Dirt Rally

29 janv. 2016
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Le roi est mort, vive le roi du rallye !

Clairement Dirt Rally s'impose comme le meilleur jeu de sa catégorie depuis bien longtemps. Arrivé sans crier gare en early access, le titre de Codemasters répond aux objectifs de ses développeurs : réaliser une suite spirituelle à Colin McRae Rally. En seulement quelques semaines, ce titre prend la tête du classement, écrase la concurrence et ne laisse pas indifférent, que vous soyez amateurs de ce sport ou simple curieux. Il renverse sans prétention les cônes qui servaient au gymkhana dans les épisodes précédents. Retour à la terre, la vraie, celle qui éclabousse le pare-brise !

Pendant près de dix ans, les amateurs de rallye ont rongé des os au goût amer. Ils ont subi de mauvais ersatz de Colin Mcrae, à la physique douteuse et une simplification du gameplay à outrance sous fond de dubstep. Bref, un long calvaire auquel a participé Codemasters et bien d'autres. Mais la sortie sans prévenir de Dirt Rally en early access a provoqué un élan d'espoir. Serait-ce la simulation attendue depuis plus d'une décennie ?

Le principe

La licence Dirt adopte un genre bien particulier, le simcade. Dans la droite lignée de Colin McRae Rally, la conduite s'avère à la fois accessible et réaliste, notamment en terme de physique. Mais, avec le temps, l'éditeur avait choisi de miser sur le tout spectacle. Enfin Dirt Rally lorgne beaucoup plus du côté de la simulation que de l'arcade. La rupture est nette avec les derniers épisodes de la série. Certains parlent même de spin off.

Oubliez le gymkhana, le pilotage à la Ken Block, le destruction Derby. Pensez plutôt au sérieux de Sébastien Loeb ou son homonyme Ogier. Les tracés des spéciales sont retors, ils demandent quatre à cinq minutes de concentration. Manette en main, mine de rien, c'est long. Et encore, vous ne finirez pas premier. Ce n'est pas grave, en étant régulier vous gravirez les échelons du classement général. Il faut tout de même prendre le coup. D'autant plus que vous commencez avec les véhicules les moins faciles à piloter : la Mini Cooper S et une Lancia datant toutes deux des années 1960. L'angle de braquage, la vitesse, la longueur des rapports, le freinage : les complications sont nombreuses au début.

Heureusement, les courses s’enchaînant, vous gagnerez des améliorations vous facilitant la chose. Puis, petit à petit vous pourrez vous acheter des voitures bien mieux dotées dans de nombreuses catégories : années 70,80, moteur à propulsion, 4x4, année 2000, etc. Ces classes correspondent chacune à un championnat sur six étapes composées de quatre épreuves, quatre courses. Vous voyagerez en Grèce, en Suède, en Norvège, en Écosse, à Monaco, en Finlande et en Allemagne. Ajoutez à cela le mode Rallycross, où vous affrontez directement vos concurrents et le mode Hillclimb (Pikespeak pour les fans de Gran Turismo qui comme son nom l'indique, consiste à gravir des collines au volant de bolides spécialement préparés pour l'occasion.

Depuis l'early access, la maniabilité a été revue, corrigeant parfois des errances dans la conduite des voitures les plus anciennes. Les vieilles tires "chassent moins du cul", en somme, elles sont plus faciles à contrôler. Attention, le pilotage ne sera pas pour autant aisé. Les tracés jonchés d’embûches, de bosses, de virages en épingle, demandent une attention de tous les instants. La moindre sortie de route peut vous être fatale. Entre les crevaisons, régulières, les freins usés, la chauffe moteur, vous devez accepter de réduire la cadence sur une épreuve pour mieux dominer le classement général. La punition la plus récurrente prend la forme de la pénalité. Une sortie de route ajoute entre 12 et 15 secondes à votre temps de course. Autant vous dire que vous allez recommencer régulièrement les parcours.

Le verglas est sûrement votre pire ennemi.

