De retour à Lylat pour la 64e fois
Annoncé dans un direct surprise en début mai, Nintendo nous replonge dans le système de Lylat avec Star Fox, un nouveau remake à l'identique de Star Fox 64 et successeur de Star Fox 64 3D. Mais est-ce que ce remake est à la hauteur de l'original, ou est-ce un nouveau tonneau désespéré de la part d'une licence en difficulté ?
L'histoire
Des années plus tard, Fox McCloud, le fils de James, reprend le flambeau et prend la tête d'une nouvelle équipe Star Fox, aux côtés de Peppy Hare, Slippy Toad et Falco Lombardi. C'est alors que les forces armées de Corneria font appel à eux en urgence : Andross a lancé une offensive massive sur l'ensemble du système de Lylat, se proclamant lui-même Empereur et semant le chaos de planète en planète avec l'aide des mercenaires de chez Star Wolf. Animé autant par l'appât du gain que par le désir de venger son père, Fox accepte la mission. L'équipe Star Fox prend les commandes de ses Arwing et s'élance à travers le système de Lylat pour mettre fin au règne d'Andross.
Ce jeu adaptant de nouveau la guerre de Lylat, il remplace donc Star Fox 64 et se situe dans la deuxième timeline de la licence, où il sera suivi de Star Fox Adventures,Star Fox Assault et Star Fox Command. Mais il est aussi possible que Nintendo veuille profiter d'un nouveau succès de la licence pour créer une nouvelle timeline, comme essayé auparavant avec Star Fox Zero. Dans les deux cas, ce jeu se trouvera à la racine de la licence.
Le principe
29 ans après, il faut quand même sauver Slippy.
Le jeu s'articule autour d'un système de routes. Chacune d'entre elles dure entre une et cinq heures, et le jeu en propose pas moins de 25, plus ou moins difficiles. Toutes débutent à Corneria et se terminent à Venom, mais le chemin parcouru varie selon vos actions et les secrets que vous débloquez en cours de route. Par exemple, réussir à rester discret tout au long de la mission sur Zoness vous ouvrira les portes du Secteur Z. En revanche, si vous vous faites repérer ne serait-ce qu'une fois, c'est direction Macbeth.

Certains boss, voire certaines missions, viennent briser la routine en proposant des variantes de gameplay. Vous pourrez ainsi accéder au mode Combat ciblé, qui vous laisse évoluer librement dans une zone ouverte sans être guidé sur des rails. Vous pourrez aussi prendre les commandes de deux véhicules alternatifs : le Landmaster, un tank robuste tout terrain, et le Blue Marine, un sous-marin expérimental.
Une fois votre première route bouclée, le jeu dévoile un système de médailles, une par zone visitée. Ces médailles sont débloquées en tirant sur un certain nombre d'ennemis variant par niveau. D'un autre côté, le jeu propose aussi le mode Challenge, une nouveauté de ce remake, vous laissant remplir des missions spéciales dans un aperçu du mode Expert des niveaux que vous avez visités, alors attendez-vous à des épreuves vraiment compliquées.
L'emballage
En espérant qu'il y ait la clim dans les Arwing...
La bande-son, quant à elle, est une réussite éclatante. Les compositions originales de Star Fox 64 étaient déjà excellentes, et ce remake leur offre un écrin orchestral à la hauteur. Les nouveaux arrangements cinématiques élèvent encore davantage l'expérience : le thème de Star Wolf, déjà culte, gagne en intensité et en présence, tandis que celui d'Aquas devient franchement envoûtant. La musique sublime l'action dans un ensemble immersif et engageant.

L'un des ajouts les plus appréciables du remake est l'introduction de cinématiques entre chaque niveau, qui s'adaptent intelligemment aux embranchements secrets. Là où l'original se contentait d'enchaîner les niveaux sans trop d'explication, chaque transition dispose désormais de sa propre mise en contexte narrative. On comprend pourquoi l'équipe se dirige vers telle ou telle planète : à Macbeth, il s'agit de saboter le train de ravitaillement des forces d'Andross ; à Fichina, il faut protéger les renseignements de guerre du gouvernement. Ces ajouts donnent du corps à l'univers et renforcent l'immersion sans trahir l'esprit du jeu original.
Le choix d'un style ultra-réaliste soulève en revanche quelques questions. Si la direction artistique est indéniablement impressionnante, elle a visiblement crispé une partie de la communauté sur les réseaux, et on peut comprendre pourquoi. L'anthropomorphisme assumé et cartoon des personnages originaux laisse place à des designs beaucoup plus proches du réel, ce qui peut créer un certain décalage. Plus gênant encore, cette orientation semble avoir influencé l'écriture des dialogues, visiblement assagis par rapport à l'original. Si le ton y gagne en cohérence, il y perd en saveur : la relation tendue et électrique entre Fox et Falco, qui faisait partie du charme du jeu, est ici édulcorée. Les deux personnages restent des rivaux, mais la friction entre eux est bien moins palpable, comme si le remake avait voulu lisser les aspérités qui rendaient leurs échanges si mémorables. D'un autre côté, de nouveaux dialogues ont été ajouté pendant les niveaux, ce qui permet de leur développer des personnalités plus ancrées, avec par exemple Fox qui essaie de sortir de l'ombre de son père dont Peppy ne peut s'empêcher de parler.
Le multi
Wolf... fais un tonneau ?
La campagne peut d'abord être abordée à deux, en local ou via le GameShare, fonction permettant à tous les joueurs Switch ou Switch 2 de jouer avec un seul exemplaire du jeu. L'un des joueurs pilote le vaisseau tandis que l'autre prend en charge la visée et les tirs. En local, ce second joueur doit obligatoirement utiliser le mode souris du Joy-Con 2 pour viser, un choix technique qui fait le travail sans vraiment transcender l'expérience. C'est un ajout sympathique pour jouer en coopération, mais difficile de s'enthousiasmer outre mesure : l'idée est bonne sur le papier, l'exécution reste anecdotique.

