Red Steel : révolution ou pétard mouillé ?

25 févr. 2007
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Ubisoft
  • Sortie initiale 8 décembre 2006
  • Genre First Person Shooter

Au bout du compte, Red Steel reste un jeu très mitigé. Dans les différents niveaux, vous êtes seul contre tous. Vous pouvez ramasser les armes que laissent vos ennemis et pouvez en porter un maximum de deux. Il n’y a aucun objectif secondaire ou aucune quête annexe, vous avancez bêtement et tuez tout ce qui se dresse devant vous. Si Red Steel ne disposait pas de ce nouveau gameplay et s’il n’était pas si immersif, il serait inintéressant vu les titres du genre disponibles sur le marché. Malgré l'impact du gameplay sur le joueur, c’est bien ce dernier et l’immersion ressentie au cours de l'aventure qui sauvent Red Steel. Prenons pour preuve le niveau où vous vous réveillez à moitié drogué dans une sorte de parc d’attraction complètement glauque comportant des phases de jeu et des salles assez ingénieuses. Dans ce niveau particulier, la tension est palpable, surtout qu’il est déconseillé de foncer tête baissée. Pour remédier à la difficulté du titre, les développeurs ont instauré un système où il suffit d’attendre et de se reposer quelques instants pour récupérer sa barre de vie. Le résultat est là et il est ce qu’il est, mais aurait certainement mérité plus de temps de préparation et de finition. Red Steel reste un jeu assez moyen avec de bonnes qualités mais également de gros défauts. Il faudra encore attendre pour voir le renouveau du FPS sur la Wii.



- Trailer Solo -




- Trailer Multijoueur -

Nintendo a frappé un grand coup avec la Wii et, depuis son annonce, un jeu emblématique de son catalogue de lancement a retenu toute l’attention : Red Steel. Grâce aux caractéristiques originales de la console, ce jeu "révolutionnaire" ambitionne clairement de renouveler le genre FPS. Avec sa nouvelle machine plus ludique que technique, le pari de Nintendo était osé mais il s'avère déjà réussi. Et si, avec Red Steel, celui d’Ubisoft était lui aussi ambitieux, le résultat n’est pas tout à fait le même...

Le uzi est une arme bien sympathique mais peu précise.

Le cœur du jeu

Parlons directement de ce que les joueurs attendaient le plus de Red Steel : le gameplay. Disons-le tout de suite, il est loin d’être intuitif et le début du jeu est réellement laborieux. Explications. Le jeu se joue avec la Wiimote et le Nunchuk. Vous faites un saut avec le bouton C alors que le Z permet de vous baisser. La Wiimote sert logiquement à viser, tourner sur vous-même et tirer. C'est là que les affaires se corsent. Il faut un bon moment d’adaptation pour parvenir à maîtriser la visée et surtout l’espace de jeu. En effet, selon votre emplacement, selon la direction de la Wiimote et selon la taille de votre écran, il vous arrive souvent de vous retrouver bloqué car le capteur de mouvement ne capte plus le signal de la Wiimote. Plus l’écran sur lequel un joueur joue est grand et plus il se permet de faire des mouvements amples alors que le capteur, lui, ne change pas son rayon d’action. Il aurait été bienvenue d’implémenter un système de réglage pour le capteur comme pour The Legend of Zelda : Twilight Princess. Autre souci, il n’existe que trois réglages pour la sensibilité du curseur de visée. Ces réglages sont assez mal calibrés : soit le curseur est trop lent, soit il est trop rapide. Vous êtes donc obligé de vous habituer au gameplay. Même si après une heure ou deux de jeu, ces soucis s'atténuent, après une période prolongée sans jouer, il est nécessaire de repasser par cette phase laborieuse d’adaptation.

Plusieurs éléments du décor sont destructibles : votre immersion est renforcée.

Chronique d’un jeu (trop) attendu

Beaucoup annonçaient la Wii comme la nouvelle reine des FPS. C'est certain que ce n’est pas avec Red Steel qu’elle le deviendra. Les PC ont encore de belles heures de FPS devant eux, la souris étant plus précise et plus maniable puisque vous ne la déplacez que sur un plan 2D. La Wiimote se gère dans l’espace (qui est par définition en 3D), si bien que différents paramètres entrent en jeu. Le zoom, par exemple, est l'une des possibilités les plus compliquées à utiliser. Tout en appuyant sur le bouton A, il faut avancer la Wiimote vers l’avant. Lorsque que vous n'avez pas le bras assez long permettant une bonne allonge, vous devez à chaque fois le reculer au maximum en le collant contre votre torse, appuyer sur la touche A puis l'avancer... En pleine action, cette gymnastique devient vie irritante. Quant aux combats au sabre, très alléchants sur le papier, ils sont plutôt décevants. En pratique, vous constatez un temps de latence entre le moment où le coup est donné et le moment où il est réalisé à l’écran. Ces combats ne sont alors absolument pas fluides et il est impossible de diriger le personnage lors de ces phases. Vous ne pouvez qu’éviter un coup, vous protéger ou donner un coup. Au fil de l'aventure, vous débloquez de nouvelles techniques mais rien n’y fait, cette partie du jeu laisse un triste goût d’inachevé.

Au sabre, une fois votre ennemi vaincu vous pouvez choisir de le laisser en vie ou de le tuer.

Une immersion de tous les instants

Dans Red Steel, vous incarnez Scott et votre petite amie vous présente à son père. Malheureusement, celui-ci est un grand parrain de la mafia japonaise, les yakuzas. Juste avant de voir beau papa, votre fiancée se fait enlever. En futur héros, vous vous jetez à corps perdu dans une bataille qui n’est pas la vôtre pour sauver la femme de votre vie. C’est évidemment un autre groupe de yakuza qui a trahi et enlevé la fille du boss. N’ayant plus confiance en grand monde, c’est à vous que son père confit la lourde tâche de ramener sa fille et de le venger. Le scénario est assez bateau : un jeune américain qui devient un vrai yakuza pour sauver sa petite amie, c’est digne d’un scénario d'un film de Jean-Claude Van Damme. Il n’empêche que Red Steel est incroyablement prenant, il est rare de ressentir une telle immersion dans un jeu et il faut avouer que le gameplay et les fonctions de la Wii y sont pour beaucoup. Pourtant, le déroulement des niveaux est plus que classique et linéaire. Qui plus est, le jeu est est entièrement scripté : vous nettoyez tout un niveau, il ne reste plus âme qui vive et vous n’avez plus qu’à prendre un ascenseur. A peine avez-vous appuyé sur le bouton pour l’appeler qu’une dizaine d’ennemis sortant de nulle part vous tombe dessus. Cela n’empêche que l’immersion est totale et dès que le gameplay est maîtrisé, vous ne jouez plus, vous êtes Scott ! Vous rentrez vraiment dans le jeu, dans l’univers et c’est assez rare pour être signalé.
Les Plus
  • L’immersion
  • La maniabilité novatrice
Les Moins
  • Le gameplay compliqué
  • Un FPS trop basique et linéaire
  • Aucune liberté d’action
  • Les temps de réaction lors des combats au sabre