Cibele

12 nov. 2015
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Star Maid Games
  • Développeur Star Maid Games
  • Sortie initiale 2 novembre 2015
  • Genre Inclassable

La difficulté d'aimer chez les geeks

Cibele s'inscrit dans une tendance récente dans le jeu vidéo. Le jeu n'est pas compris comme pur divertissement mais comme un médium, un moyen pour raconter une histoire immersive. La réalisation de Nina Freeman pourrait rentrer dans la catégorie nouvelle vidéoludique. L'essai est appréciable même si quelques défauts subsistent. L'histoire, un peu courte, aurait pu demander plus d'implication de votre part. Vous avez parfois l'impression de cliquer simplement pour faire avancer le fil narratif. Un gameplay plus étoffé aurait pallier ce problème. Néanmoins, La thématique de l'amour, peu abordée dans le jeu vidéo, est explorée avec réalisme, en incluant des problématiques modernes qui touche en grande partie les joueurs en ligne.

Cibele raconte une histoire de joueurs pour les joueurs à travers un jeu, tout en abordant un sujet peu abordé à travers notre médium préféré : l'amour. Pari réussi ?

L'histoire

Nina est une joueuse de 19 ans, une geekette même, avec ses cheveux roses et ses posters de manga. Nina sort de l'adolescence, elle étudie la poésie à New-York et quand elle n'est pas en cours, elle passe son temps sur un MMO inspiré de Final Fantasy Online. En ligne, Nina, se surnomme Cibele. Elle incarne une guerrière au visage rond, à la robe virevoltante armée d'une sorte de naginata.

À travers son personnage virtuel, Nina se rapproche d'un garçon de son âge, Ichi. Les deux protagonistes se ressemblent, partagent la même passion et tous deux souhaitent découvrir les affres de l'amour. Le titre s'intéresse à des sujets sensibles peu abordés par notre médium préféré : les relations à distance, la découverte de son corps et le sexe.

L'histoire que nous raconte Nina Freeman est en partie autobiographique. La jeune femme derrière le jeu incarne le personnage principal qui porte le même prénom qu'elle. Cette nouvelle vidéoludique affiche une construction littéraire assumée divisée en trois actes. Ce projet trans-média rassemble gameplay, photo (en grande partie des selfies), poème, voix hors champ, musique de qualité et vidéo. La force du projet tient en grande partie de sa direction artistique. Le jeu auquel joue la jeune femme arbore des couleurs pastel et un design épuré. Les décors changent suivant les actes, ils semblent refléter l'état d'esprit des personnages.

Le bureau de Nina fourmille de détails sur sa vie intime.

Le principe

Une fois Nina devant son PC, vous prenez le contrôle de la souris. Étrangement, vous n'avez pas de vision périphérique, vous voyez seulement ce qui se passe à l'écran. Le titre débute sur le bureau, vous pouvez interagir avec les dossiers et les raccourcis présents. Cela participe bien sûr à la narration. Sans vous le dire à voix haute, les données intimes contenues sur le bureau de la joueuse vous aident à mieux comprendre sa personnalité. Cette partie ressemble à un simulateur de bureautique, heureusement, vous aurez d'autres activités Pour faire avancer l'histoire, vous jouez à Valtameri, le MMO pratiqué par Nina.

Le gameplay, très simple, se joue uniquement à la souris. Le clic gauche maintenu vous permet de vous déplacer tandis qu'un clic gauche sur un ennemi lui inflige des dégâts. Le but ? Battre le boss qui apparaît au bout de quelques minutes, après avoir battu quelques monstres autour de vous. Il faudra jouer en coopération avec Ichi et ainsi passer les trois niveaux. Cette partie fait également progresser l'histoire de Cibele puisque le changement d'acte se fait à la fin de chaque niveau, par une cinématique.

Pendant les sessions de Valtaméri, Nina reçoit des messages de ses amis et de ses collègues de jeux auxquels vous pouvez répondre. La lecture de ces mails, enclenche généralement les dialogues entre la jeune femme et Ichi, qui communique grâce à un système similaire à skype. Les deux personnages s'envoient des photos, parfois intimes, et discutent de leurs relations pendant la partie en cours. Malheureusement, vous n'avez aucune prise sur le déroulé de l'histoire. A aucun moment, vous influencerez les décisions de Nina envers Ichi. L'immersion en pâtit quelque peu.

Cibele s'adresse à un public mature.

Pour qui ?

La page steam de Cibele vous prévient d'entrée. Ce n'est pas avec ce titre que vous pourrez jouer pendant des centaines d'heures. Il s'agit d'une expérience, d'une nouvelle vidéoludique à la frontière du film interactif et du visual novel japonais. Si vous prenez votre temps, deux heures vous suffiront pour faire le tour du contenu. Pour 8,99 euros, c'est peu. Mais le sujet et son traitement original s'adressent à vous, les joueurs, et il serait dommage de ne pas jeter un coup d’œil à ce titre, ne serait-ce que par curiosité. Au moins vous êtes sûr de ne pas être pris pour des débiles avides de violences.

La direction artistique de Valtameri est superbe.

L'anecdote

Le fait de jouer au MMO pratiqué par Nina m'a parfois fait oublier pourquoi j'étais là. Si le gameplay simpliste n'a rien d'original, la direction artistique et le but, classique, accroche l'attention. Heureusement, les commentaires des deux personnages vous réintroduisent l'histoire de cœur de Nina. La force du propos semble finalement tenir dans cela.
Les Plus
  • La direction artistique surprenante
  • Les discussions des personnages convaincantes et bien jouées
  • La thématique originale
Les Moins
  • Des baisses de framerate
  • Un peu trop court, un peu trop cher
  • Le gameplay trop simpliste