Endless Legend

21 oct. 2014
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4

Un sérieux concurrent à Civilization

Emprunt de classicisme dans ses mécaniques, Endless Legend est pourtant original à bien des points de vues. Il porte haut et fort un background riche, immersif prétexte à une durée de vie énorme. L'interface modernise le genre, à tel point qu'une adaptation sur support mobile serait presque envisageable. Si quelques écueils viennent ternir le tableau, notamment des bugs et une ère de recherche qui a des ratés, le titre est solide. Les différentes civilisations possèdent chacune leur gameplay pour le plus grand bonheur des amateurs du genre. Un must-have.

Endless Legend se pose comme la suite logique de la série Endless Space. Après un 4x spatial, place à un univers Fantasy. Un background enchanteur au service de mécaniques efficaces, les gars d'Amplitude studios poussent leurs pions et ont bien l'intention de s'imposer dans ce milieu monopolisé par un certain Civilization.

L'histoire

L'apocalypse a ravagé Auriga. Deux saisons, l'été et l'hiver, l'obligation de pourvoir au besoin de votre civilisation : les temps sont dures. Votre peuple n'est pas le seul sur ces terres regorgeant de ressources et de ruines des temps passés. Il faudra lutter, assimiler, détruire pour s'en sortir. Chaque civilisation possède sa propre histoire, ses propres objectifs. D'ailleurs, quand vous commencez une partie, une cinématique présente les volontés du dirigeants que vous incarnerez. Nous sommes donc face à un univers Fantasy imprégné de science-fiction très plaisant à découvrir. Même si le scénario dans ce type de jeu n'est pas la chose la plus importante, l'originalité du background est remarquable.

Le tout est soutenu par une direction artistique de haute volée, et accompagné d'une bande originale somptueuse. Les différents artworks plantent le décors avec un style mature des plus appréciables. La musique ponctue les saisons en se montrant légère l'été, plus angoissante l'hiver. Un univers original et immersif  : voilà qui change des habituelles considérations historiques du genre.

Les villes des indomptés rappellent l'architecture elfique.

Le principe

Dans Endless Legend, vous retrouverez tous les éléments d'un bon 4X. Vous débutez une partie en choisissant une des huit factions à mener à la victoire. Pour cela, les mécanismes couvrent l'ensemble des besoins de votre empire : gérer vos villes, vos armées, vos technologies et avancées sociales, votre diplomatie, et enfin l'extension de votre empire. Sans révolutionner le genre de ce côté là, Endless Legend propose des options qui vous permettent des choix multiples de trois types principalement : la victoire militaire, diplomatique ou par corruption. Eh oui, même des peuples étranges aux pouvoirs infinis aiment recevoir des cadeaux luxueux.

Les héros ont une grande importance : ils sont généraux ou gouverneurs. De part leurs capacités extraordinaires, ils octroient de sérieux bonus à vos armées et vos villes : une production de nourriture accrue, un plus grand nombre de cases parcourues par vos soldats par exemple. Ces qualités sont améliorables grâce à un arbre de compétences.

Les fonctions de votre empire sont déterminées par un arbre de recherche répartis en quatre ailes : économie et agriculture, science, politique, et militaire. Cet arbre est répété en six ères pour atteindre des possibilités avancées. Malheureusement, l'interface de la chronologie des avancées est bancale : changer une priorité modifie toutes les autres. Malgré cet écueil, l'interface octroie à ce titre une plus-valus non négligeable. Malgré l'accumulation des fonctions, elle est suffisamment claire et bien agencée pour ne pas s'y perdre. Le placement, la transparence des fenêtres et les sons raccords avec l'ambiance musicale confèrent à cette interface une modernité salutaire. Le jeu pourrait presque être adapté tel quel sur plateforme nomade.

Dans ce genre de jeu, la routine du tour par tour peut amener une certaine lassitude. Seulement, les différents camps jouable disposent de leur propre background et d'un gameplay spécifique. Et c'est là que Endless Legend impose son règne. Les indomptés, peuple d'humains, sont belliqueux et très dépendant de la nourriture et de la brume, un autre ne peuvent pas déclarer la guerre, ou encore une peuplade dépend exclusivement de la ressource sonnante et trébuchante. Autant d'éléments qui vous entraînent à recommencer une partie, offrant au titre une durée de vie considérable.

L'ère de recherche n'est pas des plus pratique.

Le multi

Le multijoueur se déroule exactement comme en solo, sauf que des joueurs remplacent l'IA. Vous pouvez configurer la vitesse des parties, la taille du terrain et le nombre de joueurs (jusqu’à huit). Malheureusement, le mode n'a pas encore fait beaucoup d'adeptes. Très peu de parties, donc souvent complètes. Néanmoins, aux vues des nombreuses qualité du titre, cela ne promet que du bon.

