Test | Starfield
15 avr. 2026

Perdu dans l'espace

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Starfield

Après un lancement chaotique sur Xbox et PC en 2023, Starfield débarque sur PS5 avec 3 ans de patchs et de contenus additionnels. Une version "définitive" et immersive qui trébuche encore sur des problèmes remontés par les joueurs depuis 2023... et qui en rajoute d'autres.

L'histoire

La gravité étrange aurait dû vous mettre la puce à l'oreille. Voir des cailloux flotter en l'air n'est jamais très rassurant, surtout quand vos collègues mineurs restent prudemment en arrière. Vous auriez dû regarder le film Prometheus aussi et vous souvenir que lorsqu'un objet est alien, il vaut mieux ne pas le toucher – même avec des gants.

Un trip sous acide plus tard et vous vous réveillez avec un mal de crâne carabiné à l'infirmerie. Une fusillade éclate. Vous gagnez un vaisseau. Participez à un combat spatial. Et en moins d'une heure, vous avez fait le tour de tout ce que Starfield va dérouler par la suite : combats, voyages et dialogues.
Un artefact stellaire vous projette dans une aventure galactique

Le principe

L'outil de création de personnage est ultra complet.

Starfield est incroyablement riche. C'est un jeu d'action-aventure avec une surcouche légère de RPG – un arbre de compétence éclaté, qui vous demande rapidement de faire 30 fois la même action comme crocheter une serrure pour progresser. Après avoir investi un point de compétence durement acquis dedans...

C'est aussi un jeu de combat avec des milliers de pirates de l'espace à exterminer, l'ennemi de base que vous allez rencontrer 99,99 % du temps – contrairement aux Mass Effect, la faune alien est quasiment inexistante. Ou encore un jeu de batailles spatiales qui va vite perdre tout intérêt une fois que vous aurez compris qu'il suffit de baisser votre vitesse de moitié pour faire du tir au pigeon. Un jeu de construction de bases qui réclame un nombre invraisemblable de matériaux et dont l'interface déjà vieillotte en 2023 ne s'est pas améliorée. Et fait pâle figure face à un Satisfactory par exemple. Un jeu d'exploration qui ne récompense pas assez l'analyse des planètes. Bref, un jeu fourre-tout ultra généreux dont chaque aspect est mal calibré, mal équilibré.


Le pire reste les crashs fréquents. Vous êtes en train de courir dans Akila City ou New Atlantis par exemple quand le jeu se bloque brusquement. Il faut revenir au menu de la PS5 et fermer le jeu, puis le relancer. Parfois le jeu crash même sur le menu principal, au moment de charger une sauvegarde...

Il y aussi des quêtes toujours bloquées depuis 2023 malgré les messages Reddit et Discord ("Courants alternatifs" à New Atlantis). Des téléportations qui finissent dans un astéroïde, avec la sauvegarde qui recharge votre crash en boucle à moins de quitter à nouveau le jeu. Voir votre compagnon courir dans un mur à la sortie d'un ascenseur ou un PNJ vous tourner le dos lors d'un dialogue en devient presque anecdotique. C'est d'autant plus triste qu'une partie de ces bugs n'était même pas présente sur Xbox et PC.
La somme de beaucoup de systèmes de jeux mal conçus, mal équilibrés... et buggés

Les nouveautés

Les pirates de l'espace constituent l'essentiel des ennemis du jeu. Leur IA est très moyenne.

Qu'est-ce qui a changé au fond depuis notre test initial ? Deux DLC ont été ajoutés : Shattered Space qui se passe sur Va'Ruun'Kai et prolonge les intrigues de la secte du Grand Serpent. Et Terran Armada, une invasion de robots pour la fin de jeu. Plus du même comme disent les anglais. Quantité de petits ajouts ont aussi amélioré l'expérience de jeu comme le buggy pour aller plus vite sur les planètes – un vrai atout, l'endurance se vidant très vite à pied (surtout quand vous lootez tout ce qui ne bouge plus). Ou encore des cartes pour les villes, pour se repérer et se téléporter facilement.


