Wolfenstein : The New Order

13 juin 2014
Testé par sur
Disponible sur
4

Son combat

Vous l'aurez compris, Wolfenstein : The New Order est un coup de cœur à plusieurs niveaux. Un gameplay simple mais qui ne s'aventure pas vers des excentricités ; une ambiance militaire terrible mêlant technologie et totalitarisme ; et une richesse d'événements, décors et situations. Si cependant nous devons pointer quelques faiblesses, au-delà de l'effet "wahou" des ennemis, ces derniers sont relativement récurrents. Chaque ennemi ayant son talon d'Achille, vous prenez vite le réflexe de les esquiver avec les bonnes armes en évitant d'être submergé. Les quelques boss de niveaux relèvent quant à eux d'avantage le challenge. Autre point noir, et pas des moindres : l'excitation de visiter la base lunaire nazie retombe très vite. Le potentiel de ce niveau était énorme, laissant présager des combats à faible gravité : mais il n'en n'est rien, seule l'esthétique de l'endroit est séduisante, pour le reste c'est vite plié. Dommage, on aimerait presque voir un DLC dédié à cet environnement arriver prochainement...

Des nazis qui contrôlent le monde en 1960 et qui en plus d'envoyer un homme sur la Lune, y ont construit une base ? Bienvenue dans Wolfenstein : The New Order, qui réécrit l'Histoire à coups de Panzers robotiques et d'une Wehrmacht bourrée aux hormones. Une uchronie bien nerveuse qui vous propulse en territoire ennemi, une arme dans chaque main, sans jamais souffler deux secondes pour recharger.

L'histoire

Alors que nous fêtons cette année le 70e anniversaire du débarquement en Normandie, marquant un tournant décisif dans l'issue de la Seconde Guerre mondiale, imaginez le monde aujourd'hui si cette formidable opération n'avait pas eu lieu. Et si, à la place, le IIIe Reich avait écrasé d'une main de fer ses ennemis. En 1946, alors que les forces alliées sont en net déclin sur tous les fronts, un groupe d'assaut se lance dans une mission de la dernière chance : tuer le Boucher, un savant fou haut gradé Nazi coupable d'expériences terrifiantes comme les super soldats : imaginez Bane surarmé qui aurait quitté Gotham pour le Reich. Vous incarnez B.J. Blazkowicz, soldat de ce commando, dont la mission tourne à l'échec. Vous vous en sortez de justesse, mais seulement pour plonger dans un coma de 14 ans. Pendant ce temps, la guerre a cessé, le régime Nazi domine le monde et la Lune, la résistance est annihilée, et vous végétez dans un asile. C'est là, en 1960, que vous reprenez vos esprits, plus déterminé que jamais à tuer tout ce qui porte un uniforme de cuir et de fer à croix gammée. De Berlin à Londres, en passant par un sous marin nazi ou une base lunaire, votre parcours unidirectionnel sera semé d'ennemis enragés. À vous de l'être davantage qu'eux.

Chaude ambiance dans les vestiaires

Le principe

Soyons francs : ce FPS a tous les clichés du jeu bourrin et pourtant il est nerveux, rythmé comme il faut et diablement entraînant. Wolfenstein : The New Order a délibérément choisi de tout miser sur le fun et l'ambiance, quitte à laisser de côté un peu de finesse. Mais vous ne lui en tiendrez pas rigueur, bien au contraire : le titre correspond tout à fait à la digne lignée des Wolfenstein dont il fait partie. Pour ceux qui n'ont jamais joué à ce monument historique du jeu vidéo, sachez qu'en 1992 le titre était admiré pour sa vitesse et sa violence. Dans un Wolfenstein, vous explorez donc des châteaux remplis de nazis, en trouvant toujours des armes qui seront plus meurtrières les unes que les autres. Si dans The New Order vous pouvez reprocher une légère simplicité d'esprit à vos ennemis, il suffit de monter d'un cran le niveau de difficulté pour qu'ils apprennent à se couvrir et lancer des grenades au pire moment. Parmi les classiques soldats d'infanterie, vous aurez également affaire à toute la splendeur de l'artillerie technologique nazie : bergers Allemands cyborgs, drones, robots soldats, etc. Les nazis ont en effet découvert, à force de fouilles archéologiques, des secrets ancestraux leur permettant d'accéder à un savoir et des techniques en total contraste avec l'époque. Cela crée un décalage explosif, à mi-chemin entre l'esthétique des années 60 et une technologie presque actuelle très orientée métal. Un jeu qui sent bon le style rétro-futuriste que vous pouvez retrouver dans des titres comme les récents Bioshock. Côté armes, même principe : aux classiques vous ajoutez une ou deux inventions pour en faire de véritables machines de guerre, à utiliser seule ou une dans chaque main. Conseil pour faire un bon steak haché : le double fusil à pompes avec balles rebondissantes permettant de tirer depuis un coin de couloir est des plus meurtriers. Mais l'approche de chaque niveau n'est pas nécessairement frontale. Il est systématiquement possible de privilégier une approche en douceur, par une porte dérobée ou une conduite d'égouts pour éliminer un à un les gardes du coin. Ce qui n'empêche pas de déclencher, parfois volontairement, quelques batailles épiques dans lesquelles la moitié du régime nazi semble engagée. En réalisant quelques exploits (par exemple tuer cinq ennemis au silencieux sans être repéré) vous débloquez des aptitudes, comme porter davantage de grenades ou améliorer le chargeur d'une arme. Plus orienté défi qu'arbre de compétences, vous vous surprenez à tenter des approches improbables qui ne font que pimenter le jeu. À noter que dès la première mission, un choix vous sera imposé : selon votre décision, vous pourrez au fil du jeu améliorer votre santé ou votre bouclier. Un choix finalement assez anecdotique, à l'impact plus que léger sur le scénario.

