The Last Remnant : Square-Enix ose le changement

08 févr. 2009
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The Last Remnant était attendu par beaucoup de joueurs et le résultat est là. Hormis les dix premières heures, Square-Enix livre ici un excellent RPG. Il est compréhensible que certains d’entre vous ne pardonnent pas cette entame catastrophique mais pourtant, c’est risquer de passer à coté d’un très bon jeu de rôle. Les développeurs nippons ont fait ce que beaucoup attendaient : ils ont innové. Doté d’un système de combat original et bien pensé, The Last Remnant vaut rien que pour lui d’être essayé. S’il peut paraitre déroutant au début, une fois les notions du système bien assimilées, il devient purement jouissif. Il en est de même pour le scénario qui après une période de doute, offre une histoire brillante et savamment menée. Il est clair que The Last Remnant ne laisse pas indifférent et que pour certains fans du genre, il est déjà devenu un jeu culte. Si les quelques problèmes cités plus haut sont réglés dans les versions PC et PS3, il ne fait aucun doute qu’il obtienne la note maximale et l’attention de beaucoup plus de personnes dans le monde vidéoludique.

Square-Enix est en pleine ébullition sur la console de Microsoft. Alors que leurs jeux tardent sur la console de Sony, les jeux de rôle commencent à s’additionner sur la 360. Après Infinite Undiscovery, c’est au tour de The Last Remnant de débarquer, sur Xbox 360 dans un premier temps puis sur PS3 et PC. Les développeurs nippons opèrent des changements dans les systèmes de combat et d’évolution des combattants. Un pari osé et bienvenu mais qui risque de dérouter plusieurs joueurs et de leur faire décrocher d’un titre pourtant prometteur.

Une attaque par le flanc permet de faire de plus mal et d'éviter des contre-attaques.

Ça commence mal

Tout commence mal dans The Last Remnant. Autant annoncer tout de suite les défauts du jeu car ils sautent aux yeux dès les premières minutes. Tout d’abord, les temps de chargement sont nombreux et d’une longueur affolante. Notons aussi un ralentissement de la vitesse d’affichage lors de certains combats. Heureusement, en installant le jeu sur le disque dur de la console, ces problèmes sont amoindris et The Last Remnant devient jouable sans s’arracher les cheveux de la tête. Ensuite, le début du scénario est plus que bateau et n’augure rien de bon. Pour ne rien arranger, le déroulement de l’histoire et sa mise en scène sont d’une mollesse affligeante. Autant le dire tout de suite : les premières heures de jeu sont plus que laborieuses. Tout commence mal certes mais tout finit plus que bien. Après 8 ou 10 heures de jeu (cela dépend de votre progression), le scénario devient enfin intéressant et il monte même en crescendo offrant des rebondissements inattendus. L’histoire devient même passionnante au point de ne plus vouloir lâcher la manette jusqu’à en avoir vu la fin. Il en va de même pour la réalisation des cinématiques qui s’améliorent au fil du jeu.

En vérifiant l'équipement de vos combattants vous pouvez voir les différentes caractéristiques de ces derniers.

Encore un héros de 17 ans qui va sauver le monde ?

Vous êtes Rush Sykes, jeune homme de 17 ans qui est à la recherche de sa petite sœur, répondant au doux nom d’Irina, qui a été enlevée sous vos yeux. Rush et Irina sont les enfants des très célèbres professeurs Sykes qui travaillent loin de leur petite île dont ils sont originaires. C’est juste après avoir reçu un message de leurs parents, qu’Irina se fait enlever. Rush décide, comme tout bon héros de RPG, de la sauver. Dans sa recherche, il tombe sur le Comte David Nassau et ses généraux livrant bataille. Après avoir appris qui il était et son problème, le jeune Comte décide de lui venir en aide. The Last Remnant fait dans l’ultra classique au départ de son scénario. Après quelques heures de jeu et des recherches ne menant nulle part, l’inquiétude prend le pas. La peur que l’histoire et la réalisation des scènes soient aussi navrantes tout au long du jeu pointe rapidement le bout du nez. Surtout que l’univers de The Last Remnant est riche et captivant. Certains joueurs vont noter quelques ressemblances à celui d’Ivalice tiré de Final Fantasy XII.

Quand vous créez une union, il faut lui donner une formation d'attaque qui peut améliorer ses statistiques.

