Corpse Party : chocottes XL pour mini format

06 janv. 2012
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3

Corpse Party constitue une lueur d'espoir pour les fans de jeux obscurs non traduits (ou non distribués) provenant de l'archipel. Concrètement, il s'agit d'un honnête Visual Novel (jeu d'aventure à la japonaise) proposant une histoire dense, une bonne mise en scène avec ce qu'il faut de sueurs froides. Après, c'est un jeu de niche : l'esthétique gerbo-kawai repoussera même les otakus en rut et l'ergonomie date du milieu des années 90. Passés outre ces défauts, Corpse Party est une excellente raison de relancer la bonne vieille portable du père Kaz Hirai, surtout pour un prix défiant toute concurrence.

La PSP est décidément increvable. Alors que la Vita commence à peine à montrer le bout de son nez en extrême-orient, des petits éditeurs continuent à exhumer divers jeux n'ayant jamais fait l'objet d'une traduction dans nos contrées. Xseed, habitué à éditer des J-RPG obscurs chez nos cousins d'outre-atlantique décide de franchir le pas en apportant une bizarrerie nommée Corpse Party sur le PSN. Un jeu d'aventure horrifique sur PSP : bonne pioche ou vain effort ?

L'ambiance est posée.

Histoires de fantômes pas vraiment chinois

Jeu d'aventure ? Sur PSP ? Traduction exotique ? Bon, respirez un grand coup et essayez de suivre mes explications. Au commencement, Corpse Party était un doujin game (comprendre "amateur" pas "érotique", bande de polissons) crée avec le logiciel RPG Maker en 1996. Rencontrant un grand succès, il eu droit à remake, toujours sur PC (ce qui est très rare au Japon) quelques années plus tard avant d'être remarqué par Square-Enix. Le mogul de l'industrie lui offrit une nouvelle cure de jouvence d'abord en tant que manga puis finalement sur PSP : c'est la version dont nous allons parler aujourd'hui. L'histoire est dans la grande tradition des mangas horrifiques japonais comme "L'École Emportée". Un groupe d'amis, étudiants dans un lycée, ainsi que leur professeur principal se retrouvent projetés dans une partie abandonnée de l'établissement scolaire. En effet, il s'avère que ce dernier a été construit sur l'école primaire Heavenly Host, théâtre de meurtres atroces des années auparavant. Votre équipe de frêles adolescents se retrouve donc dans une sorte de dimension parallèle ressemblant à cette ancienne école hantée par toutes sortes de fantômes et d'esprits malins. Pour couronner le tout, l'ensemble du casting se retrouve séparé et incapable de se regrouper. L'objectif est donc simple : briser la malédiction locale et essayer d'en sortir vivant. Et comme vous allez le voir, ça n'est pas du gâteau de riz.

Attention à ne pas être curieux sous peine de Game Over.

Croix, croix, croix

Corpse Party est un "roman interactif" comme la grande majorité des jeux d'aventure japonais (Hotel Dusk ou Phoenix Wright, par exemple). La seule chose que vous pouvez faire est vous balader dans les décors et interagir avec l'environnement. Les actions sont toutes automatisées et vous passerez la majorité de votre temps à regarder des cinématiques. Selon les actions réalisées ou non, vous ouvrirez un certain passage dans la trame du jeu qui vous amènera vers la bonne fin ou l'une des nombreuses impasses. Ces dernières ne se résument pas à un vil écran de Game Over mais offrent une conclusion généralement horrible ainsi que des indices sur la bonne manière de procéder. Comment survivre à cette galère ? En écoutant les bons conseils de vos compagnons d'infortune par exemple. En effet, vous devrez faire preuve d'empathie avec les différents personnages sous peine de les voir tourmentés par les spectres locaux. L'histoire, forcément tortueuse, est de bonne qualité et vous fera passer un très bon moment. La grande surprise provient de la frousse ressentie. Certes, on est loin d'un Amnesia, mais cette bouille de pixels vous provoquera quelques sueurs froides, à n'en pas douter. Basé sur un jeu ancien, Corpse Party accuse toutefois son âge : l'interface est éprouvante et devoir passer tous les évènements déjà expérimentés pour trouver la bonne solution est franchement insupportable. Autre point qui peut fâcher, la direction graphique très "anime" avec un design tête à claques et certains passages franchement graveleux pourrait heurter la sensibilité des moins avertis à ce genre d'excentricités.
Les Plus
  • L'histoire bien mise en scène et sympathique
  • Une bonne frousse sur portable, qui l'eut cru ?
  • Embranchements nombreux et dizaines de fins différentes
  • Quinze euros
Les Moins
  • Ne pas pouvoir passer les cinématiques déjà vues
  • Un peu trop dessin animé "cheap" sur les bords