Le shootgun : idéal pour une amputation d'urgence

Pour qui ?

Digne successeur de la lignée, Wolfenstein : The New Order risque cependant de dérouter les joueurs totalement étrangers à la licence. Certes l'univers apporte une ambiance unique et rafraîchissante dans le panorama des FPS de guerre actuels. Mais avec une trame extrêmement scriptée, des niveaux à sens unique et une approche frontale comme solution de facilité (alors que c'est un piège !), le titre peut sembler de prime abord très brut. Mais c'est pourtant dans ce domaine qu'il tire son épingle du jeu : les armes destructrices semblent en rajouter des caisses mais sont en fait très spécialisées. Il vous faudra jongler avec habilité dans la (pas très évidente au pad) roue des armes, chaque ennemi ayant sa faiblesse qui le fera chuter. Derrière son allure de colosse de muscles, B.J. Blazkowicz est en réalité un soldat malin et habile, qui doit prendre les bonnes décisions rapidement sous peine de se faire descendre. En résumé, est-ce qu'une grenade lancée maintenant vous permettra de dégainer assez vite le lance roquettes ou vaut-il mieux utiliser le LaserKraftWerk, cet énorme découpeur laser capable d'exploser un humain si on le laisse charger quelques secondes ? Timing et ambiance explosive se mélangent avec douceur pour un résultat unique. Vous pourrez également profiter ça et là des détails placés dans les décors : même s'il ne sont pas les beaux des jeux actuels, ils sont toutefois truffés de références qui forcent le respect dans le développement de cet univers particulier.

Propagande et jeux vidéo

L'anecdote

C'est en Suède, chez MachineGame que Wolfenstein : The New Order a vu le jour. Quelle pression ! Wolfenstein, premier du nom, a innové dans bien des domaines : premier FPS de l'histoire du PC avec ses labyrinthes et passages secrets, premier jeu assumant la violence dans un univers de guerre rempli de nazis, et surtout absolument irréaliste. Souvenez vous : le boss de fin du chapitre 3 n'était autre qu'Hitler dans un costume mecha, deux machine guns en mains. Cet esprit est extrêmement bien retranscrit dans The New Order. Qu'importe si les niveaux sont un peu trop rectilignes, il est toujours possible de trouver quelques passages secrets et salles cachées avec un bonus qui vous fera augmenter votre santé pour atteindre 200 %. Et même si l'approche directe est le plus souvent de mise, au fil de l'histoire vous apprendrez à appréhender vos ennemis autrement : à couvert, en les contournant, et en prenant soin de commencer par réduire au silence le Kommandant, seul habilité à appeler des renforts. Au fil du jeu, vous remarquerez les nombreuses références du titre à son grand-père de 1992 : ennemis et héros communs, une histoire à la fois reboot et suite, une ambiance de châteaux et bases secrètes à chaque niveau, des trésors à collecter, un système de santé et armure identiques permettant de largement dépasser les 100 %... Sans compter un niveau historique de Wolfenstein 3D jouable dans la planque du héros.
Les Plus
  • L'ambiance
  • Le système de santé / armure d'origine
  • Beaucoup d'humour et de références
  • Nerveux, rapide, facilement pris en mains
  • La bande son est exceptionnelle
Les Moins
  • Des niveaux assez inégaux
  • La Lune totalement sous-exploitée
  • Un peu court, on en redemande
  • Récurrence et monotonie de certains ennemis