Sans oublier le mode Croisière qui permet de naviguer "pour de vrai" de planète en planète, au lieu de se téléporter via des menus. Un mode plus immersif mais qui vous oblige à cibler votre destination ; sans quoi l'anomalie ou le vaisseau que vous voyez pourtant en mode Croisière disparaissent dès que vous vous arrêtez à côté, même quand vous avez le nez dessus (500 mètres ou moins). Une bizarrerie sans doute liée au moteur hérité de Skyrim et bricolé sans cesse depuis.
Le buggy est hyper pratique pour explorer les planètes

Pour qui ?

Un mode dédié PS5 Pro avec ou sans VRR permet de doper le frame rate. Superbe et fluide.

Vous aimez Fallout 4 et l'espace... ? Explorer, discuter, combattre... ? Starfield pourrait vous plaire. Les bugs, les crashs, les comportements étranges de PNJ et les quêtes bloquées ne devraient pas trop vous effrayer, ni ruiner l'immersion : le jeu est suffisamment varié pour vous permettre de passer des dizaines d'heures à explorer des planètes, jouer les shérifs ou rejoindre les pirates de la Flotte écarlate.


C'est la meilleure façon de jouer à Starfield : en profitant de la liberté offerte pour faire ce que vous voulez, dès le début. En revanche si vous aimez les jeux bien finis où chaque pan de gameplay a été peaufiné, passez votre chemin : Bethesda n'a pas réussi à corriger les problèmes structurels de son jeu depuis 2023.
Il faut passer outre les nombreux bugs pour apprécier le jeu, comme souvent chez Bethesda

L'anecdote

Les ennemis aliens sont extrêmement rares. Même en sculpture !

Starfield n'est pas dénué d'humour. Comme en 2023, j'ai adoré les rencontres aléatoires qui se produisent quand vous débarquez sur un nouveau système solaire, en orbite d'une nouvelle planète. Comme ces touristes délurés qui demandent si je suis célibataire et (avec un fort accent italien), si j'ai envie de faire l'amour. Ce papy qui rigole tout seul quand je m'offusque du nom générique qu'il m'a attribué. Ou la mamie qui m'invite à prendre le thé à bord de sa passoire.

Dans ces moments, l'univers générique de Starfield prend une dimension vraiment humaine, terriblement attachante. Ce sont des êtres humains que vous croisez avec leurs espoirs, leurs doutes, leurs petites habitudes. Et qui montre en creux ce que le jeu aurait pu être, s'il avait osé sortir son Far West spatial des sentiers battus – la quête principale et ses personnages gentillets étant un peu plan plan.
Les tranches de vie spatiales restent l'un des points forts du jeu
Les Plus
  • Un open world immense et gorgé de contenu
  • Shattered Space et Terran Armada, les DLC narratifs
  • Le buggy, les cartes en ville, le mode Croisière
  • Vendu "seulement" 50 € au lancement sur PS5 (sans Shattered Space ni Terran Armada)
Les Moins
  • Des crashs fréquents : sauvegardez tout le temps
  • Des quêtes toujours buggées depuis 2023, des PNJ qui courent dans les murs, etc.
  • Un potentiel gâché par des choix de game design aberrants (tout l'arbre de compétence par exemple, avec ses dizaines de tâches à remplir)
Résultat

Starfield est un jeu d'action et d'exploration efficace, immersif, et... plein de bugs. Gênants. Des crashs à répétition. Des missions plantées depuis 2023 comme "Courants alternatifs" sur New Atlantis. Des PNJ qui font n'importe quoi. Relire le test de 2023 est cruel tant Bethesda donne l'impression d'avoir fait du sur place. Heureusement que les deux DLC narratifs Shattered Space et Terran Armada apportent un peu de contenu en plus. Quelques ajouts comme le buggy ou les cartes en ville facilitent la progression. Si vous êtes habitué aux jeux (et aux bugs) de l'éditeur, vous passerez peut-être outre ces soucis d'immersion. Le cœur du jeu est très réussi, malgré les nombreuses frictions épidermiques listées ici.

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Tribune libre