Un univers riche et bien exploité

Composé de quatre races : mitras (des humains), quisitis (sorte d’homme-lapins), yamas (des homme-poissons) et sovanis (homme-fauves munis de quatre bras), l’univers est complet avec des villes magnifiques, chacune comportant son histoire et son lot de surprise. La diversité des lieux, des villes et la politique qui enveloppe ce monde, tout est exposé et sert enfin une histoire digne de ce nom après une dizaine d’heure de jeu. Mais ce qui pousse à l’intrigue dans The Last Remnant tient évidemment dans les rémanences. Ce sont des artéfacts dont nul ne connait réellement l’origine (au début de l’aventure en tout cas), ils peuvent être minuscules ou gigantesques. Une personne peut se lier avec une rémanence pour faire le bien comme le mal. Évidemment toutes les grandes villes possèdent la leur et grâce à ces dernières elles prospèrent. Au fil du jeu, Rush et ses compagnons en apprennent évidemment plus sur les rémanences et leur origine. Une fois lancé, le scénario est comme une boule de neige dévalant une pente raide : il prend de l’ampleur et captive au plus haut point jusqu’à prendre une place prépondérante dans la qualité de The Last Remnant. La réalisation des scènes s’améliorent aussi, sans pour autant rester dans les annales.

Certaines magies permettent de toucher tous les membres de l'union adverses, pratique pour en finir vite.

Des faux airs de Final Fantasy XII

Mais ce qui différencie The Last Remnant aux autres jeux de rôle sont ses combats et l’évolution des personnages. Les monstres sont visibles à l’écran et peuvent être évités pour certains d’entre eux. Au dessus de ces derniers apparait une bulle vous informant s’ils vont vous attaquer, fuir ou ne rien faire. Pour engager un combat vous devez être assez près et utiliser la touche RT. Une onde apparait alors et dès qu’elle touche l’ennemi, le combat commence. Dans The Last Remnant plus vous affrontez d’ennemis et plus vos gains sont importants, c’est pourquoi il est fortement intéressant d’attirer plusieurs ennemis afin de les affronter en même temps. Il faut bien sur ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre pour ne pas voir son équipe tomber au combat. Pour attirer vos adversaires sans se faire surprendre ou pour les fuir, Rush peut utiliser la dyschronie. Vous pouvez, pendant un cours instant ralentir le temps. Tous les ennemis tués dans une zone sont comptabilisés (un compteur de Kyrielles apparait alors), mais attention, si vous sortez de la zone ou si un ennemi vous attaque avant vous, votre compteur retombe à zéro. Plus vous en tuez et plus vos butins augmentent ainsi que les chances d’en obtenir de rares. Les monstres ne vous laissent pas d’argent mais des parties de leurs corps. Il faut les revendre pour obtenir de l’argent, ou les conserver afin d’améliorer les armes de Rush.

Voici une attaque critique réussie, une appréciation est donnée pour dire si votre timing a été bon ou non.

∑(Unités) = Union

Les combats en eux-mêmes sont la grosse innovation opérée par Square-Enix. Mélange entre combat tour par tour classique et jeu de stratégie, The Last Remnant offre à chaque affrontement des combats épiques. S’ils peuvent paraitre brouillon au début, après quelques temps apparait le coté stratégique et ils peuvent être réellement jouissifs. Il est cependant nécessaire de se pencher sur leur fonctionnement pour en comprendre toutes les subtilités. Chaque combattant dans un combat porte le nom d’unité. Ces unités sont organisées en groupes : les unions. Vous commandez des unions alliées lors d’attaques à grande échelle. Ce qui prime, ce ne sont pas les combattants mais les unions dans lesquels ils se trouvent. Il n’est pas nécessaire de tuer toutes les unités composant une union pour détruire cette dernière. Car les unions sont considérées comme un seul combattant dans les combats. Une union peut être composée au maximum de cinq unités. Ses points de vie (PV) sont égaux à la somme de ceux de chaque combattant. Ainsi une union composée de 5 unités ayant chacune 200 points de vie, se retrouve avec 1000 PV. Si un ennemi inflige plus de 1000 dégâts à une des unités c’est toute l’union qui disparait. De même, si un monstre inflige 250 dégâts à une unité, cette dernière est KO mais l’union elle survie avec 750 PV et un attaquant en moins.

Le Comte David Nassau possède le Gae Bolg : une rémanence en forme d'arme à feu très destructrice.

