Metal Gear Solid 3 version Subsistence : Big Bosses

13 nov. 2006
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Konami
  • Développeur Konami
  • Sortie initiale 5 octobre 2006
  • Genre Action

Le dernier ajout de taille, la caméra libre, achève de tuer l’intérêt des parties en solo. Il révèle tous les archaïsmes de la version originale, plutôt bien camouflés par l’unique vue de dessus alors disponible. La champ de vision très limité des ennemis, l’impossibilité de se déplacer en mode visée, l’absence de refonte des niveaux ou de l’IA, tout contribue à donner un méchant coup de vieux à ce titre sinon exceptionnel. Il reste une ambiance extraordinaire, des cinématiques somptueuses et des dialogues hélas insupportables lors des échanges radio, qu’il est heureusement possible de zapper. Metal Gear Solid 3 : Subsistence est du coup une excellente affaire pour ceux qui seraient passé à côté du jeu original, vu son prix. Pour tous les autres, y compris pour les fans absolus, ce n’est malheureusement qu’une curiosité.

Tiens ? Un nouveau Metal Gear Solid ! Si ce titre vous intrigue, si vos petits doigts fébriles se tendent désespérément vers la boîte de jeu, si vous voulez savoir ce que ces trois DVD renferment de plus dans leurs entrailles, ne cherchez pas plus loin : il vous suffit de lire ce test pour vous rendre compte que la série phare de Hideo Kojima fait un minuscule bond en avant.

Le online était l'atout le plus attendu de cette réédition.

Trois en un

Metal Gear Solid 3 : Subsistence apporte trois nouveautés à l’excellent jeu d’origine : une nouvelle caméra qui permet enfin de regarder autour de soi, un mode online et... un film de plus de trois heures, basé sur les cinématiques somptueuses. Autant évacuer tout de suite les quelques autres ajouts, franchement anecdotiques. Oui, les deux premiers volets en 2D sortis sur MSX sont bien présents, mais leur difficulté, leur laideur et leur rigidité les rend injouables aujourd’hui, à moins d’être vraiment nostalgique. Oui, il existe dix-sept courts-métrages parodiques, très inégaux, qui mettent à mal la légende ; celui où Raiden cherche à remonter le temps pour tuer Big Boss et devenir ainsi le héro des prochains épisodes vaut d’ailleurs son pesant de cacahuètes. Et oui, il est possible d’affronter tous les boss du jeu en temps limité, directement, ce qui est plutôt une bonne idée. Mais l’essentiel est ailleurs.

Dommage que les passages interactifs aient été abandonnés.

Snake Eater, le film

Pour peu que vous soyez fan de la série, deux aspects vous ont marqué au fer rouge : les cinématiques léchées et l’univers tortueux mis en place par Hideo Kojima. Tout le monde connaît ses prétentions de réalisateurs, tout le monde se souvient du fabuleux générique tout droit sorti d’un James Bond, avec une vraie chanson en guise d’introduction. Autant dire que le troisième DVD, qui propose un nouveau montage de toutes les cinématiques et qui se regarde comme un film, faisait saliver d’avance. Ceux qui ont fini le jeu ne seront pas dépaysés, mais ils risquent tout de même d’être déçus. En fait de film, il s’agit d’une compilation des cinématiques avec quelques phases de jeu filmées à l’arrache en guise de transition. Le tout est plombé par une voix off qui résume les échanges radio... Autant dire que c’est long et pénible à regarder, hélas. Aucune interaction n’est possible et le DVD ne fonctionne pas sur les lecteurs de salon ; c’est ballot, Hideo Kojima a raté en beauté l’occasion de faire un vrai film, intense et nerveux, qui se serait concentré sur ses héros et leurs états d’âme, le tout porté par une musique et un mise en scène uniques.

Oubliez la tacique, la maniabilité atroce rend les combats brouillons.

Snake Eater, le online

Reste le coeur de cette réédition vendue 40 € seulement : le mode online. L’idée d’affronter d’autres joueurs était excellente et posait un problème de taille, l’infiltration relevant plus de l’expérience solo que du multijoueur ; après tout, jouer le rôle d’un garde qui poireaute pendant trente minutes avant de se faire égorger en trois secondes n’est pas follement amusant. Metal Gear Solid 3 : Subsistence résout le problème en proposant plusieurs modes de jeu jouables à huit, comme la capture, le vol de microfilm et le sauvetage, en plus des classiques matchs à mort chacun pour soi ou en équipe. C’est bien, sauf que la maniabilité ne suit pas du tout. Subsistence accuse un énorme retard en terme de souplesse des commandes, rendant les affrontements confus et brouillons. Viser, tirer et esquiver pose problème, ce qui est gênant dans la mesure où c’est précisément ce que vous êtes censé faire tout le temps.
Les Plus
  • Le prix
  • Le jeu d'origine reste excellent
Les Moins
  • Un mode online brouillon, à cause d'une maniabilité antique
  • La nouvelle caméra libre révèle les archaïsmes du jeu en solo