The Outfit, bête et méchant

07 avr. 2006
Testé par sur
Disponible sur
2

Les combats s’éternisent donc, même contre les fantassins. A moins de les exploser à bout portant, il faut deux salves de canon pour les tuer ! Du coup, il devient plus rentable de multiplier les nids de mitrailleuses et les canons fixes pour grignoter du terrain petit à petit, au lieu de se la jouer gros bras en écrasant tout avec son char. Si vous taillez dans le lard, vous allez ramasser vos dents une par une. C’est pourtant lors de ces assauts sauvages que The Outfit donne toute sa pleine mesure. Quand les obus pètent de partout, que les tanks décollent sur les nids de poule, que les avions larguent des renforts à tout bout de champ, que les grenades éparpillent les nazis façon puzzle et que votre lance-flammes les transforme en merguez, vous ressentez une excitation et un plaisir qui affolent littéralement votre palpitant. Dans ces rares moments, et lorsque le foutoir ambiant tourne progressivement à votre avantage, The Outfit procure des sensations extraordinaires. La plupart du temps, malheureusement, ses lacunes techniques et ses nombreux déséquilibres le rendent plutôt frustrant.

Vous avez toujours rêvé d’incarner un éléphant lâché dans un magasin de porcelaine ? Ca tombe bien, c’est précisément ce que vous propose The Outfit, un jeu d’action bien brutal dans lequel vous rasez des villages entiers avec un arsenal digne d’un porte-avions. C’est bête, c’est répétitif, c’est sauvage, mais ça défoule méchamment les trois neurones requis pour assimiler les rares tactiques de ce titre bien bourrin.

Placez-vous à l'abri avant de donner des ordres !

Affreux, sale, bête et méchant

Ce n’est pas parce que The Outfit est un jeu next gen qu’il met à genoux la Xbox 360. En fait, il ressemble presque à un jeu Xbox avec ses gros pâtés de textures baveuses. Les reflets sur le sol, les véhicules et les persos relève heureusement le niveau, comme les expressions faciales bien réussies. La palme revient quand même aux éléments destructibles hyper nombreux, depuis les tentes à écrabouiller en char jusqu’aux maisons à défoncer à coups d’obus. Le jeu n’en met toutefois pas plein la vue, ça surprend pour un titre Xbox 360, du moins jusqu’à ce que les premières missions démarrent vraiment.

Attention à ne pas vous faire écraser par les renforts parachutés.

Un côté Battlefield

Première surprise : vous êtes immortel. Chaque décès vous renvoie en arrière, au dernier poste de contrôle repris à l’ennemi, avec pour seule pénalité l’argent perdu sur le champ de bataille. C’est que la campagne solo de The Outfit se joue comme une session multijoueur. Chaque camp dispose de postes à défendre ou à conquérir jusqu’à l’annihilation totale des forces ennemies. Certains camps permettent de construire des véhicules, depuis la jeep rapide mais fragile jusqu’au tank lourd mais puissant, voire de déclencher des raids aériens sur une position ennemie. Pour les capturer, il faut demander des renforts et placer intelligemment des mitrailleuses fixes et des canons. Le tout se fait facilement, à tout moment, mais avec une réserve de taille : pendant que vous faites vos courses dans l’inventaire et que vous placez vos renforts sur le terrain, votre héros reste immobile et s’en prend plein la poire.

Les véhicules ont une maniabilité catastrophique. Gare aux ravins !

Le nerf de la guerre

Vous allez vite vous rendre compte que les véhicules sont indispensables, vu que votre héros court aussi vite qu’une tortue boiteuse. L’ennui, c’est que la conduite des véhicules s’avère calamiteuse à cause d’une direction beaucoup trop sensible, des nombreux obstacles et des pentes abruptes. Vous allez souvent bloquer contre un rocher ou une dénivellation sans pouvoir vous dégager, pendant que l’ennemi vous pilonne gentiment. Plus irritant encore, les canons mettent beaucoup trop de temps à recharger, qu’il s’agisse de votre commando équipé d’un bazooka, des canons fixes ou des tanks. Il faut cinq secondes entre chaque tir, et jusqu’à cinq impacts pour atomiser une maison ou un char ennemi. C’est très handicapant dans la mesure où les renforts ennemis débarquent à une cadence infernale. Dans les missions avancées, vous avez à peine eu le temps de déchiqueter un régiment ennemi ou de fumer un tank qu’un nouveau bataillon est parachuté sous votre nez. A ce petit jeu là, c’est généralement la console qui gagne cette guerre d’usure, cette tricheuse disposant manifestement de crédits illimités.
Les Plus
  • Bien défoulant
  • Un rythme soutenu
Les Moins
  • Difficulté mal dosée
  • Conduite des véhicules pénibles
  • Des tactiques très limitées