Pour qui ?

Amateur de 4X et d'Héroic Fantasy original ? Foncez ! Après un tutoriel d'une heure, vous comprendrez vite les spécificités du titre. Avec ses huit factions au gameplay différent, le titre promet des dizaines d'heures de jeu en perspective, voire des centaines pour les accros. C'est vrai, il vous happe dans son univers. Cela devient très difficile de lâcher une partie commencée, et les sessions seront longues mais passionnantes.

Les combats, tactiques, sont bien conçus.

L'anecdote

La création de ma deuxième partie a entraîné un crash : un message d'erreur est apparu. Malheureusement, les bugs sont assez rédhibitoires. Certaines quêtes secondaires ne peuvent être terminées même en ayant validé les conditions de victoires. Cela semble être imputable au système de génération aléatoire. Rassurez-vous, la qualité du titre fait vite oublier ces quelques défauts.

Dans l'extension Shifters, la phase hivernale bénéficie d'une refonte complète.

Shifters : un DLC glacé

Après Guardians et Shadows, Amplitude Studios continue sa politique d'extension pour son 4X, le bien nommé Endless Legend. Cette fois-ci, vous prenez le contrôle de la faction Allayi, des êtres à l'apparence céleste. Les Allayi ne sont pas du genre à vivre en civilisation. Seulement la disparition d'Auriga inquiète ces défenseurs millénaires de la planète. Puissants, ils ont une véritable influence sur le monde qui les entoure et eux même évoluent.

Concrètement, la faction présente quatre unités : les colons, unité de base dans le jeu, les chercheurs, les Skyfin et les moines. N'oublions pas les héros uniques au Allayi. Plus spécifiquement, les chercheurs ont pour particularité de trouver plus facilement leurs adversaires. En été, la charge est plus forte, tandis qu'en hiver elle brise la défense ennemie. Les moines disposent de capacités similaires avec leurs contres l'été, et leurs attaques l'hiver. Les Skyfin font office d'éclaireur : leur capacité de déplacement par tour font d'eux l'unité la plus mobile du jeu.

Les allayi évoluent, changent de couleur entre l'été et l'hiver, mais surtout ils changent le rythme du jeu. Avec leurs atouts, vous aurez plutôt tendance à attaquer lors de la saison froide. Cela en fait des adversaires redoutables. Bien sûr, il y a un revers à la médaille. La faction se reproduit moins vite que les autres et votre population sera mécontente si vous continuez une politique d'extension trop soutenue. De plus, cette nouvelle nation est sensible à aux perles d'Auriga, une denrée qui fait son apparition avec cette nouvelle extension.

En début de partie, vous devrez trouver ces perles au quatre coins du monde, quitte à franchir les frontières de vos voisins, au risque de provoquer une guerre. Il faut dire que les autres factions ont bien compris l'intérêt de ces perles et vous les échangeront contre de forte sommes de brume, la monnaie du jeu. Les perles vous permettent entre autres d'ériger l'autel d'Auriga qui vous confère des pouvoirs très intéressants. Il est notamment possible d'obtenir une quasi abondance des denrées du jeu : argent, nourriture, science, ou industrie. Les perles donnent également accès à des tourelles de défense pour vos villes. Précisons que toutes les races disposent de leur propre autel.

Si les merveilles sont apparues avec l'extension Guardians, et l'espionnage avec Shadows, le véritable atout de Shifters réside dans la refonte de la phase hivernale. Concrètement, les lacs peuvent être traversés par les unités amis, alliés ou ennemies quand ils sont gelés. Cet ajout participe au renversement du rythme du jeu et est plutôt bienvenue même s'il ne modifie pas significativement les mécanismes.

Les fans du titre s'y retrouveront dans cette extension à la durée de vie fortement dépendante de votre engagement. Pour 12,99 euros, les autres y réfléchiront à deux fois en se demandant si de tels ajouts, malgré tout limités, valent le coût. En revanche, les esthètes craqueront pour le character design des allayi, une véritable réussite.
Les Plus
  • Une esthétique rafraichissante et enchanteresse
  • Une bande originale véritablement enivrante
  • Des factions nombreuses et bien différenciées
  • Une durée de vie démentielle
Les Moins
  • De gros bugs ternissent l'expérience de jeu : quêtes bloquées, sauvegardes plantées
  • L'interface de l'arbre de compétence pas des plus pratiques
  • Quelques textes non traduits de l'anglais