Mignon dehors, sadique dedans
- Éditeur Konami
- Développeur ZDT Studio
- Sortie initiale 2 avr. 2026
- Genre Plateformes
ZDT Studio, c'est quatre vétérans parisiens – VFX de cinéma, ex-Arkane, ex-Focus Home Interactive – qui signent là leur tout premier jeu. Et ils ont choisi de le faire avec Darwin, un poulpe mignon comme tout dont l'espèce est malheureusement considérée comme un mets de choix par les humains. Sur le papier : un platformer coloré, une DA qui sent bon Pixar, une atmosphère légère. Dans les faits : un jeu qui n'a strictement aucune pitié. Beau premier coup, vraiment – mais pour qui, exactement ?
L'histoire

L'histoire, sans révéler ses surprises, l'emmène à travers décharges, usines alimentaires et autres lieux peu recommandables pour des créatures marines. La fin, un peu abrupte, laisse clairement entendre qu'une suite se prépare dans un tout autre décor.
Le principe
Vous allez finir en conserve. Ou en friture. Ou les deux.

La peinture fluo qui éloigne les rats mais désactive vos ventouses deux écrans plus tard : voilà le genre de petite cruauté bien pensée dont ZDT Studio a le secret.

Les idées sont là. Les mouvements de caméra apportent régulièrement une belle sensation de profondeur malgré le déplacement en 2D. Hélas, le jeu bascule assez vite dans le die & retry pur et dur, avec des séquences de tapis roulants ou de poursuites qui exigent une connaissance parfaite du parcours. Impossible de réussir un passage difficile du premier coup. Autant le savoir.
L'emballage
Même remplis de fiente de mouettes, les environnements sont composés avec brio.

Côté son, on savoure un clin d'œil particulièrement bien senti lors des séquences de camouflage : le point d'exclamation, la musique emblématique dès qu'on se fait repérer... Metal Gear Solid est là, dans toute sa gloire. Ce qui est d'autant plus savoureux quand on sait que le jeu est édité par Konami – la maison mère de la saga Snake elle-même. Un hommage discret ? Un pied de nez affectueux ? Probablement les deux. Et clairement assumé.
Pour qui ?
En désobéissant à ces panneaux, vous allez avoir une drôle de surprise.

En revanche, les joueurs plus jeunes ou moins patients risquent de décrocher lors des séquences die & retry les plus sévères. Ce grand écart est d'ailleurs le principal problème du jeu : il attire par son allure mignonne et colorée, et piège les imprudents avec une difficulté qu'il n'annonçait pas clairement.
L'anecdote
Moi, cerné par la difficulté de certaines séquences.
- Une direction artistique magnifique, ambiance Pixar
- Des cinématiques vintage style 50's réjouissantes
- Des mécaniques de gameplay inventives
- Les environnements vivants avec des arrière-plans animés
- Un héros attachant et des situations cocasses
- Des séquences de camouflage amusantes (coucou MGS)
- Un savoureux clin d'œil à Frogger
- Des surprises cachées si vous sortez des sentiers battus
- La difficulté non annoncée, die & retry sévère
- Des séquences répétitives à timing trop serré
- Des angles de caméra parfois gênants pour les sauts
- Les ventouses s'accrochent sans consentement
- Frustrant pour les joueurs peu expérimentés
- La fin un peu brutale
Darwin's Paradox est un jeu sincèrement attachant, porté par une direction artistique lumineuse, un héros rigolo et de vraies idées de gameplay. Mais il souffre d'un écart douloureux entre son apparence accessible et sa réalité impitoyable : les séquences die & retry les plus exigeantes – l'usine, les tapis roulants, les poursuites au millimètre – cassent le rythme et épuisent la patience avant d'épuiser celle du poulpe. Pour qui sait à quoi s'attendre, le jeu a beaucoup à offrir. Pour les autres, la surprise peut être un peu amère.