Le mode Combat, lui, est une proposition plus ambitieuse. Jouable contre des bots, en GameShare ou en ligne, il permet d'incarner un membre de l'équipe Star Fox ou Star Wolf dans trois arènes inspirées de la campagne. À Corneria, un mode Capture de drapeau alterne entre des phases de combats aériens acharnés et des phases de contrôle de zones à sécuriser pour son équipe. À Fichina, les joueurs s'affrontent pendant que des météorites s'écrasent sur le terrain : il faut les ramasser au sol pour engranger des points, tout en évitant les tirs ennemis et les impacts. Enfin, le Secteur Y propose des combats dans un champ de débris spatiaux, ponctués par l'apparition de robots dont l'un transporte une charge explosive. Il faut l'abattre, récupérer la charge, et la ramener à sa base avant que le temps ne s'écoule. Les bots se montrent d'ailleurs redoutables, parfois un peu trop : certains passages frisent la difficulté abusive et peuvent refroidir les joueurs moins aguerris. Petit bonus sympathique mais anecdotique, le mode multijoueur permettent aux joueurs ayant une caméra d'incarner un personnage de la licence copiant leurs expressions faciales.
Le mode Combat est plaisant et offre une rejouabilité appréciable. Mais soyons honnêtes : il ne s'agit pas du cœur du jeu, et il aurait fallu davantage de contenu et de profondeur pour en faire un véritable argument de vente.
Pour qui ?
Sympathique le nouveau jeu Gundam.
Les contrôles sont simples et la prise en main rapide, ce qui permet à n'importe quel joueur de progresser sans friction. Le jeu propose dès le départ un tutoriel et deux modes de difficulté, et les 25 routes ne se valent pas toutes en termes de challenge. Un débutant empruntera naturellement la route classique, sans sortie secrète, et bénéficiera d'une première expérience fluide et agréable. Un joueur aguerri, lui, pourra tenter d'emblée la route la plus exigeante pour décrocher la vraie fin du jeu. Chacun trouve donc son niveau sans que l'un empiète sur l'expérience de l'autre.
La découverte progressive des embranchements secrets joue également un rôle clé. Elle permet aux joueurs curieux d'explorer les aspects les plus techniques du jeu à leur propre rythme, sans jamais les y forcer. Cette structure héritée des jeux d'arcade de l'époque a un avantage précieux : une route se boucle vite, sans vous contraindre à vous engager sur de longues heures. Vous pouvez poser la manette après une session courte, ou relancer immédiatement une nouvelle route pour tenter d'en percer tous les secrets. À vous de choisir.
L'anecdote
Fox toujours aussi observateur.
C'est donc avec une appréhension bien réelle que j'ai relancé cette mission dans le remake, des années plus tard. Une sorte de rendez-vous avec un vieux traumatisme. Et là, contre toute attente, je l'ai traversée sans encaisser le moindre dégât. Je suis resté quelques secondes à fixer l'écran, un peu incrédule. Merci au jeu d'être plus maniable, et merci à moi d'avoir grandi.
- Jeu magnifique avec une bande-son mémorable
- Cinématiques qui rajoutent du contexte aux missions
- Difficulté progressive et équilibrée
- Remake faisant honneur à l'original
- Tous les véhicules sont maniables et amusants
- Dialogues adoucis par rapport à l'original
- Direction artistique pouvant bloquer certains
- Nouveaux modes de jeu peu mémorables
Star Fox est un remake réussi de la part de Nintendo. Il est fidèle au jeu d'origine, magnifique et maniable. Mais il manque de ce qui rend un remake vraiment mémorable, c'est-à-dire des nouveautés qui valent de racheter un jeu encore une fois. Néanmoins, si vous voulez découvrir ce monument du jeu vidéo ou juste revivre cette expérience en haute définition, ce jeu vous offrira de très bon moments aux manettes d'un Arwing.