Wolfenstein II : The New Colossus

25 nov. 2017
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Blazko le barjo n'a pas fini le boulot

On y était presque ! Wolfenstein II : The New Colossus concentre tous les éléments de la surenchère, en s'appuyant sur les fondation d'acier de son éminent grand frère. Et pourtant, il lui manque ce petit truc en plus pour défoncer la baraque. Dans votre bouche reste un sale goût d'inachevé : des niveaux trop courts, des armes sous-exploitées, des capacités anecdotiques... Le mythe des méga structures nazies et des bases secrète est pourtant bien présent, mais sans jamais ne faire autre chose que d'en abîmer légèrement la surface. En une grosse douzaine d'heures vous bouclez l'aventure en vous demandant si certains niveaux n'ont pas été rabotés à la hache au dernier moment par Bethesda... Blazko, on compte sur toi pour le prochain !

Trois ans après près un New Order nerveux et bienvenu, Machine Games et Bethesda remettent le couvert avec Wolfenstein II : The New Colossus. Comme le bruit sourd du marteau sur le métal chauffé à blanc, Wolfenstein tape fort et nous démontre une nouvelle fois que le FPS n'est pas si stupide. Humour politique, références historiques et dézinguage de nazis s'allient parfaitement dans ce nouvel opus.

L'histoire

À la fin de The New Order, Blazko est laissé pour mort alors qu'il vient de dézinguer le cerveau nazi le plus dangereux sur Terre. C'est là que ses camarades déboulent et le sauvent in extremis pour le mettre en sécurité dans un sous-marin volé à l'ennemi, une forteresse d'acier qui servira de base principale tout au long du jeu. Évidemment, les nazis ne peuvent pas supporter de savoir Blazkovicz encore vivant et c'est en chaise roulante, dans les coursives du sous-marin que vous repousserez l'assaut ennemi, renouant avec vos camarades résistants.

Une fois le point sur la situation fait, vous n'avez d'autre choix que d'aller à la rencontre d'autres cellules resistantes pour coordonner vos attaques vers les hauts dignitaires du régime étranger. Cela vous mènera tout droit dans un New York dévasté par une attaque nucléaire faire un high five aux Black Panthers et en ramener quelques-uns à bord du sous-marin. Le reste du scénario n'a pas grand intérêt, chaque lieu d'action étant une excuse pour aller rechercher un artefact ou planter une bombe en territoire ennemi. Roswell, par exemple, douce petite ville américaine, semble vivre paisiblement l'arrivée des nazis dans ses rues tout en ignorant ce qui se passe sous terre dans une base secrète que vous ferez exploser, non sans un certain plaisir sadique...

Ich bin ein Americain

Le principe

On ne change pas une recette qui fonctionne, surtout quand elle est essentiellement composée de sueur, de flammes et de métal. Fluide, rapide, nerveux, Wolfenstein II : The New Colossus est un concentré de fun. Malgré la linéarité des niveaux, vous jouez à votre manière : bourrin avec une arme dans chaque main, ou discret en éliminant les soldats à la hache, de dos et sans bruit. En général, c'est un mix des deux qui l'emporte, car vous avez tout de même souvent envie de tirer dans le tas, quitte à annoncer votre présence à l'aide quelques grenades. La surenchère technologique des nazis vous permet de bénéficier d'un arsenal d'armes assez varié mais finalement assez basique (pistolet silencieux, shootgun dévastateur, fusil mitrailleur, lance-flamme...), à faire modestement évoluer au cours du jeu. Et plus modestement encore, votre personnage se verra affublé d'une compétence à choisir parmi trois disponibles : défoncer des murs, passer dans des conduits étroits ou sauter très haut. Ces trois aptitudes ne changent rien à votre parcours mais vous donnent une possibilité de combat supplémentaire ; malheureusement, cela arrive quasiment à la fin du jeu et n'est pas cumulable ni évolutif.

C'est globalement le sentiment que vous tirez de Wolfenstein II : les idées sont là, le potentiel est là, mais tout semble abordé en surface. Les niveaux donnent une impression de grandeur mais vous ne les apercevez que par le petit bout de la lorgnette. Pire encore, alors que voyager sur la lune dans le premier était jouissif mais trop court, la mission sur Vénus dans ce deuxième opus est plus frustrante que jamais : la base nazie aurait pu se situer dans le désert du Nevada que ça n'aurait rien changé. Bin alors Blazkovicz, on se la joue petit bras ?

GRÖßE KÄRNÄGE !

Pour qui ?

Wolfenstein II : The New Colossus n'a rien de compliqué : jouez d'emblée en mode plus difficile sinon vous parcourez les niveaux comme un couteau à beurre glisse sur une motte de margarine. Parfois, vous mourrez, mais ça n'est jamais très grave car à présent vous connaissez les rondes des soldats. Cependant, le fun réside pour beaucoup dans l'environnement du jeu. Les nazis discutent entre eux, se plaignent des "terroristes violents qui n'ont pas de morale" (meilleur passage), et dans la ville de Roswell on peut en voir un qui déclare sa flamme à sa petite amie. Tout au long du jeu, vous ramassez de nombreux extraits de journaux qui font clairement écho à la situation politique contemporaine : "Un fou aux commandes de la Maison Blanche", "Le Mur de la Nouvelle-Orléans est terminé"... Non, vraiment, ça ne vous rappelle rien ?

Il y en a un qui n'a pas digéré son petit dej

L'anecdote

Autrement, vous pouvez jouer à Wolfenstein II : The New Colossus uniquement pour mettre une violente baffe à Adolf. Le vieux dictateur, reclus sur Vénus, déboule dans son bureau en peignoir et pantoufles alors que vous auditionnez incognito pour le rôle de Blazko dans un film de propagande. Crachant, bavant, pissant sur son tapis, Hitler est plus minable que jamais. L'opportunité est trop belle : vous vous levez de votre siège d'acteur, vous dirigez vers lui et lui assénez une mandale digne de ce nom.
Les Plus
  • Ca défonce quand même pas mal !
  • L'humour omniprésent, bien dosé, sans mauvais goût
  • Les super engins nazis : du bons gros métal
  • Le doublage français, avec de doubleur de Bruce Willis en prime !
Les Moins
  • Trop court, on dirait qu'il manque des bouts
  • Vénus, complètement sous-exploitée
  • Globalement petit bras, quand même