1v1 échiquier sans règles
- Éditeur Sidekick Publishing
- Développeur Blukulélé
- Sortie initiale 1 mai 2026
- Genre Réflexion
Les échecs, Blukulélé les a pris et en a fait des confettis. Derrière ce chaos, un développeur indé français, Paul Giovannini, qui nous présente Gambonanza sur PC et mobile et transforme le jeu de plateau le plus sérieux du monde en un roguelike déjanté. Oubliez le roi, c'est chaque pièce adverse qu'il faut éliminer, armé de plus de 150 "Gambits" capables de tordre les règles dans tous les sens, sur un plateau truffé de cases piégées. Deckbuilder dans l'âme, échecs dans les os, on a voulu savoir si la greffe prenait vraiment.
Le principe

Une run complète se découpe en cinq phases, chacune composée de cinq parties. Entre chaque affrontement, une boutique vous accueille pour dépenser l'or accumulé en nouvelles pièces, Gambits supplémentaires, augmentation du nombre de pièces sur l'échiquier, ou en participation à l'un des trois mini-jeux disponibles : une roue pour des pièces, un gashapon pour des Gambits, ou un pachinko pour des cases pièges à placer sur l'échiquier. De plus, vous avez une réserve, un élément stratégique à part entière : elle vous permet de stocker des pièces hors plateau et de les déployer au moment le plus opportun, comme une carte cachée dans la manche.

Attention cependant à ne pas traîner. Si vous passez trop de tours sans capturer, des cases de l'échiquier commencent à s'effondrer dans le vide, vous forçant à rester agressif. À la fin de chaque phase, un boss se dresse face à vous avec une capacité spéciale annoncée à l'avance : bloquer votre réserve, masquer la composition de son armée, infliger des états spéciaux à certaines pièces... Le tout combiné à une pièce immortelle tant qu'elle a des alliées, ce qui transforme chaque confrontation finale en véritable casse-tête sous pression.
L'emballage
Cet échiquier est totalement normal.

Côté sonore, les musiques accompagnent l'action sans chercher à voler la vedette : des compositions entraînantes qui savent se faire discrètes quand la tension monte sur l'échiquier. Le sound design est dans le même esprit : fonctionnel et satisfaisant, avec des petits effets qui rendent chaque capture agréable sans surcharger l'oreille. Gambonanza n'est pas un jeu qui marquera les esprits par ses visuels, mais son emballage fait exactement ce qu'on lui demande : poser une ambiance cohérente au service d'un gameplay agréable.
Pour qui ?
Combat contre le grand maître.

La comparaison avec Balatro s'impose d'elle-même : deux jeux rétro qui prennent un jeu de société classique, le désossent et le reconstruisent en roguelike. Mais là où Balatro pousse à accumuler des scores toujours plus délirants dans une course aux gros chiffres addictive et quasi hypnotique, Gambonanza mise sur une progression plus douce et une réflexion plus posée. Ici, pas question de multiplier les points par mille : c'est votre lecture du plateau qui fait la différence, coup après coup. Les amateurs de Slay the Spire ou de Monster Train, habitués à construire des synergies progressives, devraient se sentir comme à la maison. Et pour les joueurs d'échecs qui redoutent un jeu trop permissif, rassurez-vous : si l'IA pardonne les erreurs grossières, construire une stratégie vraiment efficace demande quand même de la réflexion, juste sans la pression d'un vrai adversaire humain.
L'anecdote
Les dernières traces de la catastrophe.
- Prise en main facile
- Progression douce en début de jeu qui devient peu à peu plus intense et intéressante
- Gambits facilement déblocables en jouant normalement ce qui assure une réalimentation des possibilités constante
- Rejouabilité quasi infinie
- Ambiance graphique et sonore agréable
- IA prévisible au fil du temps, ce qui rend le début de jeu trop facile
- Sensation de stagnation vers le milieu de run due aux économies nécessaires à faire pour la progression
- Des Gambit parfois un peu trop répétitifs ou situationnels
Gambonanza est une belle surprise. Le pari était risqué : marier les échecs, le roguelike et l'esthétique arcade rétro sans que l'ensemble ne parte dans tous les sens. Blukulélé s'en sort avec les honneurs. La prise en main est accessible à tous, et la progression, douce au départ, se densifie naturellement jusqu'à des confrontations de boss qui demandent une vraie réflexion tactique. Les Gambits s'accumulent, les synergies émergent, et la rejouabilité est quasi infinie tant les combinaisons possibles sont nombreuses. Si vous cherchez un roguelike malin, original et facile à prendre en main, que vous soyez joueur d'échecs ou non, Gambonanza mérite clairement votre attention.