Le général sur le champ de bataille, c’est vous

Lors d’un affrontement dans le coin supérieur droit de l’écran, une carte de navigation de combat indique la position de toutes les unions engagées. En lieu et place des traditionnelles actions possibles (dans le genre : attaque, magie, objet etc.) vous trouvez des ordres de combats comme on peut en entendre sur un champ de bataille. Ces ordres ne sont pas forcément les mêmes à chaque tour ou à chaque combat. Ils dépendent de conditions comme la position et la composition des unions alliées et ennemies. Il faut prendre ces considérations en compte pour donner les ordres de combat adéquats. Vous unités récupèrent après chaque combat ce qui permet de les enchainer. Les actions que vous donnez ne sont donc pas aléatoires et à chaque ordre proposé vous avez la possibilité de voir ce que va réaliser chaque membre de l’union. Ainsi, si dans le choix proposé vous trouvez une attaque avec des techniques de combat cela ne veut pas dire pour autant que chaque membre de l’union va utiliser une technique. Cela dépend des points d’action (PA) disponibles pour l’union à ce moment précis.

A droite est visible le menu des commandes avec les ordres et leur coût en PA. En appuyant sur X vous voyez ce que font les entités pour chaque ordre.

Gère tes points d’action et des techniques tu feras à foison

Pour les points d’action (permettant d’utiliser les techniques des unités) c’est à peu de chose près la même chose que pour les points de vie. Le maximum de PA qu’une union peut avoir est égal à la somme de ceux de chaque combattant en faisant partie. Mais lors d’une bataille, vos unions ne commencent jamais avec le maximum de PA. Chaque personnage possède en plus dans ses statistiques un bonus de points d’action. L’union commence avec la somme de ces bonus. A chaque fin de tour, son bonus s’ajoute au PA de l’union. Plus les tours avancent et plus vos unions récupèrent des points d’action et peut réaliser des techniques. Ainsi lors de premier tour seul un ou deux combattants peuvent utiliser une technique, les autres ne faisant qu’attaquer (et donc engrangent des PA). En revanche après plusieurs tours un ordre comme "Donnez le maximum" vous donne la possibilité de faire une technique avec chaque membre de l’union. De plus, au vue du nombre de techniques que peuvent posséder les combattants, le même ordre peut apparaitre plusieurs fois dans le menu. La différence étant l’utilisation d’une technique différente pour un personnage ou l’emploi d’une technique d’un autre combattant.

Un petit tour chez les forgerons s'impose si vous voulez améliorer vos armes ou en créer de nouvelles.

Attaquer l’ennemi c’est bon pour le moral

Et ce n’est pas tout. Pendant les combats de The Last Remnant vous pouvez apercevoir une jauge en haut de l’écran. Elle représente le moral de vos troupes et celles de vos ennemis qui s’affrontent. Plus vous prenez le dessus, plus votre moral empiète sur celui de l’ennemi, et inversement quand ce dernier attaque. Plus vos troupes ont le moral et plus elles frappent fort et encaissent bien, et inversement si c’est l’adversaire qui domine. Un bon moyen d’occasionner plus de dégâts et de faire chuter le moral ennemi est de prendre ses unions par le flanc. En visualisant la carte de navigation de combat, c’est à vous d’anticiper les déplacements et attaques ennemis pour éviter de vous faire surprendre par les cotés. Avec un peu de logique, vous trouvez comment piéger les unions adverses afin de les attaquer vous-même par les flancs. Les développeurs ont aussi incorporé un système qui met tout vos sens en alerte lors des batailles afin de ne pas être qu’un simple spectateur une fois les ordres donnés. Vos unités peuvent saisir une "occasion rêvée". Cela correspond aux attaques critiques bien connues par les fans du genre.

Voilà ce qui arrive quand vous engagez un combat avec plusieurs ennemis. Le désavantage numérique mais des gains plus importants.

L’occasion rêvée de faire des critiques

Lors d’une de ces occasions vous devez appuyer rapidement sur une touche donnée. Si le timing est bon vous déclenchez une phase critique. La bonne idée est qu’elle peut se dérouler en attaque comme en défense. En attaque, si une unité réussie son critique, la prochaine unité alliée agit plus vite et a elle aussi l'opportunité de faire son critique. Toute l’union peut ainsi, si vous réussissez les manipulations, faire un critique. Une défense critique peut se manifester de plusieurs manières. Votre unité peut juste éviter le coup, l’éviter et contre attaquer et dans le meilleur des cas votre union renverse la situation et attaque à la place de l’ennemi. Autre bon point : l’intelligence artificielle est de très bonne facture. Ainsi pendant une attaque vos unités peuvent réévaluer la situation et modifier leurs actions, il en est de même pour les ennemis. En prenant l’exemple d’un combat dans lequel vous avez deux unions. Une d’elle est morte, et une des unités de votre autre union à une technique pour la ressusciter (l’ordre de résurrection apparait automatiquement à votre tour). L’union restante est composée de 4 combattants, l’ordre vous montre que l’un d’eux utilise sa technique et les autres attendent sans rien faire. Dès que l’ordre est lancé, la première unité lance sa technique et l’union tombée revient avec peu de PV. Vos autres unités réévaluent la situation : l’une d’elle redonne des points de vie à l’union fraichement revenue, pendant qu’une autre redonne des points de vie à sa propre union. The Last Remnant comporte donc un des systèmes de combats des plus innovants et aboutis.

