Test | LEGO Batman : L'Héritage du Chevalier Noir
31 mai 2026

Une brique en béton

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LEGO Batman: Legacy of the Dark Knight

TT Games est un peu la Ferrari des jeux LEGO : on sait exactement ce qu'on va trouver sous le capot, et pourtant on monte à bord à chaque fois avec le même sourire. Avec LEGO Batman : L'Héritage du Chevalier Noir, le studio britannique s'attaque à une nouvelle itération du Chevalier Noir en briques, propulsée par Warner Bros. Interactive Entertainment. Le terrain est ultra balisé – gameplay familier, ambiance LEGO pétillante, humour au cordeau – mais la question reste entière : y a-t-il encore quelque chose de nouveau à raconter à Gotham City ?

L'histoire

Le jeu propose un véritable résumé des différentes ères Batman en convoquant un casting digne d'un gala de super-vilains : des héros iconiques aux ennemis les plus machiavéliques, tout le monde répond présent. L'histoire est certes un peu fourre-tout à force de vouloir caser absolument tout le monde, mais c'est aussi ce qui en fait son charme : jamais avare d'un clin d'œil ou d'une référence bien sentie, le scénario se transforme en un panorama jouissif de l'univers DC. Poison Ivy, Double-Face, et bien d'autres vous attendent – en briques, évidemment, mais avec un charisme intact.
Réunion de famille à Gotham

Le principe

Cette session de plateformes au cirque n'est qu'une séquence réjouissante parmi beaucoup d'autres.

L'ADN LEGO est intact : action-aventure en monde ouvert, collectibles à la pelle, missions à enchaîner et une Gotham City entière à explorer à votre rythme. Mais ce qui frappe d'emblée, c'est la générosité du contenu. Le premier chapitre seul réclame presque huit heures pour être bouclé – et il y en a six. Des animaux à tracer dans la ville (les plus imposants ne se laisseront pas faire), des activités cachées partout, un coffre à costumes dans la Batcave qui ressemble davantage à une grotte démesurée qu'à un simple vestiaire... Le jeu ne vous laisse jamais les mains vides.


Le gameplay repose sur la gestion de plusieurs personnages aux capacités distinctes – et le titre vous oblige régulièrement à switcher entre eux pour progresser. Chaque chapitre introduit un nouvel acolyte, ce qui renouvelle constamment les mécaniques. Cat Woman, par exemple, peut contrôler des chats pour se faufiler dans des chatières, ou miauler devant des ennemis pour les distraire. Pratique, et réjouissant.


Les combats, inspirés des affrontements iconiques de la licence, sont nerveux et bien conçus : les finishs sont nombreux et souvent hilarants – agiter un ours en peluche devant son adversaire avant de lui coller un uppercut fatal, c'est tout sauf banal. Les confrontations en duo, elles, ajoutent une dose bienvenue de stratégie : jongler entre les deux héros disponibles pour exploiter les points faibles d'un boss, c'est aussi satisfaisant que ça en a l'air.

Des ninjas qui pètent en dormant, une battle de danse Batman vs Gordon... LEGO Batman : L'Héritage du Chevalier Noir assume tout. Et c'est magnifique.


À partir du chapitre 2, la Batcave prend une autre dimension avec un impressionnant éventail de possibilités. Batminte, super-fan et personnage savoureux, tient plusieurs boutiques à travers Gotham où l'on peut dénicher des produits très... spéciaux. Il incarne à lui seul cette mise en abyme délicieuse que ressent tout fan de la licence. Seul bémol inévitable de tout open world : à force d'enchaîner missions et traversées de zone, une légère répétitivité s'installe. Rien de rédhibitoire, mais ça existe.
Brique, fun et uppercut

L'emballage

Le jardin botanique est aussi splendide qu'Ivy est empoissonnée.

Visuellement, le jeu est une vraie claque. Les gouttes de pluie qui coulent sur le masque en plastique de Batman, les reflets magnifiques sur les surfaces mouillées, les explosions soignées... jusqu'aux poils de chat sur la cape du Chevalier Noir – oui, vous avez bien lu. Ce sens du détail confine au maniaque, dans le meilleur sens du terme. L'enseigne lumineuse d'Artic World défectueuse, qui n'allume que les lettres C-O-L-D par intermittence, résume parfaitement l'esprit du jeu : un univers fourmillant de petits gags visuels à découvrir à chaque coin de rue. Le jardin botanique, luxuriant et végétal rendu en briques LEGO, avec ses sublimes papillons fluorescents, ou encore l'intérieur d'Arkham Asylum, sont des morceaux d'anthologie.


Quant à la direction artistique globale, LEGO insuffle à Gotham une vibe inédite. La ville qu'on avait l'habitude de voir baignée dans un noir oppressant devient ici un grand foutoir coloré et jubilatoire. C'est rafraîchissant. L'humour LEGO, toujours aussi réjouissant, traverse chaque recoin : les ninjas qui pètent en dormant, les animations en roue libre de Cat Woman (des roulades et des roues en permanence), ou encore la battle de danse épique entre Batman et Gordon — tout ça participe d'un ton qui n'appartient qu'à cette licence.
Une Gotham qui brille (en plastique)

Pour qui ?

Vous avez toujours rêvé de vous bagarrer dans une piscine à balles ? LE(T'S)GO !

L'accessibilité est parfaitement calibrée : en mode normal, le premier boss est atteignable sans être trivial, et le tutoriel – dense et généreux – embarque les nouveaux venus sans les noyer. La capacité de TT Games à s'approprier une licence emblématique, à la retourner dans tous les sens avec une patte inédite tout en respectant ses fondamentaux, est ici parfaitement illustrée.


Le résultat est hyper-référencé et plaira autant aux fans hardcore de Batman qu'aux familles en quête d'un jeu partageable. Aux amateurs de jeux LEGO comme LEGO City Undercover ou LEGO Marvel Super Heroes, évidemment, mais aussi à quiconque apprécie un open world bien garni sans prise de tête.
Pour les briqueurs de tous âges

L'anecdote

Batman n'a même plus besoin de level up pour battre plus grand que lui.

Voici l'aveu d'un joueur pas très sérieux : j'ai passé plus des trois quarts du jeu sans améliorer une seule caractéristique de Batman – alors que j'en avais largement la possibilité. Et le pire ? Je m'en sortais très bien. Ça m'a frappé en plein milieu d'un combat de boss : si le système d'amélioration est presque superflu en difficulté normale, c'est parce que le jeu est conçu pour être inclusif avant tout. Loin d'être un défaut, c'est une preuve de la réussite totale de son calibrage. Et franchement, entre nous : qui a le temps de gérer des stats quand il y a des animaux à tracer dans toute la ville ?
Batman n'a pas besoin de musculation
Les Plus
  • L'humour LEGO toujours au top
  • Un contenu absolument colossal
  • Visuels bluffants et soignés
  • Un gameplay renouvelé à chaque chapitre
  • Une accessibilité parfaitement calibrée
  • Des combats nerveux et finishs hilarants
  • Une multitude de détails réjouissants
  • La Batcave / Arkham / le cirque de Robin
  • Généreux dès le tutoriel
  • Le générique de fin sur "Kiss from a Rose"
Les Moins
  • Une légère répétitivité en open world
  • Le scénario un peu fourre-tout
  • Des améliorations de Batman quasi inutiles
Résultat

LEGO Batman : L'Héritage du Chevalier Noir est exactement ce qu'il promet : un open world généreux, drôle et soigné, qui transforme Gotham en terrain de jeu coloré sans jamais trahir l'esprit de la licence. TT Games confirme une fois de plus son talent unique pour s'emparer d'une franchise, la triturer dans tous les sens et en livrer une version aussi référencée que jubilatoire. La légère répétitivité inhérente au genre et un scénario un poil surchargé en personnages ne ternissent en rien le plaisir de jeu. Avec six chapitres denses, des dizaines d'heures de contenu et un générique de fin sur Kiss from a Rose de Seal – oui, ça s'est passé –, ce titre s'impose comme un incontournable pour les fans de Batman, les amoureux de LEGO et tous ceux qui cherchent un jeu à la fois accessible, fun et généreux. Fortement recommandé.

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