Killzone 2 : l'autre Gears of War 2

27 févr. 2009
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4

Dans Killzone 2, l'impression d'être sur un champ de bataille monstrueux procure de vraies poussées d'adrénaline. Quelle satisfaction de galérer avant de réussir, d'arracher la victoire en vidant un chargeur à bout portant ou en calant un bon coup de crosse dans le masque haineux d'un ennemi ! Killzone 2, c'est exactement ça : le goût du risque, le stress de combats particulièrement âpres et la sensation de puissance que ça procure, après un duel héroïque. C'est aussi ces barges volantes qui survolent la zone de combat dans un vrombissement, ou encore ces soldats qui paniquent et hurlent et meurent par bataillons entiers façon Starship Troopers. Doté en plus d'un multijoueur génial, qui permet de jouer avec des bots plutôt bien fichus et de gagner de l'expérience au fur et à mesure des parties, Killzone 2 a vraiment tout compris : rapide (très rapide), intense, brutal et provoquant avec son imagerie vaguement nazie, c'est clairement le meilleur jeu d'action en vue subjective de la PlayStation 3. Sans doute pour longtemps.

Non, il n'y a pas que Gears of War 2 dans la vie. Dans la famille des jeux d'action qui tachent, Killzone 2 se pose là. Gros flingues, gros muscles, action non stop, environnement variés, ambiance du tonnerre et gros mots à faire rougir un camionneur, Killzone 2 donne clairement le ton – le même que celui de son concurrent chez Microsoft. La bonne nouvelle, c'est qu'il tient toutes ses promesses, comme son concurrent direct : Killzone 2 est un "putain de bon jeu", le genre de jeu qui vous scotche à la manette et vous empêche de décrocher. Ce n'est pas seulement une question de réalisation technique, de maniabilité. C'est surtout une leçon de savoir-faire, avec des principes simples et éprouvés mais qui marchent du feu de Dieu. Comme quoi, ce n'est pas la peine de faire du neuf pour faire du hit.

La campagne solo est un peu courte mais vraiment intense. Vous allez en prendre plein la tête !

Bienvenue en enfer

Il y a quelque chose de très guerrier dans Killzone 2. C'est peut-être le design des ennemis, avec leur masque en forme de tête de mort et leurs yeux rouges qui font tout de suite penser aux films Terminator. Ou c'est peut-être ces grands bâtiments aux façades épurées, avec leurs oripeaux agités par le vent ; ces discours haineux crachés par la radio, ces insignes géométriques aux relents nauséeux. Killzone 2 joue à fond la carte de l'imagerie et lorgne du côté du nazisme sans trop y toucher, par allusions discrètes. De quoi mettre mal à l'aise de façon subliminale, les joueurs se rassurant de combattre le Mal en étant du côté des gentils : ceux qui ont une lumière bleue accrochée à leur armure de combat, façon casques bleus. L'honneur est sauf. Mais peu importe, au fond : dès que les balles fusent, l'imagerie et le vague scénario n'ont plus une grande importance. Comme les meilleurs jeux d'Infinity Ward, les développeurs du monstrueux Call of Duty 4, Killzone 2 arrive à faire sentir de façon viscérale la brutalité de la guerre. Une réussite vertigineuse, tout simplement.

Quelques véhicules sont prévus, ainsi qu'un peu de shoot à bord d'une tourelle.

Folie meurtrière

Des explosions qui projettent les corps en l'air. Des hurlements d'agonie. Des gerbes de sang. Un casque ennemi qui s'envole, laissant voir un crâne d'un blanc laiteux bientôt criblé de balles. Un lance-flammes et des soldats brusquement transformés en torches humaines. Des kamikazes armés d'un couteau, qui foncent au corps au corps et tuent au contact, en une seconde. Des blindés qui crachent des salves d'obus, et des roquettes qui font exploser les murs. La bataille de l'Académie, aux doux relents de Reichstag, est à ce titre complètement dingue : les murs de béton s'effritent sous les impacts, comme dans le film Matrix. Sans parler des sacs de sable à l'extérieur que quelques grenades bien placées ont tôt fait de ventiler. L'impression de s'en prendre plein la gueule est incroyable ; la sensation de danger permanent aussi. Quelques grands moments, une lutte à mort en haut d'un escalier, un immeuble gagné par les flammes mais d'où les ennemis continuent de tirer avant de cramer vifs, le plastiquage d'un bâtiment dont il faut s'enfuir avant de tout faire péter, un duel homérique contre un robot volant surarmé au sommet d'un toit... Killzone 2 regorge de ces passages grandioses dont on sort avec les mains moites et le cœur qui bat. C'est énorme, enivrant, incroyable.

Pas de coopération en multijoueur, c'est un peu dommage.

Vertigineux, et frustrant

Bien sûr, Killzone 2 n'est pas parfait. Mais au fond, peu importe. Peu importe que les textures ne soient pas au niveau de ce que crache la Xbox 360 avec Gears of War 2, toujours lui. Peu importe aussi que les armes se résument un peu trop à différents types de mitrailleuses, vu qu'à part le pistolet de base ridicule il est impossible de porter plus d'une arme à la fois ! Autant dire que vous abandonnez vite le fusil à pompe, le lance-flamme, le fusil de sniper ou le lance-roquettes. Dommage aussi que l'intelligence artificielle se la joue à l'ancienne : avec des ennemis qui cherchent une planque et n'en bougent plus, sortant la tête de temps en temps à intervalle tristement régulier... Dommage enfin que Killzone 2 ait cédé à la facilité en plaçant des zones de respawn, des zones d'où les ennemis surgissent inlassablement jusqu'à ce que le joueur se soit approché assez près. Ce sont les snipers en herbe qui vont râler : dans Killzone 2, les campeurs vont hurler, c'est clair. Il faut prendre des risques, avancer, avaler du plomb, pester contre ses coéquipiers qui ont un balai dans le fondement et finir parfois dans une mare de sang avant d'espérer conquérir, enfin, un bastion ennemi trop bien défendu.

Vous avez besoin de vos potes pour escalader certaines parois. L'IA se débrouille plutôt bien.

La nouvelle référence

Mais impossible de se plaindre : au moins, le rythme est constant. Vu la vitesse hallucinante du jeu, avec des déplacements de lapin sous amphétamine, des fusillades en accéléré et des temps de chargements très courts n'interrompant jamais l'action, il faut s'accrocher à la manette pour ne serait-ce que comprendre ce qui se passe. Une formation de téléspectateur MTV peut aider, au moins. Mais une fois que vous y avez goûté, impossible de revenir en arrière : Gears of War 2 donne l'impression de jouer avec des héros paraplégiques, en comparaison. C'est un peu le problème avec Killzone 2 : il place la barre haut, très haut. Si vous aviez acheté son prédécesseur Resistance 2, un conseil : c'est le moment de le revendre !
Les Plus
  • Ambiance extraordinaire
  • Le rythme constant
  • Réalisation impressionnante
Les Moins
  • Un peu court en solo
  • Pas de coopératif