Heureusement, votre staff mécanique est là pour vous aider dans votre tâche. À vous de choisir qui sera à la tête de votre équipe technique. Vous choisissez jusqu'à cinq mécanos, chacun disposant de leur spécialité. Plus la note de votre staff est élevée, moins de temps il mettra à réparer votre voiture avant et pendant les étapes. De nombreuses catégories sont prises en compte. Chaque zone d'un bolide est réparable. Chaque spéciale vous donne le droit à 30 minutes de temps de réparation. Soit vous sélectionnez vous même les pièces à retaper ou vous laissez votre équipe faire. Il suffit pour cela appuyer sur la touche de "recommandations de l'équipe".

Pour les spécialistes, les réglages sont nombreux. Ils peuvent ajuster la vitesse des rapports, le freinage, l'accélération, choisir les pneus, etc. Autant d'éléments pour parfaire vos performances sur l'asphalte, le gravier, la terre, le verglas et la neige. En ce sens, le Worshop de Steam permet à tous de proposer ses réglages adaptés aux spéciales pour chacun des 39 véhicules présents dans le jeu.

Ainsi, les courses par temps pluvieux ou enneigé sont facilitées. Quant aux étapes de nuit, il faudra écouter attentivement les consignes de votre copilote. Les aides au pilotage vous octroient des avantages sur ces terrains. Les retirer vous donnera plus d'expérience et de l'argent. Pour ceux qui trouvent les "droites 6 80" et autre "120 sur saut" incompréhensibles, n'hésitez pas à vous rendre sur le forum dédié, la communauté explique en détail ces directives.

Les défis en multi vous demanderont d'acheter les voitures correspondantes.

Le multi

Le multijoueur de Dirt Rally comprend des championnats en ligne, des défis quotidiens, hebdomadaires, mensuels et des Rallycross. Ce dernier mode est le seul où vous jouer directement contre d'autres joueurs. Le reste du temps, il faudra faire face à des noms correspondant à un temps dans un tableau. Si le titre propose de comparer vos performances avec vos amis, cela ne suffit pas à rendre la chose vivante.

Pour ce qui est du Rallycross, la pauvreté du contenu ne le dessert pas. Trois circuits, trois déclinaisons pour un total de six parcours. Un peu léger pour s'amuser. D'autant qu'il n'y a pas d'éditeurs de pistes. Une option qui aurait été salutaire pour le jeu en ligne. Ces problèmes notables ne gêneront pas tous le monde. Les mordus de poussière et de pare-chocs cabossés recouverts de boue prendront leurs pieds à perfectionner leurs trajectoires. La communauté active et fair-play le prouve.

Même en multi, la pluie est au rendez-vous.

Pour qui ?

Pour les plus passionnés les heures vont se suivre sans jamais se ressembler. Pour les autres, il faudra passer par une phase d'apprentissage de quelques heures. Vous retrouverez des sensations perdues depuis des années, depuis 2005 et la sortie de Richard Burns Rally. Ceux d'entre vous qui possèdent un couple volant/pédalier seront aux anges. Si nous n’avons pas pu tester cela nous-mêmes, les commentaires sur Steam font l'éloge d'un pilotage où la moindre bosse se ressent. À la manette, les sensations sont présentes. Les habitués du style arcade reprocheront sûrement un flottement dans les freinages. Après quelques réglages, ils seront plus secs.

Pour le reste, Dirt Rally est un titre addictif où le try hard est un leitmotiv. Les développeurs accouchent clairement du meilleur jeu de rallye depuis plus de 10 ans. Et de loin.

Qui va payer les dégâts à l'arrivée ?

L'anecdote

Les premières heures de conduite au bord de la Mini Cooper S ont été difficiles. J'ai souvent éteint le jeu après trois ou quatre courses où je finissais cinquième ou quatrième, les places "Salty" comme dit Benzaie, le vidéaste. J'avais l'impression d'incarner Mr Bean au volant de sa boite de conserve roulante. Puis, petit à petit, j'ai appris à aimer ce tas de ferraille grinçant (si,si, écoutez bien les freins) pour finalement terminer mes étapes à la première place. De Mr Bean, me voilà devenu Jason Bourne dans La Mémoire dans la Peau. Un vrai pilote... Enfin, j'essaye.
Les Plus
  • Une optimisation impeccable
  • Des tracés retors
  • Une marge de progression énorme
  • La physique mémorable
Les Moins
  • Ça manque un peu de contenu
  • Le multijoueur trop en retrait
  • Le freinage un peu mou