Test | Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection
29 mars 2026

La pelle de la forêt

Testé par sur
Aussi disponible sur
Monster Hunter Stories 3
  • Éditeur Capcom
  • Développeur Capcom
  • Sortie initiale 13 mars 2026
  • Genres Aventure, Rôle

Monster Hunter Stories 3 est un excellent jeu de rôle au tour par tour. Difficile, complexe, qui regorge de possibilités tactiques à maîtriser. Comprendre : vous allez souvent mordre la poussière et prendre des grosses pelles avant d'en rouler à vos Monsties préférés.

L'histoire

Vous êtes capitaine des Rangers. Vous protégez l'écosystème d'Azuria en... tuant des monstres et euh en... volant leurs œufs pour, ben... fusionner des monstres, en relâcher certains dans la nature.... Bref, c'est pour le bien d'Azuria. Enfant, vous avez adopté un Rathalos, un gros dragon rouge dont l'espèce avait disparu. Son jumeau s'est enfui et d'après les mages du Roi votre père, ce n'est pas tip top : 200 ans plus tôt, des Rathalos avec la même marque d'azurécailles avaient entraîné Azuria dans une terrible guerre civile. C'est peut-être pour ça que vous vous jetez d'une falaise au tout début du jeu, façon The Legend of Zelda : Breath of the Wild – sans Paravoile, mais avec Rathalos, votre Monstie apprivoisé.
Deux Rathalos jumeaux réveillent le souvenir d'une vieille guerre civile

Le principe

Cassez rapidement la garde des boss en ciblant une partie vulnérable de leur corps.

Attention au piège : Monster Hunter Stories 3 ne se joue pas du tout comme les autres épisodes de la célèbre série. Ici, c'est du tour par tour : vous incarnez deux héros et leurs montures, vous sélectionnez votre cible et... vous réfléchissez soigneusement aux nombreuses options disponibles. D'abord, votre arme : vous pouvez en changer à la volée entre trois différentes comme une épée, un gourdin magique et un arc. Avec ou sans coups spéciaux. Ensuite, votre monture : laquelle est la plus efficace contre Magnamalo et ses flammes infernales... ? Ou Pukei-Pukei et son venin ? Un choix crucial car une jauge de synergie progresse à chaque attaque en continu avec votre monture, vous permettant ensuite de la chevaucher et de déclencher des attaques redoutables (avec une autre jauge d'amitié, mais bref).


À vous de cibler aussi la partie du corps de votre ennemi : tête, queue, patte gauche, droite, bidou, etc. Là encore, c'est loin d'être anodin : les monstres ont plusieurs phases. Le Chatacabra furieux colle des roches sur ses pattes avec sa bave avant de vous bolosser façon JCVD dans Kickboxer. À vous de les cibler avant. Et ce n'est pas tout ! Il faut aussi choisir un type d'attaque façon Pierre / Papier / Ciseau (Force > Technique > Vitesse) pour gagner des duels. Ouf. Sans oublier la nourriture cuisinée au camp et ses boosts de statistiques. Les objets (soins ?). Les améliorations d'armes et d'armures. Les croisements de gènes de Monsties. Finalement le temps réel d'un Monster Hunter Wilds, c'est bien aussi...
Un jeu au tour par tour qui tranche avec les autres épisodes de la série

La difficulté

Le vol est une des nouveautés du jeu. Chaque zone regorge de surprises... et d'ennemis balaises.

Ne vous laissez pas endormir par le design mignonnet de ce Monster Hunter Stories 3. Bien que la direction artistique colorée donne un ton un peu enfantin, la difficulté, elle, devient très vite punitive. Les boss sont de vrais murs de difficulté, même si vous faites toutes les quêtes annexes et que vous lootez toutes les tanières pour gagner de l'expérience. Améliorer ses armes et armures au max est important, surtout quand vous visez une stratégie particulière (se soigner automatiquement entre chaque round, paralyser ses ennemis, etc). Cuisiner des bons petits plats avant un gros combat, aussi. Explorer toute la carte et faire tous les combats, pas vraiment : à un moment, il faut juste maîtriser à la perfection tous les systèmes de jeu pour s'en sortir vivant.


Certains monstres furieux et invasifs (nocturnes) ne pardonnent vraiment pas : ils peuvent mettre un ou plusieurs alliés à terre en une seule attaque, sachant que votre héros ne peut se relever que trois fois. Après, c'est le Game Over. Enfin, presque : le jeu vous propose de recommencer le combat, ou de fuir pour revenir plus tard. Au moins vous ne perdez pas plusieurs heures de jeu si vous ne sauvegardez pas régulièrement. Pro tip : tous les bonus permettant de paralyser un ennemi sont bons à prendre... Privilégiez cette compétence quand vous équipez vos armes pour avancer un peu plus facilement dans l'histoire principale. Et améliorez les gênes de vos Monsties dès que possible ! Attendez de faire face à un duo de Glavenus en armure... Sans paralysie, bonne chance. La victoire se joue parfois à une attaque interrompue près.
Le jeu vous balance très tôt toutes ses mécaniques de combat, aussi complexes... qu'indispensables

Pour qui ?

