Loki ou le crépuscule des dieux

01 août 2007
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Comme vous pouviez vous y attendre, Loki n’est pas le messie tant espéré capable de ravir le trône de Diablo II. Toutefois, il constitue une bonne alternative à Silverfall ou à Titan Quest. En effet, malgré quelques problèmes de finition et des désagréments en multijoueur, Loki vous donne accès à un univers plutôt agréable à l’œil avec une identité propre. A l’instar de la série des Cycling Manager, il est fortement conseillé de se procurer les derniers patchs pour que l’expérience de jeu soit la plus agréable possible. C’est triste à dire, mais leur ajout corrige réellement les mécanismes essentiels comme la progression du personnage notamment. Et même si les corrections sont bien là, difficile de gommer cette première impression de titre trop tôt sorti du four.

Cela va faire maintenant prêt de huit ans que les aficionados du hack & slash attendent fébrilement la sortie d’un titre pouvant dépasser l’incroyable Diablo II. A défaut d'espérer un troisième épisode, d’autres développeurs se sont mis en tête de s’initier au genre. Six mois après Monte Cristo, c’est au tour de Cyanide de proposer sa propre version du massacre pour tous avec Loki. Hélas, ce coup d’essai ne parvient pas au stade du coup de maître.

Les boss possèdent des allures de titans.

Rage against the (Deux ex) machina

Le scénario de Loki s’imprègne d’un contexte à la fois bien connu et apprécié : la mythologie. Mélangeant comme Age of Mythology plusieurs croyances (grecque, scandinave, égyptienne et aztèque) ancestrales, Loki propose une intrigue axée autour des alliances et des trahisons entre les différents dieux. Le départ de votre périple coïncide avec l’apparition d’un funeste présage : la résurrection du dieu Seth. Evidemment, c’est à vous qu’incombe la tâche de le débusquer à travers les différents hauts lieux mythologiques tels que l’arbre monde Yggdrasil, la ville assiégée de Troie ou les tombeaux des pharaons. Pour ce faire, vous avez à votre disposition quatre héros très différents issus des différents endroits du globe : un barbare nordique, un prêtre égyptien, une amazone grecque et une chamane aztèque. Partant pourtant sur des bases éculées, le scénario se révèle plutôt astucieux et vous promet quelques rebondissements. Contrairement à Diablo, votre choix de personnage influe directement sur votre point de départ et sur le déroulement du premier quart du jeu, chacun commençant dans sa région d’origine avec une histoire spécifique. Ainsi, si vous incarnez le prêtre égyptien, votre première tache est de détruire le village natal du barbare. Cet évènement agissant comme l’étincelle lançant la quête de ce dernier. Sans être primordial, ce lien entre les personnages apporte un petit plus agréable à l’ensemble.

Vous auvez souvent l'occasion de discuter avec les dieux eux-mêmes.

Du sang, pas trop de sueur et des larmes

Pour peu que vous soyez un habitué de Diablo ou de World of Warcraft, impossible de s'empêcher de comparer les titres tant la présentation des pouvoirs se ressemblent à première vue. Chaque personnage possède trois branches de pouvoirs représentant chacune sa divinité tutélaire. Par exemple, le prêtre égyptien en vénérant Ra obtient des sorts de feu, tandis que sous les ordres de Seth, il puise dans les sorts d’ombre. Les branches sont équilibrées et s’adaptent à différents styles de jeu. Là où Loki se démarque des canons du genre, c’est par l’obtention de ces derniers. En effet, 25% de votre expérience vous est subtilisé pour alimenter votre jauge de foi et lorsque cette dernière est remplie vous obtenez un nouveau point de pouvoir. Mais votre foi peut aussi être augmentée en sacrifiant des objets magiques à votre dieu au temple local. A tout moment, vous pouvez changer d’allégeance ou redistribuer vos points moyennant une donation pécuniaire. Vous pouvez même devenir athée et ainsi éviter la taxe divine mais ne comptez pas sur de nouveaux pouvoirs. Les bricoleurs plus terre à terre ne sont pas en reste puisque les armes et armures peuvent être recycler et reforger en objets plus puissants. De plus, les habituels "town portals" ne sont plus une contrainte, puisque la téléportation entre les différents lieux dans Loki est gratuite et illimitée.

Les décors sont parfois jolis mais souvent vides.

Le combat des titans

Visuellement, Loki est sans conteste un pari réussi. Alliant un moteur graphique agréable avec une esthétique originale et efficace, Cyanide parvient à créer une nouvelle approche d’un univers pourtant connu de tous. Les monstres, en particulier, disposent d’une touche graphique bien spécifique. Des nains perchés sur des sangliers de combat aux morts errants de long du Styx, vos opposants sont nombreux et variés. A tout seigneur, tout honneur, les boss impressionnent eux aussi par leurs proportions gargantuesques et vous donnent du fil à retordre. En effet, vous mourrez souvent dans Loki, surtout au début. Mais finalement pour un élu la chose semble triviale puisqu’elle n’entraîne aucun malus quel qu’il soit. Les effets magiques sont plutôt soignés et impressionnants, dommage que les décors ne suivent pas toujours. Par moments très jolis, ces derniers ont tendance à être bien vides. De plus, les niveaux étant générés aléatoirement, de nombreux problèmes apparaissent comme des monstres ou des coffres inaccessibles. Dernier point, l’inventaire revient sous sa plus simple expression, une bête liste de noms d’objets avec l’apparence de l’objet apparaissant à la sélection. Hélas, les jolis modèles d’armes et d’armures se chargent lentement et le tout se trouve souvent ralenti.

Sous les pyramides, pas de plage mais quelques donjons.

Du mythe à la réalité

Loki est un jeu très homogène. Fourmillant d’une part de bonnes idées, ses défauts sont de la même trempe : plein de petites choses qui finissent par nuire à l’expérience de jeu. Tout d’abord, pour se régénérer, votre personnage doit arrêter toute action, même se déplacer pendant quelques secondes. Cette condition est assez frustrante et hache le rythme de jeu. Surtout pour un hack & slash, jeu basé essentiellement sur la vitesse et l’enchaînement. Autre point noir : la relative inutilité de l’argent. C’est bien simple, vous n’utilisez quasiment jamais votre pécule. Les objets proposés par les marchands sont extrêmement onéreux et bien moins intéressants que ceux trouvés sur le premier monstre venu. De plus, le système de forge est assez laborieux à prendre en main, coûte très cher et donne finalement des bonus relativement faibles. D’autre part, le multijoueur - atout inestimable de Diablo II - est ici handicapé par le programme spécifique Gamecenter. En effet, ce dernier dispose d’une interface peu ergonomique et n’est pas encore adapté pour certains besoins de jeu. Ainsi, pour créer une partie en LAN, vous devez demander de l’aide sur les - excellents - forums officiels car la fonction n’est pas encore implémentée. Au final, Loki n’est pas encore optimisé et de nombreux bugs parsèment votre progression. Heureusement, les patchs sortent très régulièrement et réduisent ces petits désagréments au fur à mesure.
Les Plus
  • Une identité graphique propre
  • Plein de bonnes idées
  • Un scénario pas si bête
Les Moins
  • Le manque de rythme
  • Une finition perfectible
  • Un multijoueur difficile à configurer