisant face. Pour hacher, étriper et transpercer, les armes à votre disposition sont légion et possèdent toutes un style de combat propre : des shurikens, des masses bien lourdes, des dagues, des boucliers gigantesques, etc. Au delà de l'armement, différentes approches peuvent être employées pour zigouiller les monstres : de front ou discrètement afin de les poignarder dans le dos. Simple mais efficace, le système de combat constitue le gros atout de Reckoning. Sans fioriture, le plaisir est là.

Les exécutions sont multiples.

Préparez-vous...

L'autre grande force du titre de 38 Studios réside dans son système d'évolution. En effet, votre personnage est défini par trois facteurs distincts. Tout d'abord, sa race et sa divinité tutélaire, définis au début du jeu et lui apportant divers bonus dans ses compétences et autres talents. Mais le plus important reste sa destinée. En effet, en mourant, votre avatar n'a plus de destinée et peut donc allègrement changer sa classe. Stricto senso, chaque passage de niveau vous donne accès à un panel de compétences (crochetage, survie, etc.) et surtout trois arbres de talents relatifs à votre style de jeu : finesse, puissance et sorcellerie. Lorsque vous avez attribué un nombre de points spécifiques à un ou plusieurs de ces arbres, vous êtes en mesure de débloquer une destinée. Par exemple : soldat puis guerrier et enfin champion si vous êtes du genre martial. Chaque destinée vous apporte des gros bonus dans votre voie mais vous spécialise un peu plus. Là où ça devient intéressant, c'est dans le mélange des genres. Avec 40 destinées potentielles, vous pouvez créer toutes sortes de combinaisons possibles pour s'adapter à votre style de jeu. Si tout cela vous fait penser à un MMORPG, c'est normal : le jeu a été conçu comme tel. Et si le gameplay et la progression sont excellents, les quêtes sont du niveau d'un MMORPG : insipides. C'est bien simple, impossible de s’enthousiasmer pour l'univers ou les personnages. Tout ce qui demeure c'est la désagréable impression d'être perdu dans un jeu en ligne où tous les autres joueurs seraient déconnectés.

Les villes, gargantuesques, sont aussi au rendez-vous.

EN 3D

En continuant au niveau des regrets, l'interface nous replonge dans les années 90 avec des menus à tire-larigots pour changer le moindre objet. Dommage, quelque chose de plus ergonomique n'aurait pas été de trop, surtout pour les consoles. Mais l'aspect MMORPG assumé offre également de bons cotés ! Les royaumes d'Alamur sont gigantesques : montagnes volcaniques, paysages de glace, toute la géographie médiévale fantastique y passe et le résultat est visuellement parlant. Un gros travail a été effectué au niveau de l'aspect. Plutôt que de chercher à être une bête de compétition, Reckoning offre des couleurs pimpantes et des animations agréables. Nos yeux sont ravis et nos oreilles aussi. En effet, la musique est d'excellente facture et, c'est assez rare pour être noté, le doublage français est exceptionnel. EA ne s'est donc pas contenté de repeindre les murs, l'éditeur a changé toute la charpente pour le coup. Chapeau.
Les Plus
  • Les destinés
  • Des combats qui claquent
  • Beaucoup de contenu
  • Très long
Les Moins
  • Plus générique, tu meurs
  • Une interface turbo-naze