The Talos Principle

25 août 2015
Testé par sur
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4

Portail philosophique

À la fois étrangement reposant et pourvu d'un challenge à la hauteur du genre, The Talos Principle s'impose par ses qualités de gameplay maintenant classiques mais efficaces. Il se démarque également par sa narration atypique entre un The Stanley Parable et un Deus Ex avec ses nombreux textes présents sur des ordinateurs. Le propos du titre nous interroge intelligemment sur la cybernétique et sur le devenir de la mémoire informatique.

Étonnant. C'est le mot que nous pourrions utiliser pour présenter The Talos Principle. Développé par CroTeam, les papas de Serious Sam, ce jeu surprend d'autant plus qu'il se réclame du genre puzzle game, bien différent des FPS bourrins qu'affectionne habituellement cette équipe. Un hommage à Portal sur fond de récit philosophique.

L'histoire

Arrivons-nous au Paradis ? C'est la première remarque que vous pourriez vous faire en démarrant une partie de The Talos Principle. Ce serait alors les rives du paradis grecque, doté d'une architecture antique. Une voix vous parle, celle de votre créateur, Elohim. Étrange car ce Dieu n'est pas grec mais judaïque. Puis vous apercevez vos mains métalliques bardées de câbles. Vous êtes un robot, une machine dotée d'une conscience. Le créateur le dit, vous êtes là pour apprendre. Puis vous découvrez les terminaux disséminés dans cet immense dédale. Ils vous en apprennent un peu plus sur ce lieu, son but, sa création. Mais aussi sur vous même à travers les terminaux, nous vous laissons le loisirs de découvrir une curieuse feature.

Avec cet univers étrange à la croisée d'un Portal, d'un Deus Ex mâtiné de The Stanley Parable, The Talos Principle s'interroge sur l'intelligence informatique. Il questionne également sur nos rapports aux archives informatiques, à leurs durées de vie. Un robot peut-il acquérir une conscience humaine ?

Les terminaux vous disent beaucoup de l'univers du jeu.

Le principe

Votre but : trouver les sigligs, des pièces semblables à celles de Tetris. Vous parcourez des sortes de labyrinthes en évitant des robots sphères qui explosent à votre proximité. Des tourelles vous attendent également, les mêmes que celles de Serious Sam 3. Contrairement à Portal ou d'autres puzzle game du genre, vous pouvez vous déplacez librement dans les niveaux, tous reliés par un Hub. Vous ne possédez pas de portal gun ni autres gadgets sur vous mais des outils bien utiles sont à déverrouiller et à dénicher dans les niveaux. Pour les débloquer, il faut encore assemblez les sigligs. Forcément, au fur et à mesure de votre progression, la difficulté augmente. Mais la défaite, la mort, ne vous fait que recommencer le puzzle en cours. Ajoutez à cela de la musique apaisante, le jeu n'est jamais frustrant.

Un brouilleur et c'est tout, débrouillez-vous.

Pour qui ?

Encore une fois les amateurs de Portal auront un jeu à se mettre sous la dent. La durée de vie tout à fait correcte du titre ne peut que vous satisfaire. Les nombreux puzzles sont bien conçus et vous demanderont de réfléchir un tant soit peu. En revanche, il vous sera facile de décrocher du scénario car beaucoup d'informations sont présentes via les terminaux. Et l'amoureux de puzzle aura dû mal à s'arrêter pour suivre l'histoire. Soyez attentif pour apprécier ce que vous propose CroTeam car l'ensemble est savamment construit. Ceux qui cherchent une expérience scénaristique propre au médium jeu vidéo trouveront dans cette expérience une nouvelle référence.

Vous explorez aussi l'architecture occidentale.

L'anecdote

Ce qui m'a frappé quand j'ai lancé The Talos Principle, c'est la mise en lumière. Avec le moteur vieillissant de Serious Sam 3, les développeurs montrent tous leurs talents pour embellir les textures. Des différents décors émanent une sensation de calme et de profondeur, comme des sortes de lieux sacrés virtuels.

Un long mail en guise d'introduction de cette extension.

Road To Gehenna, il mettra vos méninges à rudes épreuves

The Talos Principle revient dans un DLC avec un supplément d’énigmes et un nouveau scénario, pour la somme de 13 euros. Qu'avons nous pour ce prix ? La réponse tout de suite.

L'histoire de Road To Gehenna reprend là où le titre principal s'était terminé. Vous incarnez Uriel, un robot messager chargé par Elohim de sauver les intelligences artificielles coincées dans une partie inexplorée de l'univers virtuel, une prison à ciel ouvert. Les terminaux connectés entre eux ont créé une communauté, un éco-système avec lequel vous pouvez interagir. Les réponses que vous donnez aux questions existentielles des ordinateurs influencent le monde qui vous entoure.

Cette extension adopte une narration particulière, celle observée dans le titre d'origine. Moins morcelée qu'à l'accoutumée, vous comprenez plus aisément les enjeux de cet univers informatique. Autant vous le dire tout de suite, il faudra avoir terminé l'histoire principale pour se plonger idéalement dans l'aventure.
Une critique cependant, les environnements ne sont pas assez différenciées des niveaux précédemment parcourus. Difficile de ne pas ressentir un petit sentiment de lassitude au bout d'une heure de jeu. Il a heureusement d'autres atouts pour vous tenir en haleine.

Le gameplay ne change pas fondamentalement, vous devez toujours résoudre des puzzles pour obtenir des pièces vous permettant de débloquer un des niveaux disponibles. Car oui vous progressez toujours à votre rythme, en choisissant votre parcours. Des nouveaux mécanismes font tout de même leurs apparitions. Vous pouvez, à l'instar de Braid, enregistrer un mouvement et le faire rejouer par un double fantomatique. Vous enclenchez ainsi un ventilateur, un portail ou tout autres éléments susceptibles de vous aider dans le puzzle que vous êtes en train de résoudre.

Est-ce que cela simplifie la donne ? Non, la difficulté des énigmes se fait sentir dès les premières minutes et il vous faudra un petit temps d'adaptation si vous n'avez pas jouer au jeu depuis un certain temps. À ce propos, Road to Gehenna prend un malin plaisir à mettre en avant une nouvelle mécanique à chaque niveau. Ne vous inquiétez pas, vous prendrez vite le pas. Si bien que cinq heures vous suffiront pour venir à bout de ce contenu additionnel. La durée de vie aurait pu être un peu plus généreuse, mais le développement de cet univers si particulier vaut le détour.

Ce contenu additionnel n'est pas le meilleur dans sa catégorie. Il comblera les fans en manque d'énigmes dans ce monde informatique étrangement contemplatif et philosophique. Est-il nécessaire de lui en demander plus ?
Les Plus
  • Graphiquement et esthétiquement réussi malgré un moteur vieillissant
  • Des puzzles biens conçus et donc stimulants
  • Un scénario convaincant
  • Une durée de vie conséquente
Les Moins
  • Vous pouvez vite perdre vite le fil si vous êtes allergique à la lecture
  • Les puzzles liés aux sigligs ennuyeux à la longue