Vous pouvez croiser les gènes de vos Monsties afin d'améliorer leurs attaques de feu, foudre, etc.

Vous aimez les jeux de rôle japonais au tour par tour avec des héros attachants, beaucoup de dialogues et des combats éprouvants... ? Monster Hunter Stories 3 est pour vous. Il rappelle énormément Persona 5 : des combats au tour par tour retors et basés sur l'exploitation de vulnérabilités, des félins comiques (ah, Morgana... !), des animations léchées (écran de fin de combat, attaques coordonnées), une difficulté épicée... Et ce côté dessin animé très impressionnant. Attention, il faut aussi aimer les cinématiques incessantes comme dans Visions of Mana ou encore l'incroyable Granblue Fantasy : Relink.


Comme dans ces deux autres RPG, vous jouez une bande de potes pris dans des enjeux plus grands qu'eux. De jeunes adultes propulsés dans des complots qui les dépassent – mais qu'ils arriveront à surmonter en restant unis. Et en transgressant pas mal d'interdits. Monster Hunter Stories 3 est souvent bavard, installant des personnages attachants qui rendent certains rebondissements particulièrement douloureux. Si vous aimez les scénarios à la Fire Emblem : Awakening et autres épisodes de la série, sachez qu'il y a des retournements de situation dont vous vous souviendrez longtemps (amitiés, trahisons, sacrifices).
Un conseil : gardez un paquet de mouchoirs à portée de main

L'anecdote

Votre père le roi d'Azuria ne vous a pas tout dit. Est-ce que vous êtes vraiment les good guys... ?

Je me suis très vite attaché aux personnages de Monster Hunter Stories 3. Rudy, votre petit page chat (Palico) au caractère bien trempé, si proche du Morgana de Persona 5. Eleanor, la fière princesse du royaume voisin (et hostile) de Vermeil, qui envoie promener les siens et n'hésite pas à se constituer prisonnière, sous vos ordres (gloups). Simon votre meilleur ami, qui a l'air d'en savoir un peu plus qu'il ne veut bien le dire avec ses regards lointains mystérieux. Thea la petite nouvelle et son cochon. Gaul et son chat Palico Murray tellement bad ass. Le vieux Ogden. Kora la bombe (littéralement : elle fait tout péter).


Du coup j'étais super excité de faire leurs quêtes secondaires, plutôt bien écrites, pour apprendre à les connaître (qui a dit à la Mass Effect 2 ?). Sauf que... ces missions secondaires se débloquent toutes à un moment bien précis. Et toutes en même temps. Pareil au chapitre 2. C'est un peu dommage car ça leur donne un côté bourratif et artificiel : j'aurais aimé que Capcom étale un peu plus la confiture.
Les Palico volent la vedette aux personnages humains
Les Plus
  • La direction artistique
  • La richesse des possibilités tactiques en combat
  • La beauté des animations
  • La variété du bestiaire et des Monsties à apprivoiser
  • Toute la partie élevage et gestion de l'écosystème, incroyablement riche
  • Les rebondissements du scénario, avec quelques passages émouvants
  • Durée de vie solide, même en ligne droite
Les Moins
  • Les gros pics de difficulté à chaque boss ou presque
  • Une courbe d'apprentissage bien raide : le tutoriel expédie les bases du combat avant de vous envoyer au casse-pipe
  • Pas de chasses à proprement parler, de pistage ni de traque
Résultat

Quel grand, dur, beau jeu. Monster Hunter Stories 3 est difficile, certes. Parfois injuste quand vous pensez flex devant un boss après avoir roulé sur ses sbires – et qu'il vous envoie au tapis avec sa première attaque spéciale. Quelle attaque Force > Technique > Vitesse choisir ? Quelle partie du corps cibler ? Avec quelle arme ? Quel Monstie apprivoisé convoquer ? Et maintenant que le boss change de comportement, que faut-il revoir dans sa stratégie... ? La moindre erreur se paye souvent cash avec un KO. Sachant que 3 KO et c'est le Game Over... Dur, dur, dur. Heureusement que tout vous encourage à continuer : la direction artistique sublime, les personnages si attachants, les animations incroyables à la Persona 5 ou Naruto Shippuden : Ultimate Ninja Storm 3. Avec de vrais rebondissements scénaristiques. Tenez bon : le reste de l'aventure vaut largement le coup, à chaque pic de difficulté passé.

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