Mass Effect : un peu plus près des étoiles

17 janv. 2008
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Microsoft
  • Développeur Bioware
  • Sortie initiale 23 novembre 2007
  • Genre Rôle

Mass Effect constitue un argument que Microsoft met déjà en tête de proue pour la promotion de la Xbox 360. Et pour cause, sur tous les points Mass Effect subjugue : doté d'un univers profond et intelligent, ce jeu de rôle vous garantit de nombreuses heures d'exploration et d'aventures virtuelles. La finesse des dialogues et les possibilités qui vous sont offertes rendent chaque nouvelle partie différente. Si vous arrivez à fermer les yeux sur les inévitables lacunes techniques, vous n'avez plus aucune excuse pour vous y plonger. Bioware connait la chanson et propose encore une fois une réalisation de haute volée, pour votre plus grand bonheur.

Dans la guerre larvée pour les consoles de nouvelle génération, chaque exclusivité compte. Et dans ce domaine, Microsoft peut toujours compter sur le studio Bioware, expert dans la création de jeux de rôle. Nouvelle technologie et nouvel univers, rien ne fait peur aux développeurs Canadiens qui une fois de plus font mouche avec Mass Effect.

Les six classes disponibles assurent une grande variété de styles de jeu.

L’espace, l’ultime frontière

Rangez les sabres lasers et les X-Wings, cette fois-ci les développeurs ont orchestré leur propre univers de science-fiction. En 2200, les voyages spatiaux sont monnaie courante et les êtres humains établissent des colonies un peu partout autour de la Voie Lactée. Ces merveilleuses avancées sont possibles grâce à une découverte unique au cœur de Mars : la technologie des relais cosmodésiques produisant la réaction nommée "Mass Effect". A l'aide d'immenses portes, les vaisseaux peuvent se retrouver à l'autre bout de l'univers en une poignée de secondes. Entre temps, l'Humanité a établi le contact avec différentes races extraterrestres, plus ou moins belliqueuses. La majorité d'entre elles s'est regroupée sous l'égide d'un conseil galactique, dirigée par les trois races les plus puissantes de l'univers. Et vous dans tout ça ? Vous incarnez le Commandant Shepard, officier du vaisseau le plus avancé de la flotte terrienne : L'USS Normandy. Vos états de service sont tellement exceptionnels que vous êtes en passe de devenir le premier humain au sein des Spectres, une police secrète répondant directement au conseil galactique. Mais comme la vie de héros ne se déroule jamais sans complications, la mission de routine qui vous est attribuée tourne vite à la catastrophe et votre objectif à court terme devient très vite la sauvegarde de l'univers. La routine quoi.

La superbe citadelle, point de transit entre vos aventures spatiales.

Douzième planète après le soleil

Même si le scénario s'avère d'une mouture assez classique, réduire le travail de Bioware à sa simplicité trompeuse serait dommage. Tout d'abord, l'univers décrit au travers de Mass Effect est d'une richesse et d'une cohésion sans pareil. La première rencontre avec les extraterrestres dans le jeu impressionne fortement. D'abord par leur apparence singulière, renforcée par la force du moteur graphique, mais aussi pas le soin apporté à leur culture propre et à leurs spécificités physiques. Certains se baladent dans des combinaisons et discutent à travers un masque filtrant, tandis que d'autres ne parlent jamais à la première personne pour ne pas être impolis. Les auteurs se sont vraisemblablement inspirés de la série Babylon 5 pour l'approfondissement apportés aux xenomorphes habitant l'univers du jeu. Les doubleurs ont d'ailleurs fait un excellent travail pour rendre leur particularité à chaque race. L'intégralité des données techniques et usuelles est regroupée dans un codex accessible à tout moment. Ce dernier, très vaste, s'enrichit à chaque découverte au cours de la partie et renouvèle en permanence la consistance de l'arrière-plan sous sa forme d'encyclopédie. Les lieux visités ne sont hélas pas aussi intéressants, mise à part quelques points clés de l'histoire, tels que la Citadelle, magnifique capitale des races concillienes, la majorité des planètes visités se résument à des surfaces désertiques inhospitalières.

Wrex comme Minsc ou Hk-47 risque fort de rentrer dans la légende des PNJ Bioware.

Les boules de feu, c’est démodé

Comme dans tout bon jeu de rôle, la partie débute par la création de votre avatar. Après avoir choisi votre sexe, votre nom et votre apparence, parmi un choix assez large, vous devez définir les éléments qui influeront réellement sur la partie. Tout d'abord, votre origine et vos antécédents modifient quelques réactions et certaines quêtes au cours du jeu. Ainsi, si vous incarnez un orphelin ayant grandi dans les quartiers mal-famés terriens, un des anciens membres de votre gang pourrait venir vous demander un coup de main. Sympathique au demeurant, ces options n'apportent pas de véritable changement lors de votre partie. C'est avant tout la classe que vous choisirez qui modifiera votre style de jeu. Six classes s'offrent à vous : Soldat, technicien, biotique, franc-tireur, sentinelle et truc. Les trois premières s'apparentant aux classiques guerriers, magiciens et voleurs adaptés à la sauce science-fiction, les autres étant des mélanges des premières. Les soldats sont très costauds et manient tous types d'armes, les techniciens peuvent pirater les portes et possèdent de puissants boucliers tandis que les biotiques peuvent faire léviter les ennemis ou créer des champs de forces. Au fur et à mesure de votre progression, vous gagnez des niveaux qui vous donnent des points à répartir entre vos talents. Les talents vous permettent d'améliorer vos prouesses, de débloquer des nouvelles aptitudes ou d'acquérir des pouvoirs. Ce système s'avère bien conçu et permet une progression aisée et plutôt rapide.

Les Geth sont les créatures que vous affrontez le plus souvent.

Réglez les phasers sur puissance maximale

Pari très ambitieux de la part de Bioware : troquer les éternels combats en tour par tour par un système dynamique et sans temps mort. En effet, plus question de cliquer sur l'adversaire et de regarder le combat se dérouler sous vos yeux. L'action s'effectue ici à la troisième personne et se rapproche du principe de "cache-cache" instauré par Gears of War. Pour éviter de vous faire toucher par l'ennemi, vous devez vous planquer derrière un obstacle et réussir à déloger l'ennemi de sa position. Les affrontements se déroulent uniquement avec des armes à distance à l'exception de quelques coups de crosse et de la présence de grenades. La protection des personnages se découpent en deux unités : votre barre de vie elle-même et des boucliers énergétiques servant d'armure. Les morts prématurées pour les deux partis sont légion puisque certaines armes peuvent contourner les boucliers et les pouvoirs biotiques sont souvent imparables. Toutefois, un gros point noir subsiste au niveau de la gestion même des combats. En effet, l'utilisation des pouvoirs et le changement d'armes se fait par l'intermédiaire d'un sous-menu particulièrement difficile à employer. Etant donné que vos coéquipiers ne sont pas sous votre contrôle direct, leur demander de faire d'utiliser une arme ou un pouvoir spécifique relève de la gageure tant l'utilisation du stick analogique dans un menu circulaire s'avère catastrophique. Heureusement pour Shepard, vous disposez d'un raccourci permettant de déclencher un pouvoir pré-sélectionné.

Lors de vos missions, deux compagnons peuvent vous prêter main forte.

Dans la peau de John Shepard

Les dialogues savoureux sont habituellement la marque de fabrique du studio Bioware. Mais avec Mass Effect, un cap vient d'être franchi dans l'écriture et la conception des dialogues. Lors d'une conversation, vos choix de réponses s'affichent avant même que votre interlocuteur n'ai terminé sa phrase. Encore plus avisé, les réponses qui vous sont proposées ne sont pas les habituelles répliques que Shepard va sortir mais ses pensées. Le dynamisme accentué des conversations et le facteur de découverte sont indéniablement des atouts de Mass Effect. La qualité de l'écriture est une fois de plus au rendez-vous. Instauré depuis la série desKnights of the Old Republic, la présence d'un compteur moral est toujours d'actualité. Mais ici, pas question de s'arrêter sur le manichéisme simplet de Star Wars, les choix sont ambigus et aucune pouvoir cosmique ne vous est décerné. La conciliation incarne l'attention que vous portez à votre prochain et la recherche d'une solution pacifique, tandis que le pragmatisme vous encourage à trouver la solution la plus radicale à tous vos problème. Le basculement vers l'un ou vers l'autre ouvre de nouvelles options de dialogue. D'ailleurs, les situations impliquant un choix, même si pour la plupart le résultat sera le même, peuvent aboutir sur des retournements cocasses ou au contraire explosifs. Ainsi, frapper une journaliste trop curieuse ou abattre froidement un civil ne sont que quelques exemples de conséquences possibles. A noter aussi que vos coéquipiers n'ont pas non plus leur langue dans la poche.

Poursuivre cet extraterestre constitue le fil rouge de Mass Effect.

Les plus courtes sont les meilleures

Jusqu'ici Mass Effect pourrait être le nouveau messie du jeu de rôle, mais hélas deux gros trous noirs obscurcissent la majesté de cet univers. Du fait des limitations propres à la Xbox 360, à savoir la présence d'un disque dur en option, des problèmes techniques apparaissent très vite. Quelques fois, le taux de rafraichissement baisse de manière alarmante mais c'est surtout "l'apparition" tardive des textures qui peut choquer. Même si le rendu final est superbe, les textures n'apparaissent sur les personnages que trois ou quatre secondes après les chargements. De plus, pour masquer les chargements outranciers, les différentes zones de jeu sont chargés pendant des zones de transition durant la partie sous forme d'ascenseurs. Oui, dans le futur, les ascenseurs sont encore plus lents qu'à l'heure actuelle et ces passages sont obligés pour se balader dans la gigantesque Citadelle, cœur du jeu. Mais la qualité intrinsèque de Mass Effect n'est jamais à remettre en question. La musique est orchestrée par Richard Jacques (Headhunter, Jet Set Radio). Cette dernière est à des lieux du lyrisme des productions précédentes et apporte une touche Vangelis qui rend cet univers de Space Opera très intimiste. Petit reproche : si les quêtes secondaires sont légion, la quête principale n'est pas bien longue et une petite quinzaine d'heures suffit pour afficher le générique. Par contre, la rejouablilité du jeu demeure exceptionnelle grâce aux choix proposés, aux différents styles de jeu et grâce à la possibilité de débloquer de nouveaux modes de difficulté. D'ailleurs, comme dans Baldur's Gate, une fois le jeu fini, vous pourrez recommencer avec votre ancien personnage.
Les Plus
  • La cohérence de l'univers
  • Le génie des dialogues
  • Les combats péchus
  • Une mise en scène d'enfer
  • L'envie de tout recommencer
Les Moins
  • Les ascenceurs de l'enfer
  • Un peu court tout de même