Devil May Cry 4 prend la pose sur PS3

16 mars 2008
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Capcom
  • Développeur Capcom
  • Sortie initiale 8 février 2008
  • Genres Action, Aventure

Nerveux. Brutal. Décontracté. Décomplexé. Le dernier né de Capcom est un vrai régal, un pur bonheur, qui va vous faire plonger tête baissée dans un univers fantasmagorique à la beauté envoûtante, au rythme endiablé. Laissez-vous emporter par ce tourbillon, laissez-vous submerger par ce désir de puissance et cette soif de reconnaissance que Capcom sait si bien susciter dans le cœur de tout vrai joueur : vous ne le regretterez pas ! Le seul regret que vous aurez, c'est cette impression un peu triste d'avoir fini le jeu trop vite...

Qu'est-ce qui fait une bonne parodie ? Sans doute le plaisir de voir des situations absurdes traitées avec le plus grand sérieux. C'est la recette de Devil May Cry 4, un jeu éblouissant qui vous propulse sur le devant de la scène. Baroque, endiablé, poseur, frimeur, exubérant, ce titre est certainement le jeu d'action le plus délirant à avoir vu le jour sur PlayStation 3. Un vrai bonheur qui fait l'effet d'une baffe, à condition de se laisser emporter par sa sarabande musclée.

Les boss ne sont là que pour mettre en valeur vos pouvoirs surhumains.

La classe internationale

Dès l'introduction en images de synthèses, le ton est donné. Devil May Cry 4 fait dans la démesure et c'est un régal. Le nouveau héros, Nero, défie les lois de la pesanteur en exterminant une légion de monstres, esquivant leurs attaques pataudes avec aisance et décontraction. Le tout sur une musique orchestrale complètement décalée. C'est ça, la grande force de ce jeu excessif à tous points de vue : miser à fond sur l'excès pour mieux faire ressortir les codes d'un genre surexploité. Vous rêvez d'incarner un héros, un vrai ? De botter le derrière de monstres gigantesques avec panache ? De sortir toujours victorieux des pires situations ? C'est ce que Devil May Cry 4 vous propose de façon presque parodique, tellement les effets de manche sont grandioses.

Nero remplace Dante, que vous pouvez tout de même incarner en finissant le jeu.

Un boss ? Où ça ?

Un exemple tout bête de cette démesure : le premier boss. Cette espèce de centaure monstrueux aussi haut qu'un gratte-ciel et aussi menaçant qu'un porte-avion est superbement ignoré par Nero, la première fois que notre super héros le croise : Nero se contente de passer à côté de lui sans broncher, comme si le monstre n'existait pas... Hallucinant. L'espace d'un instant, vous vous demander si vous allez vraiment affronter le boss... ou pas ! La caricature va plus loin quand le beau justicier s'empresse de secourir un enfant en larmes et une demoiselle en détresse des griffes d'un monstre, au ralenti bien sûr. C'est grotesque. Risible. Mais ça marche. En quelques minutes, impossible de considérer ce bellâtre d'un œil morne, comme si cet amas de pixels n'avait aucun charme. Au contraire. L'identification joue à fond, le désir de puissance rend tout de suite accroc ; et c'est là que Capcom, passé maître dans les jeux nerveux et brutaux, vous offre un petit bijou de gameplay.

Achetez de nouveaux coups pour finir les niveaux plus vite et avec plus de classe.

Le score : une idée de génie

Traverser un niveau de Devil May Cry 4 ne vous prendra que quelques minutes. C'est presque déconcertant : cette impression de souplesse, d'aisance, de facilité à braver tous les dangers, calmement, rapidement, cette sensation indicible de dominer chaque problème, d'être incroyablement supérieur à chaque difficulté malgré le nombre ahurissant d'ennemis, rend le jeu presque... facile. En tout cas, la progression est hyper rapide, le rythme vraiment nerveux. Le secret ? Les enchaînements, le temps mis à parcourir un niveau et l'énergie restante à la fin déterminent une note finale, conditionnant dans l'esprit des joueurs une certaine façon de jouer, en utilisant à fond les mécaniques du jeu : il faut avancer vite, très vite. Ne pas perdre de temps. Enchaîner les ennemis. Et surtout : enchaîner un même ennemi en le bourrant de coups, sans le laisser souffler. Comme dans un bon jeu de combat. La particularité de Nero, cette main démoniaque capable de saisir les ennemis et de les projeter au sol, est à ce titre indispensable. Comme l'épée, dont les combos s'avèrent aussi rapides que dévastateurs. Seuls les flingues sont un peu faiblards, mais le jeu réserve avec les armes à feu quelques belles surprises.

Attendez-vous à quelques surprises au fil du jeu !

L'effet de manque

Après, évidemment, outre la sensation de puissance et la satisfaction de la performance pure, de l'évaluation de vos capacités de joueur, vient la récompense. L'upgrade : avec les points récoltés vous achètez de nouvelles attaques, vous améliorez les compétences de Nero... Bref, vous obtenez la possibilité technique de faire encore mieux. Devil May Cry 4 n'est pas seulement beau, esthétique, nerveux, décontracté : ce jeu est aussi malin comme un singe. Il s'appuie sur l'incroyable savoir-faire de Capcom en utilisant des mécanismes éprouvés (le désir de puissance, l'envie de dominer, le besoin de reconnaissance). Le tout avec un panache exagéré mais à la folie contagieuse, qui court-circuite toute réflexion, tout recul. Afin de ne laisser que du plaisir, un bonheur vertigineux et fatalement addictif. La durée de vie faiblarde, à peine compensée par la possibilité de refaire le jeu en sens inverse avec le héros traditionnel de la série, Dante, ne compense que partiellement cette soif à peine épanchée, une fois le jeu fini. C'est la terrible contrepartie de la meilleure des addictions : l'effet de manque. Mais pour peu que vous aimiez les jeux d'action, impossible de passer à côté de bijou d'orfèvrerie.
Les Plus
  • Réalisation superbe
  • Classe et décontraction
  • La course au score et au style
Les Moins
  • Quelques problèmes de caméra
  • Un peu court