Voici Joe La Fouille, sorte de lutin qui va chercher pour vous des matières premières pour améliorer vos armes.

Les différents arts du combat

L’autre innovation, par rapport aux différents jeux du genre, est l’évolution de vos combattants. Le système choisi n’est pas révolutionnaire puisqu’il existe déjà. Mais dans The Last Remnant vous ne trouvez pas de barre d’expériences accessible et visible dans un menu. Les caractéristiques et attributs de vos personnages augmentent au fil des combats selon ce qu’ils ont réalisés. Il en va de même pour les techniques, plus vous les utilisez, plus vous avez de chance qu’elles progressent. Les techniques sont appelées arts. Il en existe plusieurs comme l’art du combat, l’art mystique (magie), l’art des objets etc. Chaque art est divisé en sous catégories. Ainsi l’art du combat comporte, entre autres, l’art d’utiliser une arme à une main, une arme à deux mains, deux armes dans chaque main, etc. Autre exemple l’art d’utiliser les objets se divise selon le type d’objet : herbes, potions, lotions, explosifs... Et c’est dans ces sous catégories que vous trouvez finalement les techniques elles mêmes. Chaque technique évolue au fil des combats et elles peuvent même se modifier selon certains critères.

Ce n'est pas une invocation ou un monstre attaquant cette cité, cette chose gigantesque est la rémanence attitrée de la ville.

Un nombre de techniques fort impressionnant

La modification d’une technique est souvent due aux caractéristiques du personnage qui l’utilise. Comme la plupart des compétences, la technique "Brise rotule" classée dans l’art du combat unimanu (combat avec une arme tenue à une main) peut prendre différents aspects. Si le combattant est plus rapide elle se change en "Entorseur", au contraire si c’est la force qui prime elle devient "Broie genou". Sachant que vos unités peuvent apprendre des techniques spéciales selon l’arme qu’ils utilisent ou selon leur race, The Last Remnant se retrouve avec un éventail de compétences plus qu’impressionnant. En sortant d’une zone, vos alliés peuvent vous demander conseil sur l’évolution de leurs compétences. C’est à vous de choisir s’ils doivent apprendre plus de techniques dans un art ou un autre. Ils peuvent aussi vous demander des butins récupérés sur un ennemi pour améliorer leurs armes. Vous ne pouvez modifier ou créer des armes que pour Rush, vos autres unités gèrent leurs armes seules (ce qui épargne votre porte monnaie devant un forgeron). Pour vous aider à récolter les butins vous avez Joe, sorte de lutin, qui peut creuser dans des endroits stratégiques à la recherche d’ingrédients indispensables pour Rush ou un de ses compagnons.

Le jeu possède quelques cinématiques de fort bonne facture même si Square-Enix a déjà montré mieux.

Une réalisation qui ne fait pas défaut à tout point de vue

Graphiquement parlant The Last Remnant s’en sort plutôt bien, même si le jeu ne révèle son vrai potentiel que sur un écran haute définition. L’ambiance du jeu est enchanteresse grâce notamment aux musiques de Tsuyoshi Sekito, déjà compositeur de titres pour Romancing Saga, Dawn of Mana (tous deux disponibles qu’en import) ou encore Final Fantasy VII : Advent Children. La réalisation n’est donc pas des plus réussie avec des temps de chargement longuets et une baisse de la vitesse d’affichage lors de combats chargés en personnages. Mais encore une fois, la possibilité d’installer The Last Remnant sur le disque dur améliore la qualité de jeu. La durée de vie est plus que conséquente avec une soixantaine d’heure pour finir le scénario sans compter les quêtes annexes qui foisonnent. Les personnages ont pour la plupart bénéficiés d’un travail remarquable et ils sont tous attachants. La possibilité de recruter d’autres unités dans les villes vous permettent d’en découvrir de nouveaux et par la même occasion de débloquer d’autres quêtes subsidiaires.
Les Plus
  • Le système de combat original
  • L’évolution des combattants ainsi que leurs techniques
  • Le scénario, une fois l’orage des premières heures passés
  • Les personnages attachants et bien réalisés
  • L’univers du jeu dont la magie se ressent à chaque instant
Les Moins
  • Les temps de chargement longuets
  • La baisse, lors de certains combats, de la vitesse d’affichage
  • La dizaine d’heure de jeu, lors de l’entame du titre